Lorsqu’une entreprise souscrit un contrat de gaz naturel, elle ne paie pas uniquement le combustible lui-même. Une part significative de sa facture, entre 25% et 30%, est consacrée à l’acheminement du gaz, c’est-à-dire au transport et à la distribution de l’énergie depuis ses lieux de production ou d’importation jusqu’à son compteur.
Tout comme le tarif d’acheminement de l’électricité (TURPE), les coûts d’acheminement gaz sont encadrés par des tarifs fixés par la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE) et s’appliquent de manière identique à tous les fournisseurs du marché. Comprendre leur fonctionnement, leur structure et leurs évolutions récentes est indispensable pour toute entreprise souhaitant piloter sérieusement son budget énergétique.
Cet article vous donne une vision complète et à jour des tarifs d’acheminement du gaz naturel en France : ce qu’ils couvrent, qui les perçoit, comment ils se décomposent et pourquoi ils ont fortement progressé depuis 2024.

Qu'est-ce que l'acheminement du gaz naturel ?
Du puits de production au compteur de votre entreprise
Avant d’arriver dans vos installations, le gaz naturel parcourt un long chemin. Il est d’abord extrait ou importé depuis les pays producteurs (Norvège, Algérie, Russie jusqu’en 2022, États-Unis via les terminaux méthaniers GNL…), puis acheminé en France via plusieurs infrastructures successives.
Ce trajet se déroule en plusieurs étapes distinctes, chacune impliquant des opérateurs différents et des tarifications spécifiques :
- Le réseau de transport (haute pression) achemine le gaz sur de longues distances à travers le territoire national, depuis les points d’entrée jusqu’aux postes de livraison régionaux. Ce réseau est géré par NaTran (anciennement GRTgaz, rebaptisé en janvier 2025) et Teréga pour le Grand Sud-Ouest.
- Le réseau de distribution (basse et moyenne pression) prend ensuite le relais pour acheminer le gaz depuis les postes de livraison jusqu’au compteur de chaque consommateur. Ce « dernier kilomètre » est assuré à 95% par GRDF, le reste relevant des Entreprises Locales de Distribution (ELD).
- Les infrastructures de stockage jouent un rôle crucial dans l’équilibre du système : elles permettent de constituer des réserves de gaz en été pour répondre aux pics de consommation hivernaux. En France, 11 sites de stockage souterrain sont exploités par Storengy, Teréga et Géométhane.
Pourquoi ces coûts sont-ils répercutés sur votre facture ?
L’exploitation, la maintenance et le développement de ces infrastructures génèrent des coûts considérables, plusieurs milliards d’euros par an au niveau national. Ces charges sont couvertes par des tarifs d’accès aux réseaux, collectés auprès des consommateurs via leur facture de gaz, puis reversés par les fournisseurs aux gestionnaires d’infrastructures concernés.
Ces tarifs sont dits « encadrés par la CRE » : la Commission de Régulation de l’Énergie en fixe les montants de manière indépendante, pour des périodes de quatre ans, après consultation des opérateurs. Aucun fournisseur ne peut y déroger ni les négocier : ils s’appliquent à l’identique sur l’ensemble du marché.
Les trois composantes des tarifs d'acheminement du gaz
Les coûts d’acheminement du gaz naturel se décomposent en trois tarifs distincts, correspondant à trois segments d’infrastructure différents.
L'ATRT : le tarif de transport du gaz
L’ATRT (Accès des Tiers aux Réseaux de Transport) finance l’acheminement du gaz sur les réseaux haute pression exploités par NaTran et Teréga. Il couvre les charges d’exploitation, d’investissement, de R&D et de transition énergétique de ces deux opérateurs.
Sa structure tarifaire repose sur des termes de capacité (puissance maximale souscrite) plutôt que sur les volumes consommés. Il est révisé chaque année au 1er avril dans le cadre de la période tarifaire ATRT8 (2024-2027).
L’ATRT représente environ 5% de la facture totale de gaz d’une entreprise professionnelle.
🔎 Pour aller plus loin : Qu’est-ce que l’ATRT gaz ?
