Après plusieurs semaines de fortes tensions, le marché de l’énergie a marqué un léger temps d’arrêt en avril 2026, sans pour autant retrouver un véritable équilibre.
Au cours du mois, les prix ont montré des signes d’accalmie, dans le sillage de l’apaisement temporaire des tensions géopolitiques au Moyen-Orient. Cette détente reste toutefois fragile, les marchés demeurant très sensibles à l’actualité internationale et aux conditions d’approvisionnement.
Pour les semaines à venir, la prudence reste de mise. Si certains fondamentaux apparaissent plus favorables, la volatilité devrait persister dans un contexte encore incertain, où l’équilibre des marchés dépend autant des conditions d’offre et de demande que des évolutions géopolitiques.
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Que s’est-il passé sur le marché de l’énergie en avril 2026 ?
Un marché toujours sous tension géopolitique
En avril 2026, le marché de l’énergie est resté étroitement dépendant du contexte international, en particulier des tensions au Moyen-Orient. L’annonce d’un cessez-le-feu entre l’Iran et les États-Unis a provoqué une baisse immédiate des prix du pétrole et du gaz, traduisant un soulagement des marchés. Pour autant, cette accalmie reste précaire.
Le détroit d’Ormuz, passage clé pour une part importante des flux mondiaux d’hydrocarbures, ne fonctionne pas encore normalement. La reprise du trafic maritime demeure progressive et incertaine, tandis que la remise en service des infrastructures pétrolières et gazières nécessite du temps. À cela s’ajoutent des perturbations durables sur le gaz naturel liquéfié, qui devraient continuer à peser sur les équilibres d’approvisionnement. Dans ce contexte, la volatilité des prix reste élevée et devrait se prolonger à court terme.
Une réponse européenne entre urgence et transformation
Face à cette instabilité, l’Europe subit un choc économique significatif. En quelques semaines, le coût des importations d’énergies fossiles a fortement augmenté, impactant à la fois les entreprises, les ménages et les finances publiques.
La Commission européenne a ainsi structuré sa réponse autour de deux priorités. À court terme, il s’agit d’amortir les effets de la crise via des dispositifs ciblés : aides aux acteurs les plus exposés, soutien aux revenus et assouplissement des règles encadrant les aides d’État. En parallèle, une meilleure coordination entre États membres est encouragée, notamment sur la gestion des stocks et le suivi des approvisionnements.
Sur le plan structurel, Bruxelles maintient son cap vers une transformation du système énergétique. La révision de la fiscalité, le développement des interconnexions électriques et l’accélération de l’électrification doivent permettre de réduire durablement la dépendance aux énergies fossiles. Dans cette logique, le marché carbone reste un outil central, même si des ajustements sont envisagés pour limiter une trop forte instabilité des prix du CO₂ et préserver la compétitivité industrielle.
L’électrification, axe stratégique pour réduire la dépendance
Dans ce contexte, la France a confirmé en avril son orientation vers une électrification accrue des usages. L’objectif est de substituer une partie significative des consommations de gaz par de l’électricité produite sur le territoire, afin de limiter l’exposition aux crises internationales.
Le plan présenté par le gouvernement fixe un cap ambitieux à horizon 2030-2035, avec une baisse progressive de la part des énergies fossiles dans la consommation finale. L’ensemble de l’économie est concerné : industrie, bâtiment, transport, mais aussi artisanat, agriculture ou pêche. Des dispositifs d’aides et des mécanismes visant à sécuriser les prix de l’électricité sur le long terme doivent accompagner cette transition.
Cette stratégie repose sur un constat partagé : l’exposition aux hydrocarbures constitue désormais un risque structurel pour les entreprises. À l’inverse, l’électricité apparaît comme un levier de stabilisation, notamment en France où le mix énergétique offre un avantage compétitif relatif.
👉 Pour aller plus loin sur les impacts concrets pour les entreprises, vous pouvez consulter notre analyse détaillée du plan Lecornu :Plan d’électrification : ce que le plan Lecornu change pour les entreprises
Présenté fin avril, ce plan prévoit notamment 22 mesures structurantes et un objectif clair : réduire la part des énergies fossiles de 60 % aujourd’hui à 40 % d’ici 2030, puis sous les 30 % à horizon 2035.
Entre opportunités et contraintes pour les entreprises
Pour les professionnels, cette évolution ouvre des perspectives, mais elle s’accompagne aussi de nombreuses interrogations. Sur le plan technique, une part importante des usages peut déjà être convertie vers des solutions électriques, y compris dans certains secteurs industriels. Le renouvellement d’équipements vieillissants constitue d’ailleurs une opportunité pour engager cette transition.
Dans le même temps, les coûts liés au gaz continuent d’évoluer. Depuis le 1er avril 2026, le tarif de transport du gaz (ATRT8) a été réévalué à la hausse, avec une augmentation de +3,41 %, impactant directement une composante des factures énergétiques des entreprises . Cette évolution s’inscrit dans un mouvement plus global de renchérissement des infrastructures gazières, dans un contexte de transition énergétique.
