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Les dépassement de puissance souscrite : causes et conséquences

dépassement de puissance
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Pour une entreprise, un dépassement de puissance souscrite peut se révéler très handicapant financièrement parlant si le tir n’est pas vite corrigé. La réponse à la question de la puissance souscrite selon les besoins et les postes horosaisonniers provient de la capacité de l’entreprise à mettre en œuvre un Système de Management de l’Énergie (SME) et de ses capacités à optimiser sa consommation ainsi que le coût de l’acheminement TURPE. 

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En ajustant la puissance souscrite de vos compteurs, votre entreprise peut réaliser des économies durables sur sa facture d’électricité.

Qu'est-ce que la puissance souscrite en électricité ?

À chaque abonnement d’électricité, l’entreprise souscrit une puissance spécifique qui sera la base de calcul du coût de l’acheminement TURPE. Cette puissance souscrite n’est rien d’autre que la quantité d’électricité utilisable au même moment. En d’autres termes, il s’agit de la puissance maximale exigible de la part du réseau de l’entreprise. Attention, la puissance souscrite n’est pas la puissance de raccordement. Cette dernière correspond à la puissance maximale (théorique) supportée par l’installation électrique. 

La puissance souscrite se chiffre en kVA (kilo volt ampère) ou en kW pour les compteurs en Haute Tension. Elle est distribuée selon les besoins entre 3 kVA (généralement pour des besoins de structures très légères) et 250 kVA (pour les entreprises et les industries). Toutefois, certaines collectivités et très grands comptes privés jouissent d’un contrat particulier au-delà de 250 kVA. Il est primordial de bien dimensionner son réseau électrique et d’évaluer les besoins au plus juste pour optimiser sa consommation et donc faire baisser la facture énergétique.

Comment calculer la bonne puissance souscrite pour votre entreprise ? 

Dimensionner correctement la puissance souscrite de votre compteur professionnel nécessite une méthode rigoureuse pour éviter à la fois les dépassements coûteux et un abonnement surdimensionné. La première étape consiste à identifier tous les équipements électriques que votre entreprise utilise simultanément : machines de production, systèmes de climatisation, éclairage, équipements informatiques et appareils de chauffage. Pour chaque appareil, la puissance nominale figure généralement sur l’étiquette technique ou dans la documentation du fabricant.

Le calcul de la puissance nécessaire repose sur l’addition des puissances maximales des appareils électriques susceptibles de fonctionner en même temps. Il ne s’agit pas d’additionner tous les équipements présents dans votre établissement, mais uniquement ceux qui opèrent simultanément aux heures de pointe. Par exemple, votre restaurant n’utilisera pas son système de chauffage et sa climatisation en même temps. La conversion est simple : 1 000 watts équivalent à environ 1 kVA. Une fois ce total obtenu, prévoyez une marge de sécurité de 10 à 15 % pour anticiper l’acquisition de nouveaux équipements ou les variations saisonnières de votre activité.

Méthodologie de calcul selon votre profil

Type de compteurPuissance expriméeApproche recommandée
C5 (≤36 kVA)kVASomme des puissances simultanées + 10% de marge
C4 (37-250 kVA)kVAAnalyse historique sur 12 mois + projections
C3 et C2 (>250 kW)kWAudit énergétique professionnel obligatoire

Pour les entreprises équipées d’un compteur Linky, consultez la consommation instantanée directement sur le boîtier pendant vos périodes de forte activité. Cette donnée constitue une base fiable pour ajuster votre puissance souscrite. Les entreprises raccordées en moyenne ou haute tension doivent impérativement s’appuyer sur un historique de consommation d’au moins 12 mois pour tenir compte des variations saisonnières. Cette analyse permet d’identifier vos pics de consommation réels et d’optimiser votre souscription en fonction des postes horosaisonniers, réduisant ainsi le coût de votre acheminement TURPE.

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Pourquoi votre entreprise peut-elle connaître un dépassement de puissance ?

Pour les compteurs dont la puissance est inférieure ou égale à 36 kVA, que l’on appelle aussi les compteurs bleus, lorsque la puissance demandée par l’installation est supérieure à la puissance souscrite, les plombs sautent ! Le disjoncteur intervient et permet aux ménages de prendre conscience de la limitation de leur abonnement (ou de leur surconsommation…) Les compteurs électriques professionnels (supérieurs à 36 kVA) ne fonctionnement pas de la même façon. On imagine mal un disjoncteur stopper toute consommation électrique dans une grande surface à une heure de pointe. Il arrive donc qu’une entreprise connaisse des dépassements de puissance souscrite sans interruption du service. À cause de conditions météorologiques exceptionnelles par exemple ou d’une mauvaise évaluation des besoins réels en électricité.

