En juillet, les marchés de l’énergie ont été marqués par une forte volatilité. Côté gaz, seul le CAL 2026 a enregistré un repli en début de mois, porté par une amélioration temporaire de l’offre et un contexte géopolitique apaisé. Mais cette accalmie a vite cédé la place à une nouvelle hausse des prix, alimentée par des tensions sur le GNL, une panne en Norvège et en fin de mois l’annonce d’un accord entre l’Union européenne et les États-Unis.
Du côté de l’électricité, les prix ont suivi une trajectoire similaire : stables en début de mois grâce à une bonne disponibilité nucléaire, ils ont d’abord été tirés à la hausse par la progression du gaz et du CO2, puis brièvement orientés à la baisse à la mi-juillet avant de repartir nettement à la hausse dans le sillage du gaz.
Que s’est-il passé sur le marché de l’énergie en Juillet 2025 ?
Alors que l’été 2025 bat son plein, le marché de l’énergie poursuit sa transition vers un nouveau modèle économique et fiscal. Le mois de juillet s’est révélé décisif à plusieurs titres, marqué par une série de changements tarifaires et réglementaires qui impacteront directement les factures des professionnels dès le mois d’août.
Du côté des taxes, l’accise sur le gaz naturel connaît une légère baisse après une hausse exceptionnelle en 2024, tandis que l’accise sur l’électricité, fortement réévaluée en février dernier, fait l’objet d’un ajustement pour compenser l’augmentation de la TVA sur les abonnements, désormais portée à 20 %. Ces mouvements traduisent une volonté de l’État d’harmoniser la fiscalité tout en limitant l’impact pour les consommateurs finaux.
Les tarifs d’acheminement évoluent également : la nouvelle version du TURPE (TURPE 7), en vigueur à partir du 1er août, introduit une baisse des coûts de distribution grâce à la suppression du Facé. Côté gaz, le tarif ATRD a été revalorisé dès le 1er juillet, avec une hausse de 6,1 % destinée à soutenir les investissements dans les infrastructures et l’intégration du biométhane. Autant de lignes de facture à surveiller de près.
Sur les marchés de gros, la tendance observée au premier semestre se confirme : les prix de l’électricité et du gaz poursuivent leur repli, portés par une offre renforcée, une reprise du nucléaire, et une hausse continue du biométhane. Les volumes échangés augmentent sensiblement, dans un contexte de sortie progressive de l’ARENH. La transition vers le Versement Nucléaire Universel (VNU), prévu pour 2026, se prépare activement : ce mécanisme viendra plafonner la facture des consommateurs lorsque les revenus du nucléaire dépasseront certains seuils.
Enfin, avec l’accord passé entre l’Union européenne et les États-Unis sur des achats massifs d’énergie américaine, les prix du gaz repartent à la hausse. Cet engagement transatlantique, combiné à une concurrence renforcée avec l’Asie et à des contraintes d’approvisionnement en GNL, tend les marchés et ravive les incertitudes sur l’équilibre énergétique européen.
Le marché du gaz naturel en Juillet 2025
Au début du mois de juillet, seuls les prix du contrat CAL 2026 ont amorcé une légère baisse tandis que les échéances plus lointaines, comme 2027 et 2028, restaient orientées à la hausse. Cette détente sur le CAL 2026 s’expliquait principalement par une amélioration de l’offre avec une reprise des exportations en provenance de Norvège et la trêve conclue entre l’Iran et Israël. Parallèlement, la baisse de la demande européenne en gaz pour la production d’électricité a renforcé la pression à la baisse sur les échéances les plus proches dans un contexte de repli généralisé de la consommation, y compris en Asie.
Toutefois, cette accalmie a été de courte durée. La semaine suivante, les prix sont repartis à la hausse, franchissant le seuil des 38 €/MWh. Cette remontée s’explique par une panne survenue en Norvège qui a perturbé les exportations, ainsi que par une demande asiatique en forte progression dans un contexte de concurrence accrue sur le marché du GNL. Les livraisons vers l’Europe ont alors diminué, forçant les acteurs européens à relever leurs prix pour sécuriser leurs approvisionnements et reconstituer des stocks encore inférieurs à ceux de l’année précédente à la même période.
Au milieu du mois, la situation s’est à nouveau assouplie. La résolution des pannes sur les sites stratégiques de Nyhamna et Kollsnes a permis une reprise des exportations norvégiennes. En parallèle, la demande asiatique en GNL a ralenti, portée par un climat plus frais et des stocks déjà bien constitués. Ce relâchement de la pression concurrentielle a facilité les approvisionnements européens, renforçant la tendance baissière sur les marchés.
Mais cette dynamique a été brutalement interrompue en toute fin de mois. L’annonce de l’accord commercial entre les États-Unis et l’Union européenne portant sur des achats massifs de gaz américain a ravivé les tensions sur le marché mondial du GNL. Face aux incertitudes sur la capacité des États-Unis à livrer les volumes promis et à la perspective d’un resserrement de l’offre, les prix du gaz ont nettement rebondi. Ce retournement soudain montre à quel point les prix du gaz restent sensibles aux tensions internationales et aux problèmes d’approvisionnement.
Au début du mois de juillet, les prix de l’électricité sont restés relativement stables. Le contrat CAL 2026 s’est maintenu à 63 €/MWh sur le marché à terme, dans un contexte plutôt rassurant pour les marchés. Le 1er juillet, l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) a donné son feu vert à EDF pour prolonger le fonctionnement de vingt réacteurs nucléaires de 1,3 GW jusqu’à 50 ans, ce qui a renforcé la prévisibilité et la stabilité de la production nucléaire française.
Cependant, dès la semaine suivante, les prix de l’électricité ont commencé à augmenter. Cette hausse a été principalement tirée par la montée des prix du charbon et du gaz ainsi que par une légère progression du prix du carbone. En dépit de ce contexte inflationniste, la situation restait solide pour la France grâce à la bonne disponibilité de son parc nucléaire permettant de couvrir les besoins intérieurs tout en assurant des exportations vers les pays voisins.
En milieu de mois, les prix de l’électricité ont amorcé un repli marqué dans le sillage de la baisse observée sur le marché du gaz. Ce mouvement s’est propagé à l’ensemble des échéances futures, notamment pour les années 2026 et 2027. Cette détente s’explique par une disponibilité nucléaire française toujours élevée, soutenue par des exportations vers les pays voisins. Ces éléments ont contribué à relâcher la pression sur les prix de gros dans un contexte européen globalement plus apaisé.
Par ailleurs, le prix des quotas d’émission de CO2 est tombé sous le seuil des 70 €/t, traduisant une consommation énergétique modérée à l’échelle européenne. Les températures relativement douces et l’incertitude économique persistante ont également pesé sur l’activité industrielle, accentuant la tendance baissière sur les marchés de l’électricité.
Mais en toute fin de mois, les prix de l’électricité sont repartis à la hausse. Les prix à terme poursuivent leur progression : le BE CAL26 atteint désormais 87 €/MWh. Parallèlement, le prix du CO2 grimpe à 72,26 €/t, porté par les cours du gaz et la baisse prévue des volumes de quotas mis aux enchères dès septembre.

