Le marché de l’énergie en décembre 2025 – Évolution du prix de l’électricité et du gaz

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En décembre 2025, la détente s’est confirmée sur les marchés : le gaz a reculé grâce à un approvisionnement abondant en GNL et à une demande de chauffage très limitée par la douceur des températures. L’électricité a suivi la même tendance, portée par le repli du gaz et une bonne disponibilité nucléaire (avec Flamanville 3 à pleine puissance). En fin de mois, les prix à terme ont toutefois légèrement repris, le marché réintégrant une prime de risque liée aux anticipations de refroidissement en janvier et à une production éolienne potentiellement moins soutenue.

Pour 2026, plusieurs éléments plus structurels pourraient entretenir une volatilité plus marquée : la réorganisation des approvisionnements européens avec la trajectoire de sortie du gaz russe, la concurrence persistante entre l’Europe et l’Asie pour attirer les cargaisons de GNL, des stocks à reconstituer dans un contexte moins confortable, ainsi que des coûts carbone susceptibles de se raffermir avec les réformes Fit-for-55. À cela s’ajoutent un environnement réglementaire en évolution (CEE renforcés, ajustements de taxes et de CTA, mise en place des Certificats de production de biogaz), autant de facteurs susceptibles d’influencer les prix et les stratégies de couverture des entreprises.

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Que s’est-il passé sur le marché de l’énergie en décembre 2025 ?

En décembre 2025, l’actualité énergétique a surtout été marquée par un cadre politique et réglementaire en mouvement, sur fond de prix du gaz jugés faibles et d’un débat toujours très actif autour de la transition énergétique.

D’abord, au niveau européen, un cap clair se dessine : les institutions de l’UE se sont mises d’accord sur un calendrier pour arrêter progressivement les importations de gaz russe, avec une mise en œuvre prévue entre 2026 et 2027. Le planning dépend du type d’achat. Pour le GNL, les contrats de longue durée seraient arrêtés plus tôt (début 2027). Pour le gaz livré par gazoduc, l’échéance irait plutôt vers l’automne 2027, avec une application ajustable selon l’état des stocks européens. Les contrats plus courts seraient, eux, concernés dès 2026. Autre point à retenir pour les entreprises : certaines pourraient s’appuyer sur la force majeure pour résilier des contrats visés par ces nouvelles règles. En toile de fond, l’objectif est de réduire durablement la dépendance au gaz russe, alors même que l’Europe s’est en partie tournée vers le GNL ces dernières années.

En France, le nucléaire a occupé le devant de la scène avec un jalon symbolique : le 14 décembre 2025, l’EPR de Flamanville 3 a atteint, pour la première fois, sa pleine puissance. Au-delà de l’annonce, l’événement rappelle le retour progressif d’un outil central pour sécuriser une électricité peu carbonée, même si la phase d’essais se poursuit et que la puissance peut encore varier au fil des opérations techniques. Dans le même temps, EDF a confirmé ses objectifs de production pour les prochaines années : une trajectoire stable pour 2026 et 2027, et une fourchette plus large pour 2028, car l’évolution de la consommation d’électricité reste difficile à anticiper. Le groupe souligne d’ailleurs un contexte de demande encore modérée, ce qui peut conduire à adapter la production lorsque le réseau est déjà bien alimenté (notamment avec la montée des renouvelables).

Côté politiques publiques, plusieurs signaux ont alimenté les discussions sur la facture et la transition. Les certificats d’économies d’énergie (CEE) ont fait l’objet d’une controverse, après l’annonce d’un renforcement des obligations pour la période 2026-2030. L’exécutif insiste sur le fait qu’il s’agit d’un mécanisme imposant aux énergéticiens de financer des actions d’efficacité énergétique (via primes et aides), mais le débat s’est cristallisé sur la question du report possible dans les prix. Certaines fédérations et acteurs du secteur ont évoqué, par exemple, un impact potentiel sur les carburants à horizon d’un à deux ans, tandis que les autorités mettent en avant le rôle du dispositif pour accélérer la baisse des consommations et soutenir des publics ciblés.

Dans le même esprit de réorientation, le Sénat a, dans le cadre des discussions budgétaires, défendu un rééquilibrage fiscal entre électricité et gaz : l’idée consiste à alléger la charge pour les foyers se chauffant à l’électricité, tout en compensant par une hausse sur le gaz, afin d’envoyer un signal favorable à l’électrification des usages. La proposition a suscité des critiques, notamment sur le risque de pénaliser des ménages chauffés au gaz “par contrainte”, et restait, en décembre, dépendante de la suite de l’examen budgétaire.

