Quel est le prix du kWh de gaz en 2024 ?

L’évolution des prix du gaz est un sujet de préoccupation majeur pour les entreprises. Depuis la fin des tarifs réglementés et l’ouverture à la concurrence, comprendre les facteurs influençant le prix du kWh de gaz est crucial pour optimiser les coûts énergétiques. Cet article explore les différents aspects du prix du gaz en 2024, offrant des informations détaillées pour aider les professionnels à mieux gérer leurs contrats énergétiques.

La composition du prix du kWh de gaz naturel

Le prix du kWh de gaz facturé au consommateur final intègre plusieurs coûts tout au long de la chaîne de valeur du gaz naturel :

  • L’approvisionnement comprend les coûts d’exploration, de forage et de transport du gaz naturel sur le territoire français.
  • Le transport et la distribution englobent les frais liés au déplacement du gaz d’une ville à une autre à travers la France.
  • Le stockage inclut les coûts de conservation du gaz pour une redistribution future.
  • L’utilisation des terminaux méthaniers couvre les frais des installations nécessaires pour regazéifier le gaz naturel liquéfié (GNL).
  • Les taxes, soit les diverses taxes appliquées sur le marché du gaz, telles que la contribution tarifaire d’acheminement (CTA), l’accise sur les gaz naturels et la taxe sur la valeur ajoutée (TVA).
  • La commercialisation englobe les coûts associés à la vente du gaz aux consommateurs finaux.

Les prix proposés par les fournisseurs sur le marché du gaz peuvent varier considérablement d’une offre à une autre. Ces variations dépendent principalement de la stratégie de chaque fournisseur, incluant leur politique commerciale et les options proposées.

Les facteurs influençant le prix du kWh de gaz

Le prix du kWh de gaz n’est pas fixe et dépend de plusieurs éléments. Parmi ces éléments, on retrouve notamment la classe de consommation et la zone tarifaire.

Classes de consommation

Les classes de consommation déterminent le prix du kWh de gaz en fonction de l’utilisation spécifique par l’entreprise (cuisson, eau chaude, chauffage etc). Plus la consommation est élevée, plus le prix du kWh tend à diminuer. Voici les principales classes de consommation :

  • Base : Moins de 1000 kWh (principalement pour la cuisson).
  • B0 : Entre 1000 kWh et 6000 kWh (cuisson et production d’eau chaude).
  • B1 : Entre 6001 kWh et 30 000 kWh (chauffage individuel).
  • B2i : Entre 30 001 kWh et 150 000 kWh (petites copropriétés, PME).
  • B2S : Entre 150 001 kWh et 5 000 000 kWh (chaufferies de moyenne taille).
  • TEL : Entre 5 000 001 kWh et 8 000 000 kWh (grandes chaufferies).
  • S2S : Plus de 4 000 001 kWh (sites industriels).
  • STS : Plus de 4 000 001 kWh (entreprises industrielles).

Zones tarifaires

La zone géographique influe également sur le prix du kWh de gaz. En France, GRDF divise le territoire en différentes zones tarifaires. En effet, contrairement à l’électricité, il n’y a pas de péréquation tarifaire pour le gaz.

Ainsi, plus une entreprise est éloignée du réseau principal, plus le coût du kWh est élevé. La zone 1 correspond à l’endroit où le kWh est le moins cher. La zone 6 affiche les tarifs les plus élevés.

Pour mieux visualiser ce découpage, voici quelques exemples de villes françaises et leur zone tarifaire correspondante :

  • Zone 1 : Rouen, Lyon, Saint-Etienne.
  • Zone 2 : Paris, Besançon, Caen, Toulon.
  • Zone 3 : Nice, Chartres, Bourg-en-Bresse.
  • Zone 4 : Gap, Paimpol, Saint-Nazaire.
  • Zone 5 : Aurillac, Cahors, Pornic.
  • Zone 6 : Saint-Georges les Bains, Creuilly, Aigues-Mortes.

Chaque fournisseur peut avoir des pratiques de segmentation différentes, il est donc important de vérifier la zone tarifaire applicable à votre entreprise auprès de votre fournisseur de gaz.