Quelles conséquences sur votre entreprise ?

Outre la surconsommation électrique, le principal impact d’un dépassement de puissance souscrite se voit sur la facture. Une facturation horaire forfaitaire (au prix moyen de 10 € HT) s’ajoute aux coûts habituels. Toutefois, précisons que les sites professionnels et industriels peuvent bénéficier de différentes puissances, disponibles selon les plages horaires et la saisonnalité. Ceci permettant d’organiser le soutirage en fonction des besoins de l’entreprise. 

Dépassement de puissance pour le « tarif Bleu » et « tarif Jaune »

Un dépassement de puissance sur une installation inférieure ou égale à 36 kVA entraînera obligatoirement une disjonction du compteur. Avec les anciens compteurs, il existait une marge de tolérance au dépassement momentané, d’environ 15 % de la puissance souscrite. Mais les compteurs Linky ont définitivement mis fin à cette souplesse. 

L’ancien tarif jaune correspond aujourd’hui au segment C4 pour des puissances allant de 37 kVA à 250 kVA. Ici deux cas de figure se présentent ; 

  • Dans le cas de l’utilisation d’un compteur électromécanique, ce dernier disjoncte de la même façon que les compteurs du segment C5. 
  • Dans le cas de l’utilisation d’un compteur électronique, les dépassements de puissance sont possibles et le surcoût généré dépasse les 11 € de l’heure.  

Dépassement de puissance pour le « tarif Vert »

Enfin, les entreprises en Haute Tension (ex tarif vert) se distinguent entre les segments C3, C2 et C1 raccordés en Haute Tension. Les segments C3* et C2 correspondent aux entreprises dépassant les 250 kW. Quant aux C1, il s’agit de très grands comptes, au statut particulier. Leur approvisionnement est régi par un double contrat, appelé contrat CARD (Contrat d’Accès au Réseau de Distribution de l’Électricité), qui se décline comme suit : 

  • Un contrat pour l’acheminement de l’électricité consommée, négocié directement avec le gestionnaire de réseau de distribution (généralement ENEDIS) ou une ELD (Entreprise Locale de Distribution) ; 
  • Un contrat avec un fournisseur d’énergie. 

*Les segments C3 ne peuvent bénéficier du contrat CARD 

Ici, le dépassement de puissance se traduit par une surfacturation. Deux modes de surfacturation sont envisageables : 

  • Au kW, si on se focalise sur la puissance excédentaire ; 
  • Au kWh, si l’on prend en compte le temps de dépassement. 

Notez que le barème de la surfacturation dépend également des postes horosaisonniers : 

  • Période de pointe, de décembre à février entre 9h et 11h et entre 18h et 20h ; 
  • Heures pleines Hiver (HPH), d’octobre à mars et pour le reste de la journée sur la période de pointe (6h-9h, 11h-18h et 20h-22h) ;
  • Heures creuses Hiver (HCH), d’octobre à mars entre 22h et 6h ;
  • Heures pleines Eté (HPE), d’avril à septembre entre 6h et 22h ;
  • Heures creuses Eté (HCE), d’avril à septembre entre 22h et 6h.

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Les risques opérationnels d'un dépassement de puissance souscrite 

Au-delà des pénalités financières, le dépassement de puissance souscrite expose votre entreprise à des risques opérationnels majeurs qui menacent directement la continuité de votre activité. Pour les compteurs C5, la disjonction automatique provoque une coupure immédiate de l’alimentation électrique, paralysant instantanément l’ensemble de vos opérations. Dans un contexte industriel, cette interruption brutale peut endommager vos équipements sensibles, corrompre vos données informatiques ou interrompre vos processus de fabrication en cours. Les restaurateurs risquent la perte de denrées périssables conservées dans les chambres froides, tandis que les commerces subissent l’arrêt de leurs systèmes de caisse et de leurs terminaux de paiement.

Les entreprises raccordées en moyenne et haute tension (C4, C3, C2) évitent certes la disjonction, mais s’exposent à d’autres dangers. Une surcharge prolongée du réseau électrique peut provoquer l’échauffement excessif des fils et composants électriques, augmentant considérablement le risque d’incendie. Les installations vieillissantes ou mal dimensionnées présentent une vulnérabilité particulière à ce phénomène. De plus, les dépassements répétés de la puissance souscrite signalent souvent un sous-dimensionnement structurel qui compromet la fiabilité de votre approvisionnement énergétique.

