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Le marché de l’énergie en octobre 2026 – Évolution du prix de l’électricité et du gaz

prix énergie octobre 2026
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Le mois d’octobre 2026 restera marqué par une nette accélération de la hausse des prix de gros du gaz et de l’électricité, revenus à des niveaux qui rappellent la crise énergétique de 2022. En toile de fond, le conflit au Moyen-Orient continue de perturber les approvisionnements mondiaux, alors que l’Europe s’apprête à affronter l’hiver avec des réserves de gaz particulièrement faibles.

Pour les entreprises dont le contrat d’énergie arrive à échéance dans les prochains mois, ce contexte appelle à la vigilance. Entre des prix 2027 au plus haut et des stocks de gaz historiquement bas, attendre une détente rapide des marchés comporte des risques. Sécuriser dès maintenant les échéances plus lointaines, encore négociées à des niveaux plus raisonnables, peut constituer une piste intéressante pour gagner en visibilité budgétaire.

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Que s’est-il passé sur le marché de l’énergie en octobre 2026 ?

Prix du gaz : le détroit d’Ormuz fait flamber les cours

Sur le marché du gaz naturel, la situation dans le détroit d’Ormuz reste le principal facteur de tension. Le conflit avec l’Iran complique le passage des méthaniers, en particulier ceux qui transportent le GNL qatari, et réduit les volumes disponibles. Européens et Asiatiques se retrouvent ainsi en concurrence pour un nombre limité de cargaisons, ce qui oblige l’Europe à maintenir des prix suffisamment élevés pour attirer les livraisons. La crainte d’une escalade du conflit ajoute par ailleurs une prime de risque aux cotations.

Résultat : le 28 octobre, le contrat TTF néerlandais à échéance la plus proche a touché les 100 €/MWh, un seuil inédit depuis décembre 2022. Signe que les tensions s’inscrivent dans la durée, les analystes anticipent au moins une année supplémentaire de prix élevés, y compris dans l’hypothèse d’un apaisement au Moyen-Orient et d’un hiver doux.

Stocks de gaz européens : un niveau historiquement bas avant l’hiver

Cette flambée intervient alors que les stocks de gaz européens accusent un sérieux retard. Selon les données de la plateforme AGSI, ils étaient remplis à 74,93 % fin octobre, contre 82,91 % un an plus tôt. Avec 848,8 TWh en réserve, l’Union européenne affiche son plus faible niveau pour cette période depuis au moins 2011, soit 14,6 points sous la moyenne des cinq dernières années. Ce déficit remonte à la fin de l’hiver précédent, dont l’Europe était sortie avec des réservoirs remplis à seulement 28 %, contre 34 % l’année d’avant, et le remplissage stagne désormais. Certains pays, comme l’Autriche, ont même commencé à puiser dans leurs stocks avant novembre.

Les écarts entre États membres sont importants : si la France atteint 87,34 %, l’Allemagne, premier consommateur de gaz du continent, plafonne à 61,65 %, et les Pays-Bas à 65,53 %. Or, un hiver rigoureux outre-Rhin ferait grimper la demande allemande sur le marché européen, et donc les prix pour l’ensemble de ses voisins. L’Entsog prévoit que les stocks passeront sous la barre des 30 % à la sortie de l’hiver 2026-2027, quel que soit le scénario d’approvisionnement en GNL, tandis que Wood Mackenzie table sur 17 à 20 % fin mars. L’Europe devra alors reconstituer ses réserves en 2027 à partir d’un niveau très bas, ce qui explique pourquoi la pression se reporte déjà sur les prix de l’an prochain.

Prix de l’électricité : le BL CAL27 au-delà de 120 €/MWh

Le marché de l’électricité a suivi une trajectoire similaire, étroitement corrélée à celle du gaz. Le contrat BL CAL27, référence pour une livraison d’électricité en base en 2027, est passé de 89,54 €/MWh le 11 septembre à 107,09 €/MWh le 13 octobre, avant de dépasser les 120 €/MWh en fin de mois. En janvier, ce même produit s’échangeait autour de 50 €/MWh : son prix a donc plus que doublé en dix mois. À titre d’illustration, pour une entreprise consommant 1 GWh d’électricité en 2027 et n’ayant encore rien fixé, la seule hausse enregistrée entre mi-septembre et mi-octobre représentait un surcoût théorique de 17 550 € sur la part énergie. Outre le gaz, les incertitudes sur la disponibilité du parc nucléaire et hydraulique, la sécheresse et un prix du CO₂ proche de 89 €/t ont soutenu les cours.

Des échéances lointaines encore à des niveaux plus modérés

Les contrats à plus long terme restent toutefois plus abordables : à la mi-octobre, l’électricité se négociait autour de 64 €/MWh pour 2028, 59 €/MWh pour 2029 et 61 €/MWh pour 2030. Des niveaux inférieurs au coût complet moyen du nucléaire historique estimé par la CRE à 68,4 €/MWh pour la période 