Lundi 16 juin 2025, EDF a confirmé l’existence de deux anomalies sur des tuyauteries du circuit de refroidissement du réacteur nucléaire n°2 de la centrale de Civaux, située dans la Vienne. Ces constats ont été effectués dans le cadre d’un arrêt technique programmé pour maintenance.
Deux défauts techniques identifiés
Les investigations réalisées ont révélé la présence d’une corrosion sous contrainte (CSC) sur une soudure, ainsi qu’un phénomène de fatigue thermique sur une autre. Ces deux défauts concernent des composants essentiels pour la sûreté du réacteur, utilisés notamment en cas d’incident pour le refroidissement du combustible.
La corrosion sous contrainte est un processus bien connu dans le secteur industriel : il résulte d’une combinaison de contraintes mécaniques et d’un environnement chimique favorable à la dégradation du métal. La fissure identifiée à Civaux 2 mesure entre 1 et 2 millimètres, dans une tuyauterie de plusieurs centimètres d’épaisseur.
Impact limité sur le calendrier de maintenance
Selon Régis Clément, directeur adjoint de la Division production nucléaire d’EDF, cette découverte est qualifiée « d’événement isolé ». Elle ne devrait engendrer qu’un report d’environ 15 jours de la remise en service du réacteur, désormais prévue pour le 30 juillet 2025.
EDF assure que la production globale du parc nucléaire ne sera pas affectée, ni pour l’année en cours, ni pour les suivantes. Plus de 200 contrôles ont déjà été réalisés sur un total de 350 prévus en 2025, sans révéler d’autres cas de corrosion de ce type à ce jour.
👉 Voir aussi notre article sur les conséquences tarifaires liées à la découverte de corrosion à Civaux.
Un phénomène déjà connu et surveillé
La corrosion sous contrainte a déjà fait l’objet d’une attention particulière depuis sa détection en 2021 dans d’autres réacteurs. Elle avait alors entraîné une crise industrielle majeure, avec une baisse inédite de la production nucléaire en 2022. Depuis, EDF a renforcé sa stratégie de détection et de prévention, notamment sur les 16 réacteurs les plus sensibles au phénomène.
Le réacteur Civaux 2, d’une puissance de 1 450 MW, est à l’arrêt depuis le 5 avril 2025, pour une visite partielle accompagnée d’un rechargement de combustible. EDF a d’ores et déjà procédé au remplacement de l’un des coudes concernés par la corrosion et prévoit d’intervenir rapidement sur le second.
Surveillance renforcée et continuité des missions stratégiques
EDF précise que ces incidents n’affectent pas les opérations prévues en partenariat avec le Commissariat à l’énergie atomique (CEA), notamment celles liées à la production de tritium, un élément essentiel pour la dissuasion nucléaire française.
Enfin, l’énergéticien rappelle qu’aucun signe de corrosion supplémentaire n’a été détecté sur les autres réacteurs contrôlés à ce jour. Trois nouveaux réacteurs seront examinés en 2026 dans le cadre de cette campagne de surveillance renforcée.
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