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Tarif vert EDF : le tarif réglementé des sites haute tension, définition et conditions

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Le tarif vert EDF — le tarif réglementé de vente (TRV) d’électricité historiquement réservé aux sites raccordés en haute tension (HTA) — a connu un destin mouvementé : supprimé fin 2015 par la loi NOME, il a été réintroduit au 1er février 2025, mais avec des critères d’éligibilité si restrictifs que la quasi-totalité des sites qui en bénéficiaient autrefois n’y ont plus accès.

En tant que courtier en énergie indépendant, notre rôle chez ATOO Énergie n’est pas de vous orienter par principe vers le tarif vert ou vers une offre de marché, mais de déterminer ce qui coûte le moins cher pour votre entreprise — et pour un profil haute tension, l’écart entre deux contrats peut représenter des dizaines de milliers d’euros par an. Ce guide fait le point sur ce qu’est réellement le tarif vert en 2026, qui peut y prétendre et comment arbitrer.

Qu'est-ce que le tarif vert (TRV haute tension) ?

Le tarif vert est l’appellation historique du tarif réglementé de vente d’électricité appliqué aux sites raccordés en haute tension (HTA, entre 1 et 50 kV) avec une puissance souscrite supérieure à 250 kVA — ce qui correspond aujourd’hui aux segments C2 à C4 de la nomenclature Enedis pour les plus gros profils. Il complétait la gamme des trois « couleurs » du TRV :

  • Le tarif bleu : basse tension, puissance ≤ 36 kVA (segment C5) — le profil des TPE, commerces et artisans ;
  • Le tarif jaune : basse tension, puissance comprise entre 37 et 250 kVA (segment C4) — le profil des PME et moyennes surfaces ;
  • Le tarif vert : haute tension, puissance > 250 kVA — le profil des sites industriels, plateformes logistiques, grand tertiaire et infrastructures.

Comme le tarif bleu, ses prix ne sont pas fixés librement par le fournisseur : ils sont arrêtés par les pouvoirs publics sur proposition de la Commission de régulation de l’énergie (CRE) et révisés deux fois par an, au 1er février et au 1er août.

Concrètement, un site en tarif vert se reconnaît à son raccordement via un poste de transformation privé, un comptage de type courbe de charge (compteurs PME-PMI / SAPHIR historiques) et une facturation construite sur des périodes horosaisonnières — un fonctionnement très différent du simple prix du kWh d’un compteur ≤ 36 kVA.

Le tarif vert existe-t-il encore en 2026 ?

Oui — mais pas pour tout le monde, et c’est là que la plupart des informations en ligne sont périmées. Trois dates structurent son histoire :

  • 31 décembre 2015 — suppression. La loi NOME de 2010 a programmé la fin des tarifs jaune et vert pour pousser les gros consommateurs vers le marché concurrentiel. Depuis le 1er janvier 2016, tous les sites > 36 kVA étaient en offre de marché, sans exception.
  • 1er février 2025 — réintroduction encadrée. La loi n° 2024-330 du 11 avril 2024 a supprimé le plafond de 36 kVA pour l’accès aux tarifs réglementés. Conséquence : les grilles jaune et verte ont été remises en vente — mais uniquement pour les consommateurs remplissant les critères de taille TPE.
  • 2026 — un tarif réglementé de niche. Le tarif vert est aujourd’hui commercialisé par EDF (et les ELD sur leur territoire), mais son périmètre réel est étroit : rares sont les structures de moins de 10 salariés à exploiter un site raccordé en haute tension.

En clair : le tarif vert n’a pas « disparu », mais il ne concerne plus les profils industriels qui l’utilisaient massivement avant 2016. Pour l’immense majorité des sites HTA, l’offre de marché reste la seule voie — et la mise en concurrence des fournisseurs, le seul levier de prix.

Suis-je éligible au tarif vert ?