👉 Pour comprendre concrètement l’impact de cette hausse sur vos factures, vous pouvez consulter notre article dédié à l’augmentation du Tarif de transport de gaz (ATRT8) au 1er avril 2026.
Cependant, plusieurs freins restent à lever. Le coût des investissements initiaux, le manque de visibilité sur les prix futurs de l’électricité, une fiscalité encore parfois défavorable ou encore les délais de raccordement aux réseaux ralentissent les projets. Les PME, en particulier, doivent arbitrer entre contraintes financières à court terme et enjeux stratégiques à long terme.
Dans le même temps, la hausse des coûts énergétiques continue de peser sur la compétitivité industrielle, notamment dans des secteurs déjà exposés à la concurrence internationale. La question de l’accès à une énergie abordable et stable reste donc centrale pour soutenir la dynamique économique.
Prix du gaz naturel en avril 2026
Après une période de forte volatilité, le mois d’avril a débuté sur une note d’accalmie : le prix du PEG CAL27 est repassé sous la barre des 40 €/MWh. Cette détente s’est ensuite accentuée mi-mois, portée par l’annonce d’un cessez-le-feu de deux semaines entre Washington et Téhéran, qui a entraîné un net recul des prix en Europe. Des livraisons satisfaisantes en provenance de Norvège et des États-Unis, couplées à des températures clémentes et une forte production renouvelable, ont également contribué à alléger la pression sur le marché.
Pour autant, la situation reste fragile et les facteurs de risque nombreux. Sur le plan géopolitique, le détroit d’Ormuz demeure fortement perturbé : transporteurs et assureurs refusent de reprendre leurs rotations sans garanties de sécurité suffisantes, et les tensions autour de l’Iran se sont de nouveau intensifiées en fin de mois, dans un contexte de discussions américaines autour d’éventuelles options militaires. Ces mouvements de prix semblent ainsi davantage dictés par l’actualité géopolitique que par une réelle évolution des fondamentaux du marché.
Côté offre, quelques perturbations techniques sur les exportations norvégiennes sont venues limiter ponctuellement les volumes disponibles. Sur le front des stocks, les niveaux européens sont restés orientés à la hausse au fil du mois — atteignant environ 30 % en fin de période — mais demeurent inférieurs à ceux observés à la même époque en 2025 (36 %), ce qui maintient une certaine vigilance. Des discussions sont par ailleurs en cours au niveau européen pour mieux coordonner le remplissage des réserves. La concurrence asiatique pour capter les volumes de GNL disponibles s’intensifie également, rendant la visibilité à court terme particulièrement incertaine.
À moyen terme, le développement de nouvelles capacités de liquéfaction aux États-Unis constitue un signal encourageant pour l’approvisionnement. Mais un retour aux niveaux de prix d’avant-crise reste peu probable à court terme : les dégâts sur les infrastructures régionales sont importants, et plusieurs pays devront encore reconstituer leurs réserves stratégiques, ce qui continuera de soutenir la demande internationale.
Graphique de l'évolution du prix du gaz en avril 2026

Prix de l'électricité en avril 2026
Tout au long du mois, les prix à terme de l’électricité ont évolué en corrélation avec les marchés du gaz naturel et du pétrole. La détente progressive des cours gaziers, portée par l’accalmie géopolitique au Moyen-Orient, a ainsi permis un repli des prix futurs de l’électricité en cours de mois. Cette tendance baissière s’est confirmée en fin de période, le marché spot enregistrant même ponctuellement des prix négatifs, sous l’effet conjugué d’une production renouvelable élevée et d’une demande particulièrement faible.
Bonne nouvelle sur le front de la production : les centrales nucléaires françaises ont tourné à plein régime, avec une production en mars atteignant son niveau le plus élevé depuis sept ans. Cet apport massif de production pilotable a contribué à stabiliser le marché électrique à l’échelle européenne. La forte génération solaire et éolienne est également venue compléter ce tableau favorable côté offre.
Les prix sont toutefois restés soumis à plusieurs facteurs d’incertitude. En début de mois, les acteurs du marché ont fait preuve d’une prudence accrue, les prix reflétant davantage un attentisme généralisé qu’une tendance de fond clairement établie. La dépendance aux interconnexions européennes et la sensibilité des coûts du gaz au contexte géopolitique ont continué de peser sur les anticipations.
Du côté du marché carbone, le mois a été marqué par une certaine ambiguïté. Les quotas CO₂ se sont stabilisés autour de 73 €/t en fin de période, soutenus par les fondamentaux énergétiques — forte production renouvelable, météo clémente et ralentissement de l’activité économique réduisant la demande industrielle. Mais tout au long du mois, le marché a évolué au rythme des signaux politiques plutôt que selon la seule dynamique énergétique, les opérateurs surveillant de près les discussions autour des règles encadrant les quotas d’émission en circulation et l’équilibre recherché par les institutions européennes entre compétitivité industrielle et objectifs de décarbonation.
Graphique de l'évolution du prix de l'électricité en mars 2026

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