Pour anticiper ces dépassements de puissance souscrite, certains gestionnaires de réseau proposent des systèmes de notification par email et SMS qui vous alertent en temps réel lorsque la puissance appelée approche le seuil souscrit. Les sites directement raccordés au réseau RTE bénéficient de ce dispositif d’alerte précoce, permettant à vos équipes techniques de réagir avant que la situation ne devienne critique et n’entraîne des conséquences financières ou opérationnelles importantes.

Définir la bonne puissance souscrite avec un système de management de l’énergie (SME)

La difficulté réside donc dans la définition de la puissance adéquate pour répondre aux besoins de l’entreprise sans risquer la facturation trop onéreuse. Sur le terrain, on trouve trois cas de figure : 

  • Les situations non optimisées, où la puissance souscrite est bien trop faible par rapport à la quantité effectivement consommée. Les dépassements sont trop fréquents et trop longs et génèrent un surcoût handicapant pour la trésorerie de l’entreprise ;
  • Les situations sous optimisées, où la puissance souscrite est trop élevée. Certes, on ne voit plus de dépassements de puissance mais pour le coup, le prix de l’abonnement est bien trop élevé par rapport à la puissance réellement consommée. À cause d’une puissance souscrite trop élevée, c’est essentiellement le coût du TURPE qui grimpe ;
  • Les situations optimisées, tenant compte de la consommation réelle. Ici, la puissance souscrite couvre les besoins habituels ainsi qu’une partie des dépassements, laissant seulement quelques pics de consommation dépasser. Le ratio entre l’abonnement moins cher et les dépassements moins nombreux permet de réaliser des économies substantielles.  

Connaître votre consommation en temps réel

Pour parvenir à ce résultat d’optimisation de la puissance souscrite, la première chose à faire est de connaître parfaitement la consommation en temps réel, pour chaque poste horosaisonnier. Les simulations se basant sur les consommations passées, les entreprises doivent rester attentives en cas d’installation de nouveau matériel, susceptible d’engendrer des consommations supplémentaires. 

Identifier les appareils énergivores

Dans un autre registre, le SME invite les entreprises à recourir à une cartographie précise de leurs consommations énergétiques, tant dans le temps qu’au niveau du choix des équipements. L’entreprise doit pouvoir identifier les équipements les plus énergivores et les remplacer le cas échéant. Voire réaliser des travaux d’efficacité énergétique. Certains de ces travaux peuvent entrer dans le cadre des CEE. 

Prévenir les hausses de consommation

L’objectif du SME, encadré par la norme ISO 50001, est de mettre en œuvre un plan d’action qui soit concret et chiffré. La méthode PDCA (Plan, Do, Check, Act) ou, en Français, la méthode PAER (Préparer, Agir, Evaluer, Réagir) permet de suivre au plus près les consommations et d’anticiper les pics afin de prévoir des ajustements de contrat à des puissances différenciées. C’est le cas de nombreux grands sites touristiques, ayant une faible consommation en saison creuse et une très forte demande en saison pleine. À l’aide du SME, la mise en place de ces contrats de puissance différenciée permet une économie très importante.

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Solutions pratiques pour éviter les dépassements de puissance 

Prévenir les dépassements de puissance souscrite exige une stratégie combinant surveillance technologique et optimisation organisationnelle. Plusieurs solutions concrètes permettent de maîtriser votre consommation et d’éviter les surcoûts.

Suivre votre consommation en temps réel

Déployez un système de supervision énergétique accessible via plateforme web ou application mobile. Cet outil vous offre une visibilité complète sur votre courbe de charge et détecte les anomalies avant qu’elles ne provoquent des dépassements coûteux. Vous identifiez ainsi vos périodes critiques et les équipements responsables des pics de demande.

Organiser l'utilisation de vos équipements

Répartissez vos tâches énergivores en dehors des heures de pointe. Démarrez vos machines de production de manière échelonnée et planifiez les opérations de maintenance aux périodes de faible demande. Cette approche lisse votre courbe de charge et évite les pics de consommation simultanés.

Moderniser vos installations

Remplacez progressivement vos équipements vétustes par des modèles à haute efficacité énergétique (classe A ou B). L’éclairage LED consomme jusqu’à 75 % de moins que les ampoules traditionnelles. Vos moteurs électriques, compresseurs et systèmes de climatisation bénéficient également d’avancées technologiques réduisant significativement leur appel de puissance.

Blog - Contrats et factures - Les dépassement de puissance souscrite : causes et conséquences

À propos de l'auteur

Ophélie BERTHOU
Ophélie BERTHOU
Ophélie Berthou est chargée de communication et marketing chez ATOO Energie depuis 2022. Spécialiste éditoriale du marché de l’énergie, elle conçoit des contenus à destination des professionnels pour décrypter l’actualité, les mécanismes de formation des prix et les points de vigilance liés aux contrats d’électricité et de gaz.