Ce guide complet de ATOO Énergie vous présente pas à pas le TURPE 7, la nouvelle période tarifaire 2025–2028, en commençant par un rappel des principes du TURPE et un comparatif avec la période 2021–2025 (TURPE 6). Vous découvrirez ensuite les évolutions tarifaires et changements de structure qui entreront en vigueur le 1ᵉʳ août 2025, ainsi que leurs impacts pour les professionnels (coûts, contrats, flexibilité). Enfin, la justification de ces décisions par la CRE, Enedis et RTE est détaillée et une FAQ vous permettra d’accéder rapidement aux réponses aux questions les plus fréquentes
Rappel : qu’est-ce que le TURPE ? Contexte et principes généraux
Le Tarif d’Utilisation des Réseaux Publics d’Électricité (TURPE) est la composante tarifaire qui finance l’acheminement de l’électricité, depuis les infrastructures de transport haute tension jusqu’aux réseaux de distribution locale. Ce tarif couvre les coûts d’exploitation, de maintenance et d’investissement des gestionnaires de réseaux (transport et distribution), et assure leur rémunération autorisée.
Concrètement, le TURPE représente environ 20 à 30 % de la facture d’un client résidentiel moyen, et peut atteindre 40 % de la facture pour certains clients professionnels. Le TURPE est facturé à tous les utilisateurs du réseau, consommateurs comme producteurs : les consommateurs le paient via leur fournisseur d’électricité (ou directement à Enedis/RTE s’ils ont un contrat d’accès au réseau dédié), tandis que les producteurs d’électricité s’acquittent d’un TURPE d’injection (avec des composantes fixes pour la gestion et le comptage) pour l’utilisation du réseau public.
Deux déclinaisons complémentaires du TURPE existent afin de tenir compte du niveau de raccordement :
- TURPE HTB (Haute Tension B) : il s’applique aux utilisateurs reliés au réseau de transport haute ou très haute tension (ex. grandes industries). Il finance principalement RTE, le gestionnaire du réseau de transport.
- TURPE HTA-BT (Haute Tension A / Basse Tension) : il concerne les usagers raccordés en moyenne et basse tension (entreprises, particuliers). Il finance les gestionnaires de distribution, principalement Enedis (pour ~95 % du territoire) et les Entreprises Locales de Distribution (ELD) sur le reste.
Le TURPE est un tarif régulé par la CRE (Commission de Régulation de l’Énergie) selon le Code de l’énergie. La CRE fixe le niveau et la structure du TURPE pour des périodes pluriannuelles d’environ 4 ans, après concertation avec les parties prenantes et analyses des besoins des gestionnaires de réseaux. Chaque période tarifaire vise à couvrir l’ensemble des coûts d’un opérateur efficace, tout en assurant un retour sur investissement raisonnable pour encourager les investissements dans les réseaux.
Des mécanismes d’ajustement annuels permettent d’indexer le TURPE sur l’inflation et de compenser les écarts de coûts imprévus via le compte de régularisation des charges et produits (CRCP). Ainsi, historiquement, une mise à jour des grilles TURPE a lieu chaque année le 1ᵉʳ août pour ajuster les tarifs en fonction de l’indice des prix et du solde du CRCP de l’année précédente.
Tout savoir sur le TURPE et ses évolutions dans notre guide dédié aux évolutions du TURPE
Comparatif TURPE 6 vs TURPE 7
| Élément | TURPE 6 (2021-2025) | TURPE 7 (2025-2028) |
|---|---|---|
| Période | 1 août 2021 – 31 juillet 2025 | 1 août 2025 – 31 juillet 2028 |
| Date d’entrée en vigueur | 1 août 2021 | 1 août 2025 |
| Évolution de niveau | Indexation annuelle (~ + 1 %/an) | – 7,7 %/+ 9,6 % anticipés en fév. 2025 puis 0 % net (– 1,9 % distribution, stable transport) au 1 août 2025 |
| Principales nouveautés structurelles | – maintien des plages HP/HC classiques– abonnements + terme proportionnel selon kWh– compteurs communicants Linky déployés | – heures creuses estivales l’après-midi– suppléments pour refus Linky– option « injection-soutirage » pour stockage |
| Principales incitations | – régulation incitative sur coûts et qualité (bonus/malus)– objectif de maîtrise des coûts Enedis/RTE | – renforcement des bonus/malus (raccordements, coupures, flexibilité)– tarif avantageux pour sites de stockage contracyclique |
TURPE 6 (2021-2025) et objectifs du TURPE 7 (période 2025-2028)

Le TURPE 6, en vigueur depuis le 1ᵉʳ août 2021, a constitué la grille tarifaire pour la période précédente d’environ 4 ans. Cette période a été marquée par le début de l’électrification massive des usages (véhicules électriques, chauffage, etc.) et une forte croissance des énergies renouvelables décentralisées se raccordant aux réseaux, ainsi que par la généralisation des compteurs communicants Linky.
Le TURPE 6 avait pour principes de couvrir les charges d’Enedis et RTE en encourageant l’efficacité (via des mécanismes de régulation incitative) et de maintenir la qualité de fourniture d’électricité, tout en amorçant les adaptations nécessaires à la transition énergétique.