Structure de la facture de gaz

Selon la Commission de Régulation de l’Énergie (CRE), la facture de gaz se décompose en trois grandes parties :

  • Le prix de la fourniture : 36% de la facture, représentant l’achat du gaz au producteur par le fournisseur.
  • Le tarif d’acheminement (ATRD) : 35% de la facture, couvrant les coûts de transport et de distribution du gaz.
  • Les taxes et contributions : 29% de la facture, incluant diverses taxes imposées sur le gaz.

Ces composantes se divisent en deux sections principales :

  • L’abonnement : La part fixe de la facture, augmentant avec la consommation.
  • Les consommations mesurées en kWh : La part variable de la facture, puisque les consommations fluctuent en fonction de l’utilisation du gaz.

Le prix repère du gaz : une boussole pour les consommateurs

La fin des tarifs réglementés du gaz naturel

Conformément à la loi Énergie Climat de septembre 2019, les tarifs réglementés du gaz pour les professionnels ont été supprimés le 1er décembre 2020. Depuis cette date, les entreprises et les professionnels doivent souscrire une offre de marché pour leur approvisionnement en gaz naturel.

En 2020, les tarifs réglementés de vente de gaz proposés par Engie ont cessé d’exister pour les petits professionnels, c’est-à-dire ceux consommant 30 MWh ou moins de gaz par an. Cela inclut notamment les artisans, commerçants, et PME.

La seule exception concernait les copropriétés consommant moins de 150 000 kWh de gaz naturel par an, qui ont pu bénéficier des tarifs réglementés d’Engie jusqu’au 1er juillet 2023, tout comme les particuliers.

Rôle du Prix Repère Gaz

Avec la disparition des tarifs réglementés, la CRE publie chaque mois un prix de référence du gaz, appelé Prix Repère Gaz. A l’époque, les fournisseurs alternatifs, concurrents d’Engie, utilisaient les tarifs réglementés du gaz comme référence pour établir leurs prix, généralement en proposant une réduction en pourcentage par rapport à ces tarifs. Aujourd’hui, le Prix Repère de la CRE joue un rôle similaire de référence. Les autres offres fixent leurs tarifs en fonction de leurs propres coûts, incluant l’acheminement, l’approvisionnement et les marges.

Ce prix repère du gaz, bien qu’initialement destiné aux particuliers, offre également une indication précieuse aux copropriétés et aux petites entreprises. Il vise à promouvoir la transparence et à aider les consommateurs à prendre des décisions éclairées en matière d’approvisionnement en gaz.

La CRE a développé une méthodologie rigoureuse pour établir ce tarif de référence, en se concentrant sur deux aspects principaux :

  • Les coûts d’approvisionnement : incluant le prix du gaz sur le marché de gros (PEG Europe).
  • Les coûts hors approvisionnement : englobant les frais commerciaux, les coûts d’acheminement et de stockage, ainsi que la rémunération du fournisseur.

Évolution du prix du gaz en 2024

En juin 2024, le Prix Repère Gaz connaît une hausse significative, avec un tarif de 0,10261 €/kWh. Ce tarif est légèrement inférieur à celui de décembre, où il était de 0,1043 €/kWh. Toutefois, le coût de l’abonnement augmente, atteignant en moyenne 23,12 €/mois.

Bien que le Prix Repère Gaz se rapprochait des tarifs réglementés de juillet 2023, il affiche une diminution en janvier 2024.

Cependant, cette baisse n’a pas été ressentie par les consommateurs en raison de l’augmentation de l’accise sur les gaz naturels en janvier 2024. Ainsi, les professionnels ayant une offre indexée sur le Prix Repère Gaz n’ont pas observé de changement par rapport à décembre. En revanche, les consommateurs ayant souscrit une offre à prix fixe ont vu une hausse de 8 €/MWh, soit 0,8 centimes/kWh.

