Les Certificats d’Économie d’Énergie (CEE) recouvrent un dispositif mis en place lors de la loi POPE du 13 juillet 2005. Il a pour objectif la réalisation d’économie d’énergie dans différents secteurs comme le bâtiment, la petite et moyenne industrie, l’agriculture ou les transports.
Comment fonctionne le dispositif des CEE ?
Dans le principe, le dispositif CEE est une obligation faite aux fournisseurs d’énergie ou à leurs délégataires (les “obligés“) les poussant à réduire leur propre consommation énergétique et à inciter leurs clients à faire de même en engageant des travaux d’efficacité énergétique. En contrepartie de la réalisation de ces travaux, les entreprises bénéficient d’avantages financiers, calculés en fonction du volume d’énergie économisé sur une période donnée.
Mis en place au 1er janvier 2006, le dispositif CEE est entré dans sa 5ème période au 1er janvier 2022. La 6ème période débutera en janvier 2026.
Le dispositif CEE s’applique potentiellement à toutes les entreprises, quelle que soit leur taille, en mesure de respecter les conditions renseignées au sein des fiches d’opérations standardisées, classées par secteur d’activité. Les collectivités, les copropriétés, les bailleurs sociaux, l’ANAH sont également au nombre des concernés par le dispositif.
En tant qu’éligibles aux travaux d’économie d’énergie, les entités citées et les entreprises revendent leurs CEE aux obligés qui disposent de preuves tangibles des économies d’énergies réalisées, évitant ainsi les pénalités infligées par le gouvernement en cas de non-respect des objectifs à atteindre. De cette manière, l’offre et la demande de certificats se rejoignent au sein du marché des CEE.
Les périodes du dispositif CEE
| Période | Début | Fin | Statut |
|---|---|---|---|
| 1ère période | 1er juillet 2006 | 30 juin 2009 | Terminée |
| 2ème période | 1er janvier 2011 | 31 décembre 2013 | Terminée |
| 3ème période | 1er janvier 2015 | 31 décembre 2017 | Terminée |
| 4ème période | 1er janvier 2018 | 31 décembre 2021 | Terminée |
| 5ème période | 1er janvier 2022 | 31 décembre 2025 | Terminée |
| 6ème période | 1er janvier 2026 | 31 décembre 2030 | En cours |
Comment est calculé le prix des CEE ?
Les économies d’énergie réalisées sont quantifiées à l’aide d’une unité de mesure créée pour l’occasion : le kWh cumac, pour kWh cumulés et actualisés. Il s’agit du volume cumulé d’énergie non utilisée (ou économisée), actualisé chaque année selon différents paramètres dont la perte de performance énergétique due à l’usure au fil du temps. Pour obtenir la valeur d’un kWh cumac, on déroule la formule mathématique suivante :
1 kWh cumac = gain d’énergie annuel (en kWh) x durée de vie de l’installation (en années) x coefficient d’actualisation.
Cette précision a son importance car elle permet de comprendre le modèle de valorisation des CEE qui peuvent être vendus sur un marché d’échange, en fonction de l’offre (les certificats obtenus par les éligibles) et de la demande (les certificats dont ont besoin les obligés pour atteindre les objectifs fixés par le gouvernement).
Le prix d’un CEE est exprimé en centimes d’euros par kiloWattheure cumac (c€/kWh cumac) ou en euro par MégaWattheure cumac (€/MWh cumac) et évolue selon les lois du marché. Toutes les transactions effectuées sont archivées au sein du registre EMMY. Registre qui permet par ailleurs d’en contrôler la validité et de collecter les statistiques mensuelles relatives au dispositif CEE.
Comment obtenir des CEE via les opérations standardisées ?
Les opérations standardisées sont compilées au sein d’un catalogue d’actions d’environ 200 fiches et comprenant les opérations d’économie d’énergie. Ces fiches sont classées selon les différents secteurs d’activités concernés par le dispositif et en fonction des types de travaux à réaliser.
On y distingue, par exemple :
- les opérations “enveloppes“ (isolation de combles, toitures, fenêtres, planc hers…),
- les opérations “équipement/service“ (luminaire LED, système de condensation…),
- les opérations “thermiques“ (chaudière collective, pompe à chaleur, ventilation…).
