Changer de fournisseur d’électricité avec une facture impayée : est-ce encore possible pour les pros ?

changer de fournisseur d'énergie avec facture d'électricité impayée
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Dans un contexte économique marqué par la volatilité des prix de l’énergie et des tensions sur les trésoreries, de nombreuses entreprises s’interrogent sur la possibilité de changer de fournisseur d’électricité malgré un impayé en cours. Cette situation, bien que fréquente, soulève des enjeux juridiques, contractuels et financiers majeurs pour les professionnels.

Vous souhaitez changer de fournisseur, cela peut permettre de bénéficier d’un tarif réglementé plus compétitif ou de services mieux adaptés à ses besoins. Toutefois, la présence de factures d’électricité ou de gaz impayée,  peut constituer un frein, voire un blocage total, à cette démarche. Alors, quelles sont les règles applicables ? Quels recours en cas de litige ou d’erreur de facturation ? Et quelles sont les précautions à prendre avant toute souscription ?

Cet article vous apporte un éclairage précis sur les implications d’un impayé dans le cadre d’un contrat d’électricité professionnel, en vous guidant à travers les étapes essentielles pour sécuriser votre approvisionnement énergétique, même en situation délicate.

Une facture impayée bloque-t-elle le changement de fournisseur d'énergie ?

Pour les professionnels, la présence d’une facture d’électricité impayée  constitue un véritable obstacle au changement de fournisseur. Contrairement aux idées reçues, il ne s’agit pas seulement d’une difficulté commerciale, mais bien d’une contrainte juridique encadrée par les conditions contractuelles et la réglementation en vigueur.

En pratique, tant que la dette reste non régularisée, le fournisseur actuel peut s’opposer à la résiliation du contrat en cours. Il est en droit de refuser la clôture tant qu’un solde débiteur subsiste. Cela signifie que, même si l’entreprise trouve une offre plus compétitive ailleurs, elle ne pourra pas y souscrire tant que le litige ou l’impayé n’est pas levé.

Cette disposition vise à protéger les fournisseurs contre les risques de défaut de paiement. Elle s’applique également dans le cas d’un déménagement : sans régularisation, le transfert ou la clôture du contrat reste bloqué, empêchant toute activation chez un nouveau prestataire.

En résumé, une entreprise ne peut pas changer de fournisseur d’électricité sans avoir préalablement soldé sa dette. Il est donc impératif de régulariser la situation avant d’envisager toute démarche de résiliation de votre ancien contrat ou de souscrire à une offre.

Que risque une entreprise en cas d’impayé ?

Lorsqu’une entreprise ne règle pas sa facture d’électricité dans les délais impartis, un fournisseur peut engager une procédure de recouvrement, qui peut aboutir à une coupure ou à une réduction de puissance. Ces mesures sont strictement encadrées, mais elles peuvent avoir un impact direct sur l’activité professionnelle si elles ne sont pas anticipées.

Relances et délais réglementaires

Avant toute interruption de fourniture, le fournisseur d’électricité ou de gaz est tenu d’envoyer plusieurs relances. En général, un premier courrier est adressé après l’échéance de paiement, suivi d’un second courrier au moins 15 jours plus tard. Si la situation n’est toujours pas régularisée, un ultime avis est envoyé, laissant un délai supplémentaire de 20 jours avant l’intervention.

Intervention du gestionnaire de réseau

La coupure ou la réduction de puissance est réalisée par le gestionnaire du réseau public, généralement Enedis pour l’électricité. Dans le cadre professionnel, aucune trêve hivernale n’est applicable, contrairement aux protections accordées aux particuliers. Cela signifie qu’une entreprise peut faire l’objet d’une coupure d’alimentation en pleine période hivernale.

Réduction de puissance minimale sur votre offre d'électricité ou de gaz

Depuis 2023, certaines protections supplémentaires ont été mises en place pour les bénéficiaires d’aides publiques (notamment le chèque énergie), avec une limitation temporaire à 1 kVA pendant 60 jours. Toutefois, ces mesures s’appliquent essentiellement aux particuliers. Les professionnels, en revanche, ne bénéficient pas de ce niveau de protection.