Le Prix Repère Gaz a continué de baisser en mars 2024, atteignant 0,0929 €/kWh, grâce à une réduction de 4,66 €/MWh sur la part variable selon la CRE. Cette tendance s’explique par des prix du gaz relativement bas sur les marchés et une chute de 17,29 €/MWh de la part variable depuis décembre 2023. En avril, le prix du gaz a encore baissé de 5,4 % par rapport à mars, s’établissant à 0,08792 €/kWh TTC pour les consommateurs se chauffant au gaz.

En mai puis en juin 2024, le Prix Repère Gaz a légèrement augmenté par rapport au mois précédent, passant à 0,0894 €/kWh puis à 0,0914 €/kWh, tout en restant relativement bas.

En juillet 2024, la facture augmentera en moyenne de 11,7 % par rapport à juin 2024. Cependant, la CRE précise que le prix de référence du gaz, publié “à titre indicatif” pour juillet, restera inférieur de 3,5 % par rapport à celui de janvier. Cette hausse est principalement due à la décision prise par la CRE en février 2024 de réévaluer, pour une période de quatre ans, le tarif d’acheminement du gaz vers les habitations et les entreprises, c’est-à-dire le péage que GRDF facture aux fournisseurs.

Environ la moitié de l’augmentation des factures annoncée est liée à cette revalorisation. GRDF avait initialement demandé une hausse plus significative pour couvrir les investissements nécessaires à l’adaptation de ses réseaux, notamment pour intégrer le biométhane. La CRE a finalement opté pour une augmentation plus modérée que celle proposée.

Cette année, les tarifs de transport ont également augmenté, d’environ 15 %, pour financer de nouveaux investissements. Cependant, l’impact de ces tarifs sur la facture finale des clients est moins significatif.

kwh ou m3 de gaz : quelle unité utiliser ?

Les fournisseurs expriment le prix du gaz en kWh. Cependant, en regardant son compteur de gaz, on constate que la consommation est mesurée en mètres cubes (m3). GRDF, le gestionnaire du réseau de distribution, relève les mesures en m3, qui sont ensuite converties en kWh par les fournisseurs.

Le gaz naturel distribué en France provient de plusieurs gisements répartis sur le territoire, ce qui signifie que la composition du gaz varie. Le pouvoir calorifique du gaz dépend de l’altitude et du type de gaz (H ou B).

Pour harmoniser les différences de pouvoir calorifique, GRDF établit un coefficient de conversion du m3 en kWh, en fonction du lieu et du moment. Ce coefficient garantit que chaque consommateur paie le même prix pour la même quantité d’énergie, indépendamment de la provenance du gaz. Si la consommation de gaz était mesurée en m3, les abonnés recevraient des quantités d’énergie différentes pour un même prix, en fonction de l’origine du gaz, ce qui ne serait pas équitable.

Les offres de gaz pour les professionnels en 2024

Offres de gaz à prix fixe

Les offres à prix fixe garantissent un prix stable du kWh de gaz et de l’abonnement pendant la durée du contrat, généralement de 1 à 3 ans. Elles protègent contre les hausses potentielles des prix du marché, offrant une sécurité budgétaire appréciée.

Offres de gaz à prix indexé

Ces offres sont indexées sur le prix du marché de gros. Elles permettent de bénéficier des baisses de prix mais exposent également aux augmentations.

Offres de gaz sur-mesure

Les offres sur-mesure sont adaptées aux gros consommateurs de gaz, souvent établies sur devis pour répondre aux besoins spécifiques de chaque entreprise. Elles permettent de choisir des conditions tarifaires spécifiques, incluant éventuellement une part de biogaz.

Comparateur de gaz : trouvez le fournisseur le plus avantageux

Le prix du gaz est influencé par de nombreux facteurs, ce qui peut rendre complexe la sélection de l’offre la plus avantageuse pour une entreprise. Selon votre activité et votre profil de consommation, certaines offres seront plus appropriées que d’autres.

Pour identifier une offre compétitive et bien adaptée à vos besoins, il est recommandé d’utiliser un comparateur de prix du gaz. Cet outil vous permettra de trouver l’offre qui correspond le mieux aux besoins spécifiques de votre entreprise et à votre profil de consommation.

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