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PPE3 (2025-2035) : relance du nucléaire et ajustement des renouvelables, un nouveau cap énergétique pour la France

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Après trois années de débats et d’arbitrages politiques, le gouvernement a dévoilé la troisième Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE3) couvrant la période 2025-2035. Cette feuille de route stratégique fixe les grandes orientations de la politique énergétique française pour la prochaine décennie.

Pour le secteur de l’énergie, il s’agit d’une étape décisive car sans cadre stratégique officiel, le lancement de nouveaux projets d’envergure reste difficile.

Objectif affiché : accélérer la décarbonation de l’économie tout en tenant compte d’une consommation électrique qui progresse moins vite que prévu. Résultat : un recentrage assumé sur le nucléaire et un ajustement des ambitions pour certaines filières renouvelables terrestres.

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La PPE : une feuille de route indispensable pour structurer les investissements

La Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) constitue le document de référence qui fixe, pour la prochaine décennie, les grandes orientations chiffrées de la politique énergétique française. Elle précise notamment les volumes et capacités visés selon les filières : nucléaire, éolien (notamment en mer), solaire photovoltaïque, mais aussi hydroélectricité ou encore gaz renouvelables. Autrement dit, elle donne une vision claire de la trajectoire de production et de consommation d’énergie attendue à moyen terme.

Au-delà des objectifs, la PPE joue un rôle très opérationnel : elle permet à l’État de planifier et de déclencher les appels d’offres nécessaires au développement de nouvelles installations. Cette planification est essentielle pour l’ensemble de l’écosystème, industriels, collectivités, développeurs de projets et sous-traitants, qui ont besoin de stabilité et de visibilité pour investir, recruter et organiser leur activité sur plusieurs années.

La Commission de régulation de l’énergie (CRE) souligne d’ailleurs l’importance de cette publication : disposer d’une PPE claire, c’est offrir enfin une perspective structurante aux filières, en donnant un cadre pour les investissements, les recrutements et la planification industrielle.

Enfin, la PPE définit la trajectoire énergétique de la France sur deux périodes successives de cinq ans (ici jusqu’en 2035). Elle détaille à la fois la manière dont l’énergie consommée sera produite, les investissements à engager, et l’évolution attendue du mix énergétique français.

PPE3 : produire plus d’énergie décarbonée et réduire les fossiles

La PPE3 part d’un constat central : la consommation d’électricité stagne, contrairement aux projections initiales. Dans ce contexte, l’exécutif affirme une priorité claire :

Accroître la production d’énergie décarbonée, notamment électrique, et réduire la consommation d’énergies fossiles.

En 2023, près de 60 % de l’énergie finale consommée en France était encore d’origine fossile. L’objectif est ambitieux : ramener cette part à 40 % d’ici 2030.

Cette trajectoire repose sur l’électrification massive des usages, notamment :

  • Les transports (déploiement des véhicules électriques)

  • Les bâtiments (développement des pompes à chaleur)

  • L’industrie (électrification des procédés, fours électriques…)

L’enjeu est double : réduire les émissions de CO₂ et limiter la dépendance géopolitique aux hydrocarbures importés.

Nucléaire : une rupture stratégique assumée

La PPE3 marque un tournant net par rapport à la précédente programmation (2019-2024), qui prévoyait la fermeture de 14 réacteurs nucléaires.

Désormais, la stratégie est inversée : optimisation et relance du parc existant.

À horizon 2030, la production nucléaire est attendue entre 380 et 420 TWh, contre 320 TWh en 2023. Ce niveau dépasse même les 400 TWh initialement visés par EDF.

Ce repositionnement traduit la volonté de sécuriser une production d’électricité bas carbone, pilotable et compétitive, dans un contexte énergétique mondial instable.

La publication de la PPE3 par décret au Journal officiel doit offrir davantage de visibilité aux acteurs du secteur, afin de faciliter :

  • Les investissements

  • Les recrutements

  • La planification industrielle

Renouvelables : accélération en mer, ajustement à terre

Si le nucléaire revient au centre de la stratégie, les énergies renouvelables ne sont pas abandonnées, mais leur trajectoire est ajustée.

Éolien en mer : une dynamique maintenue

La PPE3 confirme une accélération de l’éolien offshore, malgré un calendrier décalé en raison des retards accumulés.

Solaire et éolien terrestre : objectifs revus à la baisse

En revanche, les ambitions pour les filières terrestres sont révisées afin de tenir compte de la baisse des projections de consommation électrique, conformément aux scénarios publiés par RTE.