Sa structure tarifaire était globalement similaire à celle du TURPE 5, avec quelques ajustements méthodologiques :
- part fixe abonnement / part variable proportionnelle à l’énergie
- différenciation horaires pleines/creuses,
- options longue ou courte utilisation, etc.
Le TURPE 7 prendra le relais à compter du 1ᵉʳ août 2025 pour la nouvelle période tarifaire 2025-2028. Cette nouvelle mouture a été élaborée à l’issue d’une large concertation de la CRE de décembre 2023 à fin 2024 (consultations publiques, ateliers thématiques, avis du Conseil supérieur de l’énergie).
Le TURPE 7 vise à répondre aux enjeux de la prochaine période tout en préparant les réseaux électriques aux défis de moyen et long terme. Il doit trouver un équilibre entre l’augmentation des besoins des réseaux (en capacité et en investissements), le maintien d’une qualité de service élevée, et un coût acceptable pour les consommateurs.
La CRE souligne que la période 2025-2028 sera marquée par :
- L’électrification croissante des usages (mobilité électrique, chauffage et process industriels) générant une hausse de la consommation et de nouveaux raccordements.
- Le développement massif des énergies renouvelables (éolien, solaire), dont une grande partie est raccordée aux réseaux de distribution. Cela nécessite des réseaux plus flexibles et robustes, aptes à intégrer une production décentralisée variable.
- Des besoins importants d’investissement pour moderniser et étendre les infrastructures : RTE prévoit une augmentation de ses investissements annuels de 2,1 Mds € en 2023 à 6,2 Mds € en 2028, et Enedis de 5 Mds € à 7 Mds € sur la même période. Ces investissements visent à raccorder des milliers de nouveaux utilisateurs (bornes de recharge, pompes à chaleur, producteurs PV/éoliens…), renforcer la résilience face au changement climatique et améliorer la sécurité d’alimentation.
- Le maintien de la performance et de l’efficience : la CRE fixe des objectifs ambitieux aux gestionnaires de réseaux en matière de maîtrise des coûts et de qualité de service, par exemple en réduisant les délais de raccordement des nouveaux clients et en incitant au déploiement de solutions innovantes de flexibilité plutôt qu’au seul renforcement physique des réseaux.
Le TURPE 7 reconduit globalement la structure tarifaire du TURPE 6 : les principes de facturation restent inchangés (abonnement selon la puissance souscrite, terme proportionnel en c€/kWh différencié selon heures pleines/heures creuses, options tarifaires adaptées aux profils de consommation comme « longue utilisation », « moyenne utilisation » ou « courte utilisation »).
Toutefois, il comporte quelques évolutions de structure importantes pour mieux répondre aux évolutions du système électrique, par exemple l’ajustement des périodes d’heures creuses afin de profiter de la production solaire excédentaire en journée.
Les évolutions tarifaires au 1ᵉʳ août 2025 (TURPE 7)
| Poste | TURPE 6 (au 1 août 2024) | Ajustement annuel (indexation) | Ajustement fév. 2025 | TURPE 7 (1ᵉʳ août 2025) |
|---|---|---|---|---|
| Distribution HTA-BT | Tarif TURPE 6 2024 | + 1 % | + 7,7 % | – 1,9 % (suppression du Facé) |
| Transport HTB | Tarif TURPE 6 2024 | + 1 % | + 9,6 % | 0 % (stable par rapport à fév.) |
| Injection (producteurs) | Composantes fixes 2024 | + 1 % | — | + 1 % (indexation annuelle) |
Initialement, le changement de TURPE à l’été 2025 laissait envisager des hausses significatives de tarifs pour les usagers. En effet, Enedis avait soumis à la CRE un dossier tarifaire qui aurait conduit à une augmentation moyenne de +18,9 % au 1ᵉʳ août 2025 par rapport aux tarifs de novembre 2024, pour financer ses besoins sur 2025-2028.
Cependant, la CRE a choisi d’anticiper en partie cette hausse dès le 1ᵉʳ février 2025, afin de limiter le choc tarifaire en août 2025. Une « évolution exceptionnelle » du TURPE 6 a ainsi été appliquée au 1ᵉʳ février 2025 : +7,7 % sur le tarif moyen de distribution HTA-BT, et +9,6 % sur le tarif de transport HTB. Cette augmentation anticipée visait à couvrir plusieurs postes de coûts en forte hausse et à apurer le solde du CRCP accumulé pendant la crise énergétique de 2022-2023, tout en lissant l’impact pour les clients.
Grâce à cette anticipation, le 1ᵉʳ août 2025 n’a pas entraîné de nouvelle hausse moyenne des tarifs réseau. Au contraire, la CRE a indiqué qu’il n’y aurait pas d’évolution « en niveau » du TURPE lors du passage de TURPE 6 à TURPE 7 en août 2025, mais uniquement des ajustements de structure tarifaire.
Évolution liée à la part distribution (TURPE HTA-BT)
Le tarif moyen baisse légèrement (≈ –1,9 % au 1/08/2025) en raison du transfert d’une charge du TURPE vers le budget de l’État. En effet, la loi de finances 2025 a acté le retrait du Fonds d’amortissement des charges d’électrification (Facé) des charges financées par le TURPE à compter d’août 2025.