En cas de coupure ou de réduction de puissance, l’obligation de paiement demeure. Aucune mesure technique ne suspend la dette : le professionnel reste redevable de l’intégralité des montants facturés.

Quelles sont les conséquences à long terme d’une dette d’électricité ?

Au-delà de l’impact immédiat sur la fourniture d’énergie, une facture impayée peut avoir des répercussions durables pour une entreprise. Ces conséquences sont à la fois contractuelles, juridiques et financières, et doivent être prises en compte dans toute stratégie de gestion énergétique.

Prescription légale de la dette

Pour les professionnels, le délai de prescription d’une facture d’électricité est de cinq ans à compter de sa date d’émission. Cela signifie que le fournisseur de gaz peut engager des actions de recouvrement pendant toute cette période, y compris par voie judiciaire. Ce délai est supérieur à celui applicable aux particuliers (deux ans).

Il convient de noter que ce délai peut être interrompu ou suspendu par certaines démarches (relances, mise en demeure, assignation en justice). Il ne doit donc pas être interprété comme une solution pour échapper au paiement.

Recouvrement et contentieux

Si la dette n’est pas réglée à l’amiable, le fournisseur peut faire appel à une société de recouvrement ou initier une procédure contentieuse. Des frais supplémentaires peuvent alors s’ajouter à la facture initiale, alourdissant la charge financière pour l’entreprise.

Dans certains cas, le recouvrement peut inclure des mesures conservatoires ou des inscriptions au registre des impayés, susceptibles d’impacter la crédibilité de l’entreprise auprès de partenaires financiers ou commerciaux.

Impact sur les futures souscriptions

Une entreprise ayant des antécédents d’impayés peut rencontrer des difficultés pour négocier de nouveaux contrats d’énergie. Les fournisseurs sont de plus en plus vigilants sur la fiabilité financière de leurs clients professionnels, et n’hésitent pas à imposer des garanties supplémentaires ou à refuser certains profils jugés à risque.

Pour éviter cette situation, une gestion rigoureuse des échéances et une régularisation rapide des litiges sont indispensables.

Peut-on contester une facture d’électricité professionnelle ?

Il arrive qu’une facture d’électricité professionnelle est exceptionnellement élevée ou incohérente par rapport aux consommations habituelles. Dans ce cas, il est possible de contester tout ou partie du montant facturé, à condition de respecter une procédure formelle. Toutefois, cette contestation ne suspend pas l’obligation de paiement, sauf accord explicite du fournisseur.

Identifier les causes possibles

Une surfacturation peut provenir de plusieurs sources :

  • Erreur de relevé de compteur : une auto-relève peut être demandée par le fournisseur pour vérifier les index réels.
  • Mauvaise application tarifaire : certaines anomalies peuvent découler d’un écart entre la grille tarifaire du contrat et celle enregistrée dans les systèmes du fournisseur.
  • Estimation surévaluée : en l’absence de relève réelle, certaines factures sont basées sur une estimation, parfois éloignée de la consommation effective.

Démarches de contestation

La première étape consiste à contacter directement le fournisseur par écrit (courrier recommandé ou e-mail). Il est essentiel de fournir tous les éléments utiles : copie de la facture, index relevés, contrat en vigueur, etc. Le fournisseur dispose alors d’un délai raisonnable pour analyser la demande et proposer une réponse.

En cas de confirmation d’erreur, deux options sont possibles :

  • Remboursement du trop-perçu ;
  • Report du montant en avoir sur une facture ultérieure.

Si la réclamation est rejetée et que le différend persiste, l’entreprise conserve la possibilité de saisir le Médiateur National de l’Énergie. Cette autorité indépendante peut être sollicitée gratuitement, après épuisement des recours internes.