Les nouveaux objectifs pour 2030 sont :

  • 48 GW de capacité solaire (contre 54 GW envisagés précédemment, soit -11 %)

  • 31 GW d’éolien terrestre (contre 33 GW dans la version précédente)

Le gouvernement parle d’une « poursuite raisonnée » du développement des renouvelables électriques terrestres.

Compléter l’électrification : le rôle clé des énergies bas carbone non électriques

Si l’électrification des usages constitue l’un des axes majeurs de la PPE3, certains secteurs ne peuvent pas basculer rapidement vers le “tout électrique”. Aviation, industrie lourde, procédés nécessitant de très hautes températures, chauffage collectif… Pour ces usages dits difficilement électrifiables, la stratégie repose sur la montée en puissance d’autres solutions bas carbone.

C’est là qu’interviennent les énergies décarbonées non électriques, appelées à compléter le mix pour accélérer la réduction des énergies fossiles.

Biométhane : un objectif de 47 à 82 TWh injectés en 2035

Produit à partir de déchets agricoles, industriels ou ménagers, le biométhane est un gaz renouvelable pouvant être injecté directement dans les réseaux existants. Il permet ainsi de remplacer progressivement le gaz fossile importé, tout en valorisant des ressources locales.

La trajectoire retenue par la PPE3 fixe des volumes cibles clairs :

  • 44 TWh injectés en 2030

  • entre 47 et 82 TWh en 2035, contre environ 9 TWh aujourd’hui

L’enjeu est clair : renforcer la souveraineté énergétique, réduire la dépendance aux importations et développer une logique d’économie circulaire autour des déchets.

Hydrogène : jusqu’à 8 GW de capacités installées d’ici 2035

Autre levier stratégique identifié par la PPE3 : l’hydrogène, notamment pour certains usages industriels et, à terme, des mobilités spécifiques.

La PPE3 prévoit une progression des capacités de production par électrolyse :

  • jusqu’à 4,5 GW en 2030

  • jusqu’à 8 GW en 2035

L’objectif est de disposer d’un levier supplémentaire pour décarboner des segments où l’électricité directe n’est pas toujours la solution la plus simple ou la plus efficace.

Chaleur renouvelable : un chantier majeur encore sous-estimé

On parle souvent d’électricité, mais la chaleur représente à elle seule plus de 40 % de la consommation d’énergie en France. La PPE3 mise donc sur une accélération forte de la chaleur renouvelable et de récupération avec des objectifs élevés :

  • 297 TWh en 2030

  • entre 328 et 421 TWh en 2035, contre 172 TWh en 2023

Pour y parvenir, plusieurs leviers sont mis en avant : extension des réseaux de chaleur, développement de la géothermie, soutien aux pompes à chaleur, recours accru à la biomasse, et meilleure utilisation de la chaleur fatale issue de sites industriels.

L’idée de fond : remplacer progressivement les équipements au fioul et au gaz par des solutions bas carbone, tout en diminuant l’exposition de la France aux énergies fossiles importées.

Un débat politique toujours vif

Ces arbitrages ont ravivé les tensions politiques entre :

  • Les partisans d’un mix énergétique dominé par le nucléaire

  • Les défenseurs d’un développement massif des renouvelables

Certaines figures politiques ont demandé le renoncement à la publication du texte, tandis que le gouvernement défend une approche pragmatique face à la dépendance énergétique extérieure.

L’exécutif insiste sur un point : ne rien faire serait plus risqué que trancher.

Une décennie décisive pour le mix énergétique français

Avec la PPE3 (2025-2035), la France fixe un cap structurant pour les dix prochaines années :

  • Relance assumée du nucléaire

  • Développement encadré des renouvelables

  • Réduction accélérée des énergies fossiles

  • Électrification des usages

Dans un contexte énergétique et géopolitique profondément recomposé, cette programmation vise à sécuriser l’approvisionnement, maîtriser les coûts et accélérer la transition bas carbone.

Pour les professionnels, cette trajectoire aura des conséquences directes sur les marchés de l’électricité, les investissements énergétiques et les stratégies de décarbonation.

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À propos de l'auteur

Ophélie BERTHOU
Ophélie BERTHOU
Ophélie Berthou est chargée de communication et marketing chez ATOO Energie depuis 2022. Spécialiste éditoriale du marché de l’énergie, elle conçoit des contenus à destination des professionnels pour décrypter l’actualité, les mécanismes de formation des prix et les points de vigilance liés aux contrats d’électricité et de gaz.