L'ATRD : le tarif de distribution du gaz
L’ATRD (Accès des Tiers aux Réseaux de Distribution) finance l’acheminement du gaz sur les réseaux de distribution basse et moyenne pression jusqu’à votre compteur. Principal bénéficiaire : GRDF, qui gère 95% du réseau de distribution français.
Sa structure repose sur une part fixe (abonnement annuel) et une part variable proportionnelle aux volumes consommés. Les montants varient selon le profil de consommation du site (T1, T2, T3, T4). Il est révisé chaque année au 1er juillet dans le cadre de la période tarifaire ATRD7 (2024-2028).
L’ATRD est la composante d’acheminement la plus lourde, représentant 18 à 20% de votre facture totale de gaz.
🔎 Pour aller plus loin : Qu’est-ce que l’ATRD gaz ?
L'ATS : le tarif de stockage du gaz
L’ATS (Accès aux Stockages de gaz naturel) finance les infrastructures de stockage souterrain. Ce mécanisme assure la rémunération des opérateurs de stockage (Storengy, Teréga, Géométhane), qui jouent un rôle essentiel dans la sécurité d’approvisionnement, notamment lors des pics hivernaux.
L’ATS est collecté via les factures de transport (ATRT) et ne constitue pas toujours une ligne distincte sur votre facture.
Son impact direct sur la facture finale reste limité : la CRE elle-même précise que l’évolution du terme tarifaire de stockage n’a pas de répercussion mécanique immédiate sur le consommateur.
🔎 Pour aller plus loin : Qu’est-ce que l’ATS ?
Quelle part représentent les tarifs d'acheminement dans votre facture ?
La décomposition d’une facture de gaz naturel professionnelle se présente schématiquement ainsi :
| Poste | Composante | Part de la facture |
|---|---|---|
| Fourniture | Achat de la molécule de gaz | ~50% |
| Acheminement | ATRD (distribution) | ~18-20% |
| Acheminement | ATRT (transport) | ~5% |
| Acheminement | ATS (stockage) | ~2% |
| Taxes | Accise sur le gaz + CTA | ~20-25% |
Au total, l’acheminement représente 25 à 30% de votre facture de gaz. C’est la deuxième composante en importance après la fourniture, et la première sur laquelle vous n’avez aucune marge de manœuvre directe : ces tarifs étant encadrés par la CRE, tous les fournisseurs les appliquent à l’identique.
Ce constat rend d’autant plus stratégique la négociation du prix de fourniture, seul levier véritablement actionnable pour réduire votre facture globale.

Les hausses tarifaires depuis 2024 : un choc pour les entreprises
Un double choc en 2024 : ATRT et ATRD en forte progression
L’année 2024 a marqué un tournant majeur pour les coûts d’acheminement du gaz des entreprises. Deux révisions tarifaires de grande ampleur sont intervenues successivement :
En avril 2024, l’entrée en vigueur de l’ATRT8 s’est traduite par une hausse moyenne de 19% des tarifs de transport, après quatre années de quasi-stabilité durant l’ATRT7. Cette augmentation reflète principalement la baisse structurelle des volumes de gaz acheminés, les coûts fixes d’infrastructure étant désormais répartis sur des quantités moindres, ainsi que la nécessité de financer les investissements liés à la transition énergétique.
En juillet 2024, c’est l’ATRD7 qui est entré en vigueur avec une hausse encore plus significative de +27,5%, après que la CRE avait artificiellement plafonné les tarifs de distribution pendant la crise énergétique de 2022-2023. Un déficit cumulé de près de 905 millions d’euros a dû être rattrapé en une seule révision.
Les évolutions 2025-2026
Ces hausses initiales ont été suivies d’ajustements annuels :
En juillet 2025, l’ATRD a progressé de +6,1% supplémentaires, sous l’effet combiné de l’inflation, d’un ajustement technique de la CRE et d’un mécanisme de régularisation.
En avril 2026, l’ATRT8 a été relevé de +3,41%, porté par l’indexation sur l’inflation (+0,41%) et le coefficient de régularisation CRCP (+3%).
Au total, les tarifs d’acheminement ont progressé de plus de 35% en deux ans sur la composante distribution, et d’environ 22% sur la composante transport. Ces évolutions impactent toutes les entreprises, y compris celles ayant sécurisé leur prix de fourniture dans un contrat à prix fixe : les tarifs d’acheminement s’imposent à tous, sans exception.