Depuis la réintroduction de février 2025, l’éligibilité au tarif vert repose sur les mêmes critères de taille que le tarif bleu et le tarif jaune, auxquels s’ajoute un critère technique de raccordement. Votre entreprise doit remplir toutes les conditions suivantes :

  • employer moins de 10 salariés ;
    réaliser un chiffre d’affaires, des recettes ou un total de bilan annuel n’excédant pas 2 millions d’euros ;
  • disposer d’un site situé en France métropolitaine continentale ;
  • être raccordée en haute tension (HTA), avec une puissance souscrite supérieure à 250 kVA.

Cette combinaison — une microentreprise avec un site haute tension — est rare en pratique : elle concerne surtout certains syndicats de copropriétaires, des sites agricoles ou artisanaux fortement équipés, ou des structures patrimoniales exploitant une infrastructure de grande puissance.

À noter, comme pour les autres couleurs du TRV : la souscription exige de vous attester éligible, et vous devez quitter le tarif réglementé si vous cessez de remplir les conditions (franchissement du seuil de 10 salariés, par exemple).

Si votre puissance se situe entre 37 et 250 kVA, c’est notre page dédiée au tarif jaune qui vous concerne. À 36 kVA et moins, consultez la page tarif bleu.

Quels sont les prix du tarif vert en 2026 ?

La grille du tarif vert ne se lit pas comme celle du tarif bleu : il n’existe pas « un » prix du kWh, mais une construction horosaisonnière qui reflète le coût réel de l’électricité selon le moment de l’année et de la journée. Le prix facturé dépend de :

  • la version tarifaire (A5, A8, B ou C), déterminée par la plage de puissance souscrite — de 250 kVA à plusieurs dizaines de MVA pour les très grands sites ;
  • les périodes horosaisonnières : pointe (PTE), heures pleines hiver (HPH), heures creuses hiver (HCH), heures pleines été (HPE) et heures creuses été (HCE) — le kWh de pointe hivernale pouvant coûter plusieurs fois celui des heures creuses d’été ;
  • une prime fixe annuelle, fonction des puissances souscrites par période ;
  • d’éventuelles pénalités de dépassement de puissance, facturées lorsque la puissance appelée excède la puissance souscrite.

Comme pour les autres tarifs réglementés, la grille est révisée au 1er février et au 1er août de chaque année.

Tarif vert ou offre de marché : lequel choisir ?

Pour un site haute tension, la question ne se pose réellement que si vous êtes éligible — ce qui, on l’a vu, est l’exception. Mais même dans ce cas, le tarif vert n’est pas nécessairement l’option la moins chère :

  • Le tarif vert offre un cadre public, lisible, sans engagement — mais il suit les révisions semestrielles et ne permet pas de bloquer un prix dans la durée.
  • Une offre de marché permet de fixer son prix sur 1, 2 ou 3 ans, de choisir le moment de la contractualisation en fonction des marchés de gros, et d’accéder à des structures adaptées aux profils HTA : prix fixe, indexé, achats en plusieurs fois (cliquets), ou part d’électricité verte.

Pour un profil > 250 kVA, l’enjeu dépasse d’ailleurs le seul prix du kWh : l’optimisation des puissances souscrites par période et de la formule TURPE (notamment le choix de la version d’utilisation) représente souvent un gisement d’économies équivalent à celui de la mise en concurrence. C’est le premier poste que nous auditons. En savoir plus sur l’optimisation de la puissance souscrite et du TURPE.

Ne pas confondre : tarif vert et offre « Vert Électrique » d'EDF

La confusion est fréquente — et entretenue par la proximité des noms :

  • Le tarif vert est un tarif réglementé destiné aux sites professionnels raccordés en haute tension. Sa couleur ne dit rien de l’origine de l’électricité : « vert » désignait simplement le segment tarifaire, comme « bleu » et « jaune ».
  • Vert Électrique est une offre de marché d’EDF destinée aux particuliers, adossée à des garanties d’origine renouvelable. Elle n’a aucun lien avec le tarif vert professionnel : c’est un contrat concurrent du tarif bleu résidentiel.