Cette suppression d’une taxe parafiscale allégeant d’autant le TURPE entraîne une baisse mécanique de –1,92 % du tarif distribution. Pour les clients BT ≤ 36 kVA (tarifs réglementés), cette baisse du TURPE compense à peu près la hausse de TVA sur les abonnements (qui passent de 5,5 % à 20 %) et la légère baisse des taxes énergétiques, ce qui permet de maintenir stable le prix final TTC au 1er août 2025.
Évolution liée à la part transport (TURPE HTB)
Comme pour la distribution, aucune augmentation supplémentaire n’est appliquée au 1/08/2025. La majoration exceptionnelle de +9,61 % de février 2025 s’est avérée suffisante pour couvrir les besoins de RTE sur la nouvelle période tarifaire. Le TURPE 7 HTB entre donc en vigueur en août avec un niveau maintenu identique à celui de la grille de février.
Évolution liée aux tarifs d’injection (producteurs)
Les producteurs d’électricité (par ex. installations photovoltaïques ou éoliennes raccordées) continueront de payer un TURPE pour l’utilisation des réseaux. Ce TURPE d’injection demeure essentiellement composé de deux termes fixes (gestion administrative et comptage) et ne dépend pas de l’énergie injectée.
Au 1er août 2025, ces composantes d’injection évolueront suivant la nouvelle grille TURPE 7, sans qu’une « hausse » particulière ne soit signalée par la CRE – hormis l’indexation annuelle habituelle.
En pratique, la refonte du TURPE n’implique pas d’augmentation majeure du coût d’injection pour les producteurs, et aucune modification de structure tarifaire notable n’est prévue de ce côté-là (les principes de facturation aux producteurs restent inchangés). On notera toutefois qu’une mesure optionnelle nouvelle est introduite pour certains sites combinant injection et soutirage, ce qui est détaillé dans la section suivante.
En résumé, la transition vers TURPE 7 en août 2025 n’engendre pas de choc tarifaire additionnel sur le niveau moyen des tarifs d’acheminement. Le prochain « mouvement de niveau » du TURPE après février 2025 est d’ailleurs programmé pour le 1ᵉʳ août 2026 seulement (indexation annuelle classique). Les changements du 1/08/2025 portent donc essentiellement sur des évolutions de structure et de dispositions tarifaires au sein du TURPE 7, plutôt que sur des hausses de prix brutes.
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Principales évolutions de structure au 1ᵉʳ août 2025 (TURPE 7)
Plusieurs nouveautés et ajustements accompagnent l’entrée en vigueur du TURPE 7. Ces modifications tarifaires visent à adapter le signal prix aux nouvelles réalités du réseau et à encourager des comportements bénéfiques à la collectivité électrique.
Généralisation des heures creuses l’après-midi en été
Le TURPE 7 prévoit de revoir la définition des plages horaires tarifaires. L’objectif est de tirer parti de l’abondance de production solaire photovoltaïque disponible en milieu de journée hors hiver. Concrètement, la CRE a décidé d’introduire des heures creuses supplémentaires l’après-midi en été sur la majorité des réseaux.
À partir de l’automne 2025, Enedis commencera à modifier progressivement les plages horaires de 28 millions de points de livraison en basse tension afin d’offrir des heures creuses entre environ 11 h et 17 h durant la belle saison. D’ici fin 2027, la grande majorité des clients en option heures pleines/heures creuses disposeront d’heures creuses l’après-midi en été. En pratique, un même client pourra avoir un régime horaire différent entre l’hiver et l’été, avec des heures creuses estivales déplacées en journée.
Cette réforme encouragera le déplacement de certaines consommations (ex. climatisation, recharge de véhicules, usages modulables) vers les heures de forte production solaire, soulageant ainsi les pointes de consommation traditionnelles.
Le différentiel tarifaire entre heures pleines et creuses sera par ailleurs légèrement accentué dans TURPE 7 pour renforcer ce signal incitatif par rapport à TURPE 6. Enedis estime que environ 11 millions de clients verront concrètement leurs plages d’heures creuses modifiées par cette mesure, les autres bénéficiant déjà d’horaires adaptés localement.
Mesures liées aux compteurs Linky
Après la fin du déploiement massif des compteurs communicants Linky (achevé en 2021) et la période transitoire d’adaptation, le TURPE 7 instaure un dispositif pérenne pour facturer les surcoûts engendrés par les clients qui refusent le compteur communicant.
À partir du 1er août 2025, les utilisateurs encore dotés d’un ancien compteur électromécanique ou non communicant (hors cas d’impossibilité technique avérée) devront payer : un supplément fixe de 6,48 € tous les deux mois pour couvrir les coûts de relève manuelle, de maintenance du système ancien, etc. ; et si en plus ils ne transmettent pas régulièrement leurs index de consommation (et nécessitent des contrôles supplémentaires), un supplément additionnel de 4,14 € tous les deux mois.
