Le gestionnaire du réseau de transport d’électricité RTE souhaite soutenir la création d’une usine de câbles sous-marins en France. Ces équipements sont indispensables pour raccorder les futurs parcs éoliens en mer au réseau terrestre. D’après les informations rapportées par Les Échos, ce projet pourrait générer des commandes avoisinant les 10 milliards d’euros à l’horizon 2030-2035.
En février, RTE avait déjà lancé un appel à manifestation d’intérêt auprès des équipementiers. L’objectif était d’identifier les conditions nécessaires à la construction d’une usine nationale capable de répondre à la montée en puissance de l’éolien offshore.
Choisir un port adapté : une étape cruciale
La localisation du site reste une condition essentielle à la concrétisation du projet. « Il faut d’une part trouver un site portuaire adéquat », a déclaré RTE. Quatre ports sont actuellement à l’étude pour accueillir les infrastructures : il s’agit de plateformes maritimes en capacité d’héberger une usine avec une tour de plusieurs dizaines de mètres – nécessaire à l’enrobage des câbles – ainsi que les navires câbliers pouvant embarquer des bobines de plusieurs milliers de tonnes.
Parmi les ports évoqués, celui de Saint-Nazaire semble disposer d’atouts significatifs, bien que Brest ait également multiplié les démarches en faveur d’une implantation sur son polder.
Une usine liée à la stratégie énergétique nationale
RTE a souligné l’importance de la programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) pour donner une visibilité suffisante au projet. Le gestionnaire rappelle que « l’ambition des pouvoirs publics sur l’éolien en mer » devra être précisée afin de calibrer la capacité industrielle de l’usine.
Le décret relatif à la PPE 2025-2035, initialement prévu pour le printemps, a été reporté. Il ne devrait être publié qu’après l’examen, dès le 16 juin, d’une proposition de loi portée par le sénateur Daniel Gremillet à l’Assemblée nationale.
Une feuille de route énergétique en mutation
Ce décret, déjà validé par le Sénat, marque un tournant par rapport à la PPE précédente. Il acte notamment la relance du nucléaire, avec la planification de six nouveaux réacteurs EPR2. Il maintient cependant le cap sur le développement des énergies renouvelables, en particulier l’éolien en mer, qui reste une priorité de la transition énergétique.
RTE reste attentif au rythme des futurs appels d’offres : « Nous nous adapterons si le volume des futurs appels d’offres éoliens offshore devait finalement être davantage lissé dans le temps », a indiqué l’entreprise (Les Echos). Cette flexibilité pourrait avoir un impact direct sur la stratégie industrielle et l’équilibre économique du projet de câblerie.