Si vous cherchez à comparer « Vert Électrique » et le tarif bleu pour un usage professionnel de petite puissance, c’est la logique tarif réglementé vs offre de marché qui s’applique — nous la détaillons sur notre page tarif bleu. Et si votre objectif est de fournir votre entreprise en électricité verte, sachez que la plupart des fournisseurs alternatifs proposent des offres à garanties d’origine, souvent à un prix inférieur au TRV.

Que sont devenus les anciens abonnés au tarif vert ?

Depuis le 1er janvier 2016, les sites industriels et tertiaires historiquement au tarif vert sont classés dans les segments C1 à C4 et achètent leur électricité en offre de marché, généralement sur devis individuel. Pour ces profils, trois réflexes conditionnent le budget électricité :

  • anticiper le renouvellement du contrat : sur les segments HTA, les prix se négocient sur les marchés à terme, parfois 12 à 24 mois avant l’échéance — attendre le dernier trimestre revient à subir le prix du moment ;
  • mettre systématiquement les fournisseurs en concurrence : sur des volumes de plusieurs GWh, quelques euros d’écart au MWh se chiffrent en dizaines de milliers d’euros par an ;
  • auditer l’acheminement : puissances souscrites par poste horosaisonnier, version d’utilisation TURPE et pénalités de dépassement sont des leviers indépendants du fournisseur.

C’est précisément le périmètre de notre accompagnement des profils C1-C4 : cadrage du besoin, consultation des fournisseurs, analyse des offres au coût annuel complet et optimisation de l’acheminement.

Questions fréquentes sur le tarif vert EDF

Le tarif vert EDF existe-t-il toujours ?

Oui, mais sous une forme très restreinte. Supprimé au 31 décembre 2015 par la loi NOME, il a été réintroduit au 1er février 2025 pour les seuls consommateurs remplissant les critères TPE : moins de 10 salariés et un chiffre d’affaires ou bilan n’excédant pas 2 millions d’euros. Les sites industriels qui en bénéficiaient avant 2016 n’y sont plus éligibles.

Le tarif vert concerne les sites raccordés en haute tension (HTA, entre 1 et 50 kV) avec une puissance souscrite supérieure à 250 kVA. En dessous, on relève du tarif jaune (37 à 250 kVA) ou du tarif bleu (≤ 36 kVA).

Ce sont les trois segments historiques du tarif réglementé, classés par puissance : bleu pour la basse tension ≤ 36 kVA, jaune pour la basse tension de 37 à 250 kVA, vert pour la haute tension au-delà de 250 kVA. Depuis février 2025, les trois sont de nouveau commercialisés, mais réservés aux structures remplissant les critères de taille TPE.

Non. La couleur désigne uniquement le segment tarifaire historique, pas l’origine de l’électricité. Pour une fourniture en électricité renouvelable, il faut souscrire une offre de marché à garanties d’origine — à ne pas confondre non plus avec « Vert Électrique », l’offre de marché résidentielle d’EDF.

Dans la quasi-totalité des cas, non : les critères de taille (moins de 10 salariés, ≤ 2 M€) excluent les profils industriels classiques. La solution passe par la mise en concurrence des fournisseurs en offre de marché, où les conditions se négocient au cas par cas.
Prix Energie - Tarif vert EDF : le tarif réglementé des sites haute tension, définition et conditions

À propos de l'auteur

Quentin Roullé
Quentin Roullé
Quentin Roullé est chargé de marketing chez ATOO Énergie depuis 2023. Il travaille notamment sur l’analyse des marchés de l’électricité et du gaz, la structuration de contenus pédagogiques à forte valeur ajoutée et la conception d’interfaces facilitant la lecture des données énergétiques et contractuelles.