Ces montants, intégrés au TURPE, évolueront chaque année avec l’inflation. Cette mesure vise à ce que les consommateurs refusant Linky supportent les coûts spécifiques qu’ils induisent (relève à pied, gestion du signal tarifaire ancien, déplacements de techniciens) plutôt que de les faire porter par l’ensemble des usagers. Elle constitue aussi une incitation financière à accepter le nouveau compteur communicant, dans le prolongement de la politique initiée en 2021-2022 (où des frais temporaires étaient déjà appliqués).
Le gouvernement et la CRE espèrent ainsi réduire progressivement le nombre de réfractaires au Linky grâce à ce signal tarifaire.
Nouveaux tarifs incitatifs pour les sites d’injection-soutirage (stockage)
Afin d’encourager l’émergence des flexibilités locales au service du réseau, le TURPE 7 met en place à titre expérimental une option tarifaire spécifique pour les installations capables à la fois de soutirer et d’injecter de l’énergie (typiquement les batteries de stockage raccordées au réseau).
Ces sites d’injection-soutirage ont la particularité de pouvoir adapter leur fonctionnement de manière contracyclique par rapport aux besoins du système électrique : ils peuvent consommer de l’électricité lorsqu’il y a un excédent de production sur le réseau, et au contraire injecter (décharger) lors des pics de consommation.
Le TURPE 7 introduit donc, de façon transitoire, un mécanisme tarifaire optionnel qui récompense ces comportements contracycliques bénéfiques pour le réseau. En pratique, les sites éligibles (par exemple, installations de stockage situées dans des zones où le réseau est dimensionné par une forte injection PV, ou à l’inverse dans des zones en aval de postes source très chargés en soutirage) pourront souscrire à cette option pour obtenir une tarification avantageuse lorsqu’ils aident le réseau en absorbant ou fournissant de l’énergie selon les besoins locaux.
L’objectif est d’inciter financièrement les batteries et autres flexibilités à lisser les flux sur les portions de réseau les plus contraintes (report de charge, écrêtage de pointe). Ce dispositif étant nouveau et complexe à mettre en œuvre, la CRE le déploie de façon progressive et transitoire durant la période 2025-2028, en ciblant d’abord les zones où l’enjeu est le plus fort. C’est un premier pas vers une tarification plus dynamique et locorégionale, qui pourrait s’étendre à l’avenir en fonction des retours d’expérience.
Renforcement de la régulation incitative des gestionnaires de réseau
En plus de ces points saillants, le TURPE 7 poursuit et renforce les mécanismes de régulation incitative existants vis-à-vis des gestionnaires de réseau (RTE et Enedis). La CRE a défini trois axes prioritaires de performance, assortis de bonus-malus financiers :
- Réduction des délais de raccordement des utilisateurs (les retards de raccordement, notamment en HTA, ayant dérivé lors du TURPE 6).
- Réalisation effective des investissements prévus tout en maîtrisant les coûts (contrôle de productivité sur les dépenses opérationnelles et d’investissement).
- Encouragement du recours aux solutions de flexibilité dans l’exploitation du réseau (effacements, ajustement de la consommation, stockage) pour différer ou éviter certains renforcement coûteux.
Ces incitations se traduisent par des indicateurs de suivi et des montants d’incitation financière plus ambitieux que lors du TURPE 6, par exemple sur la qualité de service (temps de coupure moyen), la qualité des données de comptage, ou les délais de délivrance des propositions de raccordement. Enedis dispose ainsi de moyens accrus avec le TURPE 7, mais est tenu d’atteindre des objectifs de performance en contrepartie, dans l’intérêt des usagers finaux.
Impacts pour les professionnels : coûts et contrats d’électricité
Les clients professionnels sont particulièrement attentifs à l’évolution du TURPE, car celui-ci représente une part importante de leurs charges d’électricité – souvent jusqu’à 30-40 % de leur facture énergétique.
Toute augmentation du TURPE se traduit mécaniquement par une hausse de la facture hors taxes, sauf à être compensée par d’autres baisses de postes (par exemple une baisse concomitante des prix de gros de l’électricité peut en atténuer l’effet).
Dans le cas présent, la période 2022-2025 a connu des variations exceptionnelles : les entreprises ont subi en 2022-2023 des envolées du coût de l’électricité, suivies d’une décrue des prix en 2024 ; en parallèle, le TURPE est resté relativement modéré jusqu’à l’ajustement de février 2025 (+7,7 %), qui a pu passer en partie inaperçu pour certains consommateurs grâce à la baisse des autres composantes de prix à ce moment.
À partir d’août 2025, l’impact pour les professionnels se manifestera de plusieurs façons, notamment avec la hausse des coûts d’acheminement et la modification de la structure de la facture.
Hausse des coûts d’acheminement
En moyenne, un site HTA/BT verra sur sa facture 2025 une hausse d’environ +5 % de la composante TURPE par rapport à 2024 (correspondant à la hausse nette restant après +7,7 % en fév. 2025 puis –1,9 % en août 2025).
Pour les entreprises sous contrat en offre de marché, cette évolution sera soit répercutée par leur fournisseur (si le contrat est en prix unique tout compris, le fournisseur aura intégré cette hausse dans ses tarifs ou la passera via une clause tarifaire), soit directement visible si elles paient le TURPE via un contrat d’accès au réseau séparé (CARD pour le réseau de distribution, ou CART pour le réseau de transport haute tension).