Enfin, décembre a rappelé l’importance des décisions budgétaires sur la transition. Faute d’accord sur la loi de finances, le gouvernement a acté la fermeture du guichet MaPrimeRénov’ à partir du 1er janvier, en expliquant qu’une loi transitoire ne permettait pas de relancer ce type de dépenses. Pour les entreprises et les acteurs du bâtiment, c’est un élément à suivre, car il peut freiner certains projets de rénovation et donc la baisse des consommations à moyen terme.

À noter également : en décembre, le gouvernement a commencé à préparer un geste sur la facture d’électricité via la contribution tarifaire d’acheminement (CTA), avec une baisse dès le 1er février. Même si l’effet annoncé reste limité pour la plupart des ménages, le signal s’inscrit dans une séquence plus large : pilotage du coût de l’énergie, ajustements de taxes, et accélération (ou frein) des aides à la transition, autant de paramètres qui continueront d’influencer le marché et les décisions des entreprises en 2026.

Prix du gaz naturel en décembre 2025

En décembre 2025, les prix du gaz naturel ont globalement poursuivi leur baisse, soutenus par un niveau d’approvisionnement confortable. L’augmentation des livraisons de GNL, notamment en provenance des États-Unis, a largement compensé une légère diminution des importations norvégiennes. Malgré des attaques de drones visant des infrastructures ukrainiennes, l’impact sur la prime de risque est resté limité.

Cependant, la baisse a eu tendance à ralentir au fil du mois. Les températures exceptionnellement douces ont fortement réduit les besoins de chauffage, maintenant la demande à un niveau très bas dans la plupart des pays européens. Néanmoins, le recul des prix en Europe a rendu l’Asie plus attractive, ce qui a pu détourner certains cargos de GNL et entraîner un léger repli des importations européennes, limitant la baisse des prix à court terme.

En fin de période, les prix ont même légèrement rebondi. Cette hausse est toutefois restée contenue, la demande demeurant faible et l’approvisionnement suffisant. 

Pour la suite, quelques éléments pourraient néanmoins raviver la volatilité : l’arrêt temporaire d’une unité de liquéfaction sur le site de Freeport, aux États-Unis, a créé une tension ponctuelle sur l’offre mondiale de GNL. Par ailleurs, la baisse des températures attendue en janvier, combiné à une production éolienne moins dynamique, pourrait soutenir la demande en Europe et rendre les prix plus sensibles aux fluctuations, d’autant que les niveaux de stockage de l’UE restent inférieurs à ceux observés l’an dernier.

Graphique de l'évolution du prix du gaz en décembre 2025

Prix de l'électricité en décembre 2025

En décembre 2025, les prix de l’électricité en France ont poursuivi leur baisse, dans le sillage du recul du gaz et grâce à une bonne disponibilité nucléaire. La douceur exceptionnelle observée sur une grande partie du mois a également pesé sur la consommation, ce qui a contribué à maintenir un marché relativement stable.

Côté CO₂, les prix ont légèrement diminué pour évoluer autour de 82 €/t, portés à la baisse par une météo douce et venteuse limitant le recours aux moyens de production fossiles. Ce recul est toutefois resté ponctuel : la tendance de fond demeure haussière à moyen terme, notamment en raison de la pause des enchères intervenue à partir de mi-décembre et des perspectives de réduction des quotas liées aux réformes Fit-for-55 attendues à partir de 2026.

Sur le marché à terme, la combinaison d’un gaz moins cher et d’un CO₂ globalement stable a maintenu le CAL-26 autour de 49 €/MWh. Après la forte volatilité observée précédemment sur le gaz, les prix à terme de l’électricité ont d’ailleurs amorcé une phase de stabilisation.

Enfin, en fin de mois, les prix futurs ont légèrement rebondi, principalement sous l’effet d’un retour d’une prime de risque lié aux anticipations de refroidissement en janvier et à une production éolienne potentiellement moins soutenue, qui rendent le marché plus sensible aux tensions ponctuelles sur l’équilibre offre-demande.

Graphique de l'évolution du prix de l'électricité en décembre 2025

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À propos de l'auteur

Ophélie BERTHOU
Ophélie BERTHOU
Ophélie Berthou est chargée de communication et marketing chez ATOO Energie depuis 2022. Spécialiste éditoriale du marché de l’énergie, elle conçoit des contenus à destination des professionnels pour décrypter l’actualité, les mécanismes de formation des prix et les points de vigilance liés aux contrats d’électricité et de gaz.