Pourquoi ces hausses sont-elles structurelles ?
Plusieurs dynamiques de fond expliquent la pression continue sur les tarifs d’acheminement, et elles ne sont pas appelées à disparaître à court terme.
La baisse de la consommation de gaz est le facteur le plus structurant. NaTran observe une diminution de 3% des volumes en 2025, après une baisse de 5,2% en 2024. Les politiques de sobriété énergétique, l’interdiction du gaz dans les constructions neuves (RE2020) et les mutations industrielles réduisent année après année les quantités acheminées, tandis que les coûts fixes d’exploitation des réseaux, eux, restent incompressibles.
La transition énergétique génère par ailleurs des besoins d’investissement croissants : adaptation des réseaux pour l’injection de biométhane, réduction des émissions de méthane imposée par la réglementation européenne, développement des interconnexions pour les futurs gaz renouvelables et l’hydrogène.
Enfin, les obligations de modernisation des réseaux (déploiement des compteurs communicants Gazpar, renouvellement des infrastructures vieillissantes) représentent des charges annuelles significatives que les tarifs doivent couvrir.
Ce que les tarifs d'acheminement ne couvrent pas : la fourniture reste négociable
Il est important de distinguer deux réalités bien séparées au sein de votre facture de gaz.
D’un côté, les tarifs d’acheminement (ATRT, ATRD, ATS) : encadrés par la CRE, identiques chez tous les fournisseurs, non négociables. Ils représentent 25 à 30% de votre facture.
De l’autre, le prix de la fourniture (l’achat de la molécule de gaz) : c’est ici que les fournisseurs se différencient, que les offres de marché entrent en jeu, et que la mise en concurrence produit des économies réelles. Cette composante représente environ 50% de votre facture.
C’est précisément sur ce levier que l’expertise d’un courtier en énergie comme ATOO Energie prend tout son sens : comparer les offres des fournisseurs, identifier le contrat le plus adapté à votre profil de consommation, et sécuriser votre prix au bon moment.
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Questions fréquentes sur les tarifs d'acheminement du gaz
Les tarifs d'acheminement sont-ils les mêmes chez tous les fournisseurs ?
Oui. Puisqu’ils sont fixés par la CRE, tous les fournisseurs de gaz naturel (Engie, TotalEnergies, Primeo, Selia, Ekwateur ou tout autre opérateur) appliquent exactement les mêmes montants. L’acheminement n’est donc pas un critère de choix entre fournisseurs.
Peut-on voir les tarifs d'acheminement sur sa facture de gaz ?
L’ATRD apparaît généralement en tant que ligne d’acheminement distincte. L’ATRT, en revanche, est souvent intégré dans une rubrique globale « transport » ou « acheminement » sans être systématiquement isolé. En cas de doute sur la décomposition de votre facture, un audit permet de vérifier la cohérence des montants facturés.
À quelle fréquence les tarifs d'acheminement évoluent-ils ?
L’ATRT est révisé chaque 1er avril. L’ATRD est révisé chaque 1er juillet. Les deux tarifs sont encadrés par des périodes quadriennales (ATRT8 : 2024-2027 / ATRD7 : 2024-2028), avec des ajustements annuels selon l’inflation et des mécanismes de régularisation.
Un contrat à prix fixe me protège-t-il des hausses d'acheminement ?
Non. Un contrat à prix fixe sécurise uniquement la composante fourniture. Les tarifs d’acheminement, fixés par la CRE, s’appliquent quoi qu’il arrive et évoluent indépendamment de votre contrat fournisseur.
ATOO Energie vous accompagne sur votre contrat de gaz
Si les tarifs d’acheminement échappent à toute négociation, le prix de fourniture du gaz, lui, est un levier d’optimisation concret. Depuis 2005, ATOO Energie accompagne les entreprises dans la comparaison des offres de gaz naturel et la mise en concurrence des fournisseurs.
Nos conseillers analysent l’ensemble de votre facture, (fourniture, acheminement, taxes) pour identifier les meilleures conditions disponibles sur le marché, adaptées à votre secteur d’activité et à votre profil de consommation.
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