Dans tous les cas, les gestionnaires de réseau appliqueront les nouveaux barèmes TURPE 7 au 1er août 2025, et les professionnels doivent s’attendre à une légère évolution de la part « acheminement » de leur facture à cette date (à la baisse pour certains petits sites BT du fait du Facé, mais globalement stable à légèrement haussière pour les sites plus importants, qui ne bénéficient pas forcément du taux réduit de TVA sur l’abonnement).
Modification de la structure de la facture
Le passage au TURPE 7 s’accompagne d’un rééquilibrage entre la part fixe et la part variable du tarif. La suppression du Facé et la baisse du coût des pertes ont permis de diminuer légèrement la composante proportionnelle (€/kWh) du TURPE, tandis que certaines composantes fixes augmentent (abonnements, nouveaux termes spécifiques Linky, etc.).
Par exemple, la CRE a indiqué que pour un client résidentiel moyen, le nouvel abonnement TURPE engendre +23 € TTC/an tandis que la part variable baisse d’environ 27 € TTC/an, soit une facture quasiment inchangée.
Pour les professionnels, on peut en déduire que le TURPE 7 a tendance à accroître le poids des termes fixes (abonnement puissance, termes de comptage…) et à alléger le prix unitaire par kWh consommé. Les entreprises ayant un facteur de charge élevé (fonctionnant en base toute l’année) pourraient légèrement bénéficier de cette évolution, tandis que celles utilisant peu leurs puissances souscrites verront une proportion de coûts fixes plus importante.
Il est donc conseillé aux clients professionnels de réexaminer leur puissance souscrite et leur option tarifaire à l’arrivée du TURPE 7, afin de s’assurer qu’elle est optimisée pour leur profil de consommation et éviter de payer des kilovoltampères inutiles. Une adaptation de l’abonnement (monter ou descendre de tranche de puissance) peut permettre de minimiser l’impact sur le coût total.
Nouveaux horaires et gestion de la demande
Avec la généralisation des heures creuses d’été l’après-midi, les entreprises disposant d’une option heures pleines/heures creuses verront possiblement leurs plages horaires modifiées d’ici 2027 (notamment celles situées dans des zones très impactées par la production solaire).
Il faudra tenir compte de ces changements dans la gestion quotidienne : par exemple, une industrie ou un grand tertiaire équipé de batteries de stockage ou de systèmes de gestion pourra programmer davantage de consommation (climatisation, charges d’équipements) sur les nouvelles heures creuses estivales bon marché, et au contraire réduire sa charge sur les futures heures pleines plus coûteuses.
Pour les entreprises déjà dotées d’autoconsommation photovoltaïque, ces plages creuses l’après-midi pourront aussi faciliter le stockage ou l’utilisation en direct de leur surplus de production.
En somme, les professionnels sont incités à adapter leur gestion énergétique aux nouveaux signaux prix du TURPE 7. Les plus avancés pourront valoriser la flexibilité de leurs procédés (effacement en pointe, usage de groupes électrogènes ou batteries en soutien du réseau aux moments critiques, etc.), notamment si elles sont situées dans des zones éligibles au nouveau tarif injection-soutirage.
Dans ces cas, un utilisateur professionnel équipé d’un moyen de stockage pourrait souscrire à l’option spéciale et bénéficier d’une facturation réduite en échange de services rendus au réseau (par ex. consommer l’excès solaire local à midi puis restituer de l’énergie le soir de forte demande).
Incidence sur les contrats d’électricité
Du fait des changements de structure tarifaire, les grilles d’optimisation tarifaire devront être mises à jour. Par exemple, les seuils de bascule entre les options tarifaires « Longue Utilisation », « Moyenne Utilisation » et « Courte Utilisation » d’Enedis pourront évoluer légèrement en TURPE 7.
Ces options déterminent l’arbitrage entre un abonnement plus élevé et un prix du kWh plus faible, ou inversement, selon le facteur de charge du site. Il sera important pour les entreprises de vérifier qu’elles conservent la formule la plus avantageuse après le 1er août 2025.
De même, les contrats de fournitures d’électricité à prix indexé sur le TURPE ou avec répercussion du TURPE devront être relus : certains contrats pour grands comptes prévoient par exemple une révision du prix en cas d’évolution réglementaire des tarifs d’acheminement. La plupart des fournisseurs intègrent désormais ce changement dans leurs conditions.
Les entreprises doivent donc s’attendre à recevoir de la part de leur fournisseur (ou de RTE/Enedis si contrat direct) une notification des nouveaux tarifs applicables.
Enfin, les clients électro-intensifs ou hyper-électro-intensifs, pour lesquels le TURPE représente un poste majeur, veilleront à continuer de bénéficier des dispositifs d’allégement (déjà en place sous TURPE 6) tels que les plafonnements de TURPE en fonction du taux de charge ou les exonérations liées à la consommation sur certains horaires.
Ces dispositifs d’abattement devraient rester en vigueur dans TURPE 7 ; il conviendra toutefois de s’assurer des éventuels ajustements de leurs critères pour continuer à en bénéficier pleinement.
En somme, pour les professionnels, l’arrivée du TURPE 7 en 2025 se traduira par une hausse modérée mais réelle du coût réseau (après l’augmentation anticipée de début d’année), couplée à des changements dans la composition de ce coût. La bonne nouvelle est que la réforme a été calibrée pour éviter un choc brutal en milieu d’année 2025, et que certaines mesures (heures creuses supplémentaires, signaux pour le stockage) peuvent ouvrir des opportunités de réduction de facture pour les entreprises réactives et flexibles.
Il sera important, pour un gestionnaire de site ou un responsable énergie, de bien comprendre ces évolutions tarifaires et d’ajuster la stratégie de gestion de la demande et de souscription en conséquence (puissance, option tarifaire, horaires de fonctionnement) afin d’en minimiser l’impact financier.
| Scénario | Coût TURPE 2024 (€) | Coût après fév. 2025 (€) | Coût après août 2025 (€) | Variation nette 2024→2025 (%) |
|---|---|---|---|---|
| Facteur de charge élevé | 12 000 | 12 924 | 12 667 | 5,56 % |
| Facteur de charge faible | 8 000 | 8 600 | 8 428 | 5,35 % |
Exemple pour un site professionnel de référence (puissance souscrite 500 kVA) selon deux profils de consommation : un facteur de charge élevé (fonctionnement régulier) et un facteur de charge faible (usage intermittent). On observe une hausse nette d’environ 5,4–5,6 % des coûts TURPE sur l’année 2025, après l’ajustement anticipé de février et le rééquilibrage en août.
Justifications de ces évolutions par la CRE, Enedis et RTE
Les ajustements tarifaires de 2025 interviennent dans un contexte énergétique exceptionnel, et ont été motivés par plusieurs facteurs clairement identifiés par la CRE et les gestionnaires de réseaux.
Rattrapage des surcoûts de la crise 2021-2023
La flambée des prix de l’énergie en 2022, suivie des efforts de sobriété et de la baisse de consommation en 2023, ont fortement déséquilibré les comptes d’Enedis et RTE.
D’une part, le coût d’achat des pertes électriques (que doivent couvrir les gestionnaires de réseau) a explosé avec l’envolée des prix de gros, et d’autre part les volumes acheminés moindres ont réduit les recettes de TURPE perçues. Ces écarts ont alimenté un important solde négatif dans le CRCP.
Au 31 décembre 2024, le montant à compenser atteignait par exemple 2,341 Mds € pour Enedis et 532,6 M€ pour RTE. La CRE a donc jugé nécessaire une augmentation exceptionnelle du TURPE dès 2025 pour apurer ce déficit cumulé et restaurer l’équilibre financier des gestionnaires de réseau.
C’est la raison de la hausse anticipée de +7,7 %/+9,6 % appliquée en février 2025 : elle permet d’éponger les surcoûts passés dus à la crise énergétique, évitant de reporter ces charges sur les années suivantes.
Financement des investissements massifs à venir
Comme évoqué, la période 2025-2028 sera marquée par une forte accélération des investissements sur les réseaux électriques, tant en transport qu’en distribution.
RTE doit développer de nouvelles lignes (notamment pour raccorder les parcs d’éolien en mer, très coûteux en offshore) et renforcer ses interconnexions, tandis qu’Enedis doit adapter le réseau moyenne tension au boom du photovoltaïque au sol et des bornes de recharge, et remplacer ou moderniser beaucoup d’ouvrages vieillissants. Ces besoins justifient une hausse des dépenses autorisées dans le TURPE 7.
La CRE a évalué qu’il était nécessaire de donner à RTE et Enedis des moyens financiers supplémentaires pour mener à bien ces programmes, tout en s’assurant que ces derniers restent efficaces et contrôlés. Concrètement, le TURPE 7 acte une progression importante de la Base d’Actifs Régulés (BAR) des réseaux : par exemple, la BAR d’Enedis (hors projet Linky) passera d’environ 61 Mds € en 2024 à 71 Mds € en 2028, reflétant l’augmentation des investissements nets.
Enedis avait initialement demandé une hausse tarifaire de +18,9 % pour couvrir ces investissements, mais la CRE, après audits, a jugé cette requête surestimée et l’a ramenée à des niveaux plus modérés, compte tenu notamment d’hypothèses de gains d’efficacité et de cofinancements.
Néanmoins, la justification centrale demeure : sans une augmentation du TURPE, il serait impossible de financer les infrastructures indispensables à la transition énergétique et à la fiabilité du système électrique.
Maintien de la qualité et amélioration du service
Les gestionnaires de réseau ont mis en avant l’importance de préserver un haut niveau de qualité d’alimentation malgré l’extension du réseau.
Enedis doit notamment raccorder beaucoup plus vite qu’auparavant des milliers de nouveaux producteurs et consommateurs. Or, lors de la période précédente, les délais de raccordement s’étaient allongés sur certains segments (en particulier pour les gros consommateurs et producteurs HTA).
La CRE a donc intégré dans le TURPE 7 des incitations financières renforcées pour réduire ces délais et améliorer la satisfaction des utilisateurs.