Attention : contester ne signifie pas suspendre le paiement

Sauf mention expresse dans le contrat, la contestation ne dispense pas de payer la facture. Pour éviter des pénalités ou des mesures de recouvrement, il est parfois préférable de régler sous réserve et de poursuivre la procédure de régularisation par la suite.

Comment souscrire un nouveau contrat après régularisation ?

Une fois la dernière facture impayée réglée ou le litige résolu, l’entreprise peut entamer les démarches avant de souscrire un nouveau contrat d’électricité. Cette étape, bien que simple sur le plan administratif, doit être menée avec rigueur pour garantir une transition fluide et sécurisée.

Conditions préalables à la souscription

Avant toute chose, il convient de s’assurer que :

  • Le contrat en cours a bien été résilié par le fournisseur précédent (après solde du compte).
  • Aucun autre impayé n’est en cours sur le même site de consommation (point de livraison).
  • Les informations de facturation et de contact sont à jour.

En cas de doute, il est recommandé de vérifier auprès du fournisseur actuel ou du gestionnaire de réseau (Enedis).

Informations nécessaires pour ouvrir un nouveau contrat auprès du fournisseur

Lors de la souscription, le nouveau fournisseur vous demandera un certain nombre d’éléments obligatoires, notamment :

  • Le numéro de Point de Livraison (PDL) pour l’électricité, ou Point de Comptage et d’Estimation (PCE) pour le gaz.
  • Le nom de l’entreprise et ses coordonnées administratives (SIRET, adresse, etc.).
  • Le relevé actuel du compteur, ou un accès à la télérelève si elle est activée.

Ces informations permettent d’assurer une mise en service sans interruption et une facturation conforme à la consommation réelle.

L’accompagnement par un courtier en énergie afin de choisir votre fournisseur

Pour gagner en efficacité et bénéficier des meilleures conditions tarifaires, de nombreuses entreprises font appel à un courtier en énergie. Celui-ci peut :

  • Comparer les différentes offres du marché professionnel.
  • Négocier les modalités contractuelles (durée, prix, services associés).
  • Assister l’entreprise dans les démarches de souscription et de résiliation.

Chez ATOO Energie, notre rôle est précisément d’accompagner les professionnels dans ces démarches, en toute neutralité, et sans frais supplémentaires.

Ce qu’il faut retenir pour changer de fournisseur d'énergie

Pour les professionnels, il est impératif de régulariser toute facture impayée avant d’envisager un changement de fournisseur d’électricité. En cas de dette, la résiliation de l’ancien contrat est bloquée et la souscription à une nouvelle offre peut être refusée ou soumise à des conditions restrictives. Une bonne gestion des échéances et une anticipation des litiges sont donc essentielles pour garantir la continuité de votre alimentation électrique.

Pour aller plus loin dans l’analyse de vos charges, identifier d’éventuelles anomalies ou mieux comprendre votre consommation, nous vous invitons à consulter notre guide dédié :

Mieux comprendre sa facture d’électricité : Télécharger le livre blanc

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En résumé

Pour les professionnels, le changement de fournisseur d’électricité tout en ayant une facture impayée n’est pas directement possible. Il est impératif de régler toute dette ou de résoudre les litiges avant de pouvoir envisager une telle démarche. Cela garantit non seulement la conformité avec les régulations en vigueur mais assure également une relation saine et durable avec les fournisseurs d’énergie.

En somme, une gestion proactive des factures et des contrats d’énergie est essentielle pour maintenir la santé financière de votre entreprise et pour naviguer efficacement sur le marché de l’énergie.

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À propos de l'auteur

Ophélie BERTHOU
Ophélie BERTHOU
Ophélie Berthou est chargée de communication et marketing chez ATOO Energie depuis 2022. Spécialiste éditoriale du marché de l’énergie, elle conçoit des contenus à destination des professionnels pour décrypter l’actualité, les mécanismes de formation des prix et les points de vigilance liés aux contrats d’électricité et de gaz.