Les principales opérations standardisées par secteur
| Secteur | Type de travaux | Exemples d’opérations | Nb de fiches |
|---|---|---|---|
| Industrie | Enveloppe | Isolation de toitures, parois, planchers et fenêtres industriels | 2 |
| Thermique | Chauffage, ventilation et éclairage des bâtiments industriels | 6 | |
| Utilités | Optimisation des process industriels (compresseurs, pompes, moteurs…) | 26 | |
| Tertiaire | Enveloppe | Isolation de combles, toitures et planchers bas | ~10 |
| Équipement | Luminaires LED, installations frigorifiques CO2, systèmes de condensation | ~20 | |
| Thermique | Chaudière collective, pompe à chaleur, ventilation double flux | ~22 | |
| Résidentiel / Copropriété | Enveloppe | Isolation de combles, murs, planchers, fenêtres double vitrage | ~15 |
| Thermique | Chaudière collective haute performance, régulation, VMC | ~20 | |
| Agriculture | Équipement | Éclairage LED en serres, optimisation séchage, isolation bâtiments agricoles | 26 |
| Transport | Autre | Conduite économique, pneumatiques basse résistance, éco-conduite | ~10 |
| Réseaux | Équipement | Efficacité des réseaux de chaleur, distribution d’eau chaude sanitaire | ~10 |
* Les fiches d’opérations standardisées évoluent régulièrement. Se référer au registre EMMY pour les données à jour.
Quels secteurs sont éligibles aux CEE ?
Tous les secteurs sont concernés. On dénombre par exemple 26 fiches intégralement dédiées aux économies d’énergie réalisables dans l’agriculture. De la même façon, l’industrie, les commerces, le transport, les réseaux et même les entreprises individuelles sont concernées par le dispositif CEE.
Le secteur industriel
On dénombre à l’heure actuelle 34 fiches relatives aux opérations standardisées réalisables dans le secteur industriel. 6 d’entre elles concernent le bâti (chauffage, ventilation, éclairage), 2 sont allouées à l’isolation dans le cadre des opérations « enveloppes » et 26 sont adaptées aux différents process industriels. Elles concernent les opérations standardisées « utilités ».
Le secteur tertiaire
Le secteur tertiaire quant à lui cumule 52 fiches d’opérations standardisées, couvrant aussi bien des travaux d’isolation que des travaux liés aux équipements ou à la performance thermique des bâtiments. Parmi les opérations plébiscitées, on compte l’installation d’une chaudière collective, les installations frigorifiques à utilisation de CO2 transcritique ou subcritique ou l’isolation de combles ou de toiture.
La copropriété
Autre secteur éligible aux opérations standardisées, les copropriétés. Là encore, de nombreuses fiches CEE permettent les travaux de rénovation énergétique. Les travaux sur le système de chauffage collectif, sur l’isolation, sur l’éclairage et sur la ventilation sont logiquement parmi ceux les plus réalisés.
Zones climatiques et calcul de la prime CEE
Le calcul de la prime CEE destinée aux entreprises intègre différents critères, dont les conditions climatiques du site où sont réalisées les opérations. En somme, plus il fait froid et plus la prime CEE est élevée. Afin de déterminer la répartition des départements métropolitains selon les trois zones climatiques définies, l’annexe 1 de la RT 2012 s’appuie sur les températures hivernales relevées au sein de ces départements.
- Zone H1 – Prime la plus élevée
Nord et Est de la France : ex-Haute-Normandie, Hauts-de-France, Grand-Est, Île-de-France, Bourgogne-Franche-Comté, Auvergne-Rhône-Alpes, nord de la région Centre et est de la Nouvelle-Aquitaine.
- Zone H2 – Prime intermédiaire
Tous les autres départements français, hormis les départements du littoral méditerranéen classés en zone H3.
- Zone H3 – Prime la moins élevée
Départements du littoral méditerranéen et la Corse, bénéficiant des hivers les plus doux de la métropole.
| Zone climatique | Niveau de prime CEE | Principales régions concernées |
|---|---|---|
| H1 — Zone froide | Prime élevée | Grand-Est, Île-de-France, Hauts-de-France, Auvergne-Rhône-Alpes… |
| H2 — Zone tempérée | Prime intermédiaire | Bretagne, Pays de la Loire, Occitanie (hors littoral méditerranéen)… |
| H3 — Zone douce | Prime réduite | PACA (littoral), Hérault, Gard, Pyrénées-Orientales, Corse |
FAQ - Vos questions sur les Certificats d'Économies d'Énergie
Pourquoi les CEE ont-il été mis en place ?
L’objectif des CEE est clair : accélérer la transition énergétique en incitant l’ensemble des acteurs économiques à réduire leur consommation.
Contrairement à d’autres aides publiques, le financement des primes CEE ne repose pas sur les contribuables : ce sont les fournisseurs d’énergie qui en assument le coût, selon le principe pollueur-payeur.
Quels travaux sont éligibles à la prime CEE ?
Les travaux éligibles sont encadrés par des fiches d’opérations standardisées, publiées par le Ministère de la Transition écologique. Ces fiches définissent précisément les conditions de réalisation des travaux, les normes techniques à respecter et le volume de CEE attribués en contrepartie. Elles sont classées par secteur d’activité et par type de travaux.
On distingue principalement quatre grandes catégories :
Isolation thermique : réduction des déperditions de chaleur via l’isolation des murs, toitures, planchers et combles.
Chauffage et climatisation : remplacement d’équipements obsolètes par des systèmes performants (chaudière à condensation, pompe à chaleur, climatisation réversible…).
Équipements énergétiques : passage à l’éclairage LED, optimisation des machines industrielles, installation de variateurs de vitesse.
Réseaux et services : calorifugeage des canalisations, récupération de chaleur fatale, pilotage intelligent des consommations.
Qui peut bénéficier de la prime CEE ?
Le dispositif CEE s’adresse à un large spectre d’acteurs. Toutes les entreprises, quelle que soit leur taille ou leur secteur d’activité, peuvent en bénéficier, à condition que les travaux respectent les exigences des fiches d’opérations standardisées et soient réalisés par un professionnel labellisé RGE (Reconnu Garant de l’Environnement).
Sont notamment éligibles :
- les entreprises industrielles et les bâtiments tertiaires
- les artisans et commerces
- les exploitations agricoles
- les réseaux de transport
- les collectivités et copropriétés
Comment fonctionne le calcul de la prime CEE ?
Les économies d’énergie générées par les travaux sont mesurées en kWh cumac — une unité qui cumule et actualise les économies sur la durée de vie des équipements installés. C’est sur la base de ce volume de kWh cumac que la prime est calculée.
Le montant final dépend de plusieurs facteurs : la nature des travaux réalisés, la zone climatique du site, et surtout le prix des CEE pratiqué par le fournisseur au moment de la demande. Or, ce prix fluctue régulièrement selon l’offre et la demande sur le marché des certificats.
Quel montant de prime CEE pouvez-vous espérer ?
La réponse est : cela dépend.
Le montant d’une prime CEE est variable car il résulte de la combinaison de plusieurs éléments :
- le volume de kWh cumac économisés, déterminé par la fiche d’opération standardisée correspondant aux travaux
- la zone climatique du site (H1, H2 ou H3) — plus la zone est froide, plus la prime est élevée
- le prix du CEE en vigueur au moment de la demande, exprimé en €/MWh cumac, qui évolue selon les périodes et les obligations imposées aux fournisseurs
Concrètement, pour une même opération, la prime proposée peut varier significativement d’un fournisseur à l’autre. C’est pourquoi il est fortement recommandé de comparer les offres avant d’engager les travaux. Le prix des CEE étant soumis aux lois du marché, un accompagnement par un délégataire comme ATOO Energie permet de s’assurer d’obtenir les meilleures conditions au moment opportun.
Quelles sont les démarches pour obtenir une prime CEE ?
Le processus se déroule en plusieurs étapes clés :
- Réaliser un audit énergétique pour identifier les travaux prioritaires et estimer les gains potentiels.
- Vérifier l’éligibilité des travaux en consultant les fiches d’opérations standardisées correspondant à votre secteur d’activité.
- Comparer les offres des fournisseurs d’énergie : le montant de la prime varie selon les acteurs. Le prix des CEE en vigueur au moment de votre demande influence directement ce montant.
- Signer un devis avec un professionnel RGE avant le démarrage des travaux — c’est une condition impérative pour valider la prime.
- Faire réaliser les travaux et rassembler les justificatifs : factures, attestation sur l’honneur, attestation de fin de travaux.
- Transmettre le dossier complet au fournisseur d’énergie dans les délais impartis (généralement 6 mois après la fin des travaux).
- Recevoir la prime sous forme de virement, de chèque ou de déduction sur votre facture d’énergie.
Quelles autres aides peuvent se cumuler avec la prime CEE ?
La prime CEE peut se combiner avec d’autres dispositifs d’aides pour maximiser le financement de vos travaux :
- Fonds Chaleur de l’ADEME : dédié aux installations de production de chaleur renouvelable.
- MaPrimeRénov’ : applicable aux travaux de rénovation des parties communes en copropriété.
- Subvention Advenir : pour l’installation de bornes de recharge pour véhicules électriques.
- Crédit d’impôt : certaines dépenses de rénovation énergétique restent déductibles selon votre statut.
- Aides régionales et départementales : variables selon les territoires, elles peuvent compléter significativement l’enveloppe globale.
ATOO Energie vous accompagne dans vos démarches liées à l’obtention des certificats d'économies d'énergie
ATOO Energie vous propose un accompagnement global dans vos travaux de rénovation : de votre étude d’éligibilité à la prime CEE au dépôt du dossier en passant par le montage technique de votre dossier, ATOO Energie s’occupe de tout ! Confiez-nous votre étude et faites des travaux pour réduire vos factures d’énergie.