Enedis s’est engagé, grâce aux moyens supplémentaires alloués, à recruter et réorganiser ses équipes afin d’accélérer les études et travaux de raccordement, sous peine de pénalités si les objectifs ne sont pas tenus. De même, RTE devra soutenir le rythme des raccordements d’énergies renouvelables (éoliens en mer, grands parcs terrestres) dans des délais compatibles avec les objectifs nationaux.
Le TURPE 7 prévoit aussi des incentives sur la qualité de service plus exigeantes (poursuite de la réduction des minutes de coupure, amélioration de la qualité des données de comptage, traitement plus efficace des réclamations clients, etc.).
Ces justifications relèvent de la promesse aux consommateurs et aux entreprises : la hausse du TURPE s’accompagne d’un engagement de résultats de la part des opérateurs, sur la continuité et la performance du service public d’électricité.
Adaptation du tarif aux évolutions du mix et équité
La CRE a justifié certaines mesures de structure (comme les heures creuses d’été, ou le tarif spécial stockage) par la nécessité d’adapter le TURPE aux changements en cours dans le mix électrique.
L’essor du solaire photovoltaïque entraîne des situations de surproduction locale en milieu de journée, et simultanément des pointes le soir ; il était donc logique d’adapter le signal tarifaire pour inciter à consommer lorsque l’électricité est abondante et moins chère (en été midi) et à alléger les pics (le soir 19 h).
Cette évolution a été largement soutenue par les acteurs consultés, qui y voient un moyen d’optimiser le réseau existant sans coûts excessifs, en modifiant simplement les comportements de consommation.
De même, l’option pour sites d’injection-soutirage a été présentée comme une étape vers une tarification plus fine valorisant les services système que peuvent rendre les consommateurs-producteurs (effacement, stockage). C’est un signal envoyé aux industriels du stockage et aux gestionnaires de flexibilités, pour qu’ils orientent leurs investissements en tenant compte des besoins des réseaux.
Enfin, la mesure sur les compteurs non communicants est justifiée par un souci d’équité entre usagers : il n’est plus acceptable que 2,1 millions de clients sans Linky génèrent des coûts supplémentaires supportés collectivement. En faisant payer ces coûts aux clients concernés (6,48 € + 4,14 € bimestriels), la CRE veut rétablir l’équité et encourager la transition numérique du réseau.
Le gouvernement soutient cette mesure, estimant qu’elle contribuera à généraliser l’usage des compteurs communicants, essentiels pour piloter la consommation et développer les offres innovantes (effacement, modulation tarifaire…).
Orientation de la politique énergétique et modération de l’impact client
Le processus d’adoption du TURPE 7 a impliqué aussi une prise en compte des orientations gouvernementales.
La ministre de la Transition énergétique a adressé en octobre 2023 un courrier d’orientations à la CRE, insistant sur la nécessité de ne pas freiner l’électrification des usages par des hausses trop brutales de tarifs, et de rechercher des solutions pour contenir la facture des consommateurs. C’est dans cet esprit qu’a été décidé le transfert du Facé au budget de l’État, afin d’alléger le TURPE à due concurrence.
Cette décision de politique publique a conduit la CRE à modifier en dernière minute son projet de grille : initialement, le TURPE 7 devait être stable (0 %) en août 2025, mais grâce à la prise en charge du Facé par l’État, il a pu être légèrement baissé (–1,92 %).
Le gouvernement a clairement annoncé que cette baisse du TURPE distribution compenserait la hausse de TVA sur les abonnements, pour neutraliser l’impact sur la facture TTC des ménages. On voit donc ici une coordination des justifications : la CRE et l’État ont travaillé de concert pour synchroniser les mouvements de tarifs réseaux et taxes, afin d’éviter des à-coups sur la facture finale des usagers.
Cette volonté de stabilisation tarifaire est apparue notamment dans la communication de juin 2025 de la CRE, où elle indique proposer une évolution nulle des tarifs réglementés de vente (TRV) d’électricité au 1er août 2025 grâce à la compensation entre la baisse du TURPE et la hausse de fiscalité.
En définitive, les hausses de TURPE de 2025 et l’architecture du TURPE 7 sont le résultat d’un équilibre recherché entre : la nécessité de donner à RTE et Enedis les moyens financiers d’investir massivement dans un réseau électrique du futur, la correction des déséquilibres passés dus à la crise énergétique, et la protection des consommateurs contre des hausses insoutenables.
La CRE souligne que, malgré l’augmentation initiale, le TURPE 7 permettra in fine de couvrir la totalité des charges prévisionnelles des gestionnaires de réseaux tout en maintenant l’effort d’efficacité interne de ceux-ci. Les gestionnaires de réseaux, de leur côté, ont accepté des objectifs de performance renforcés en échange de ces moyens : RTE devra tripler son investissement annuel d’ici 2028 et tenir ses délais, Enedis devra raccorder plus vite, mieux intégrer les ENR et standardiser ses opérations pour gagner en productivité.
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Références officielles et communications pertinentes
Décisions de la CRE
La CRE a publié ses décisions finales le 13 mars 2025 concernant les nouveaux TURPE 7, via deux délibérations officielles (n° 2025-77 pour le TURPE HTB et n° 2025-78 pour le TURPE HTA-BT).
Ces documents détaillent le niveau tarifaire retenu, la structure et le cadre de régulation incitative du TURPE 7, et ont été publiés au Journal Officiel (consultables sur Légifrance). Le résumé de ces décisions est disponible sur le site de la CRE, qui met également en ligne des annexes explicatives (par exemple un focus PDF sur la révision des heures creuses estivales et une FAQ consommateurs sur le TURPE 7).
Communiqués et actualités CRE
La CRE a communiqué à plusieurs reprises sur le sujet. Le 20 mars 2025, elle a diffusé un communiqué intitulé « La CRE publie ses décisions finales sur le TURPE 7 », qui synthétise les principaux points du nouveau tarif (motifs, chiffres clés, impacts).
Par ailleurs, le 23 juin 2025, la CRE a annoncé le maintien des TRV stables au 1er août 2025, en expliquant notamment le jeu de compensation entre TURPE et taxes – communication utile pour comprendre l’effet sur la facture TTC des petits consommateurs. Ces textes sont disponibles dans la rubrique “Actualités” du site cre.fr.
Notes d’information d’Enedis et RTE
RTE a généralement peu communiqué au grand public sur le TURPE, mais on trouve dans son rapport financier une mention du TURPE 7 HTB applicable au 1er août 2025 pour ~4 ans et de ses principes (prise en compte des investissements importants, WACC revu à 5 %).
Enedis, de son côté, adresse régulièrement des notes à ses clients régulés et aux fournisseurs. EDF a publié dès juillet 2023 un article explicatif à destination des entreprises, anticipant l’évolution du TURPE en 2025. Celui-ci détaillait le choix de février 2025 pour l’augmentation exceptionnelle et en listait les avantages pour les consommateurs (hausse lissée, concordance avec la baisse des prix énergie, etc.).
De plus, la Fédération Nationale des Collectivités Concédantes et Régies (FNCCR) a organisé en avril 2025 un webinaire d’information sur le TURPE 7 à destination des collectivités et autorités organisatrices, signe de l’attention des acteurs locaux sur ces évolutions (les supports de présentation reprennent les décisions de la CRE et leur impact local, et sont probablement disponibles via la FNCCR).
Enfin, des organisations professionnelles (Fédération Française du Bâtiment via le GMPV, Union des industriels consommateurs d’énergie, etc.) ont relayé auprès de leurs adhérents les changements du TURPE 7, notamment pour ce qui concerne l’autoconsommation photovoltaïque et les nouveaux tarifs d’injection.
FAQ « TURPE 7 » – Questions fréquentes pour les professionnels
Qu’est-ce que le TURPE 7 ?
Quand le TURPE 7 entre-t-il en vigueur ?
Pourquoi le TURPE 7 a-t-il été mis en place ?
Le TURPE 7 finance l’accélération des investissements dans les réseaux (interconnexions, raccordement des énergies renouvelables, bornes de recharge, modernisation) et compense les surcoûts liés à la crise énergétique 2022-2023, tout en introduisant de nouveaux signaux prix (heures creuses d’été, incitations stockage).
Le TURPE 7 entraîne-t-il une hausse de facture ?
Après une augmentation exceptionnelle déjà appliquée en février 2025, le TURPE 7 n’ajoute pas de hausse moyenne supplémentaire le 1ᵉʳ août 2025 ; seuls des ajustements de structure interviennent. Pour la plupart des sites professionnels, la part « acheminement » 2025 sera néanmoins supérieure d’environ 5 % à celle de 2024.
Quels changements de structure tarifaire introduit le TURPE 7 ?
Principales nouveautés du TURPE 7 :
- Heures creuses estivales étendues en journée (environ 11 h-17 h).
- Suppléments facturés aux clients qui refusent le compteur Linky.
- Option tarifaire expérimentale pour les sites d’injection-soutirage (stockage).
- Rééquilibrage vers davantage de termes fixes et une légère baisse du prix variable au kWh.
Comment le TURPE 7 impacte-t-il les entreprises ?
Pour les professionnels, le TURPE 7 :
- Augmente modérément les coûts fixes (abonnement puissance).
- Légère réduction du terme proportionnel, favorable aux sites très chargés.
- Exige une re-validation de la puissance souscrite et de l’option tarifaire (LU, MU, CU).
- Ouvre des opportunités d’optimisation via les nouvelles heures creuses et le stockage.
Le TURPE 7 concerne-t-il aussi les producteurs d’électricité ?
Comment profiter des nouvelles heures creuses du TURPE 7 ?
Que se passe-t-il si une entreprise refuse le compteur Linky sous TURPE 7 ?
À partir du 1ᵉʳ août 2025, le TURPE 7 facture :
- 6,48 € HT tous les deux mois pour la relève manuelle.
- +4,14 € HT supplémentaires si les index ne sont pas transmis. Ces montants suivent ensuite l’inflation.
Comment le TURPE 7 encourage-t-il le stockage d’énergie ?
Le TURPE 7 propose une option tarifaire expérimentale pour les sites pouvant à la fois soutirer et injecter (batteries). Ces sites bénéficient d’un tarif d’acheminement réduit lorsqu’ils soutiennent le réseau de manière contracyclique (absorption en excédent, injection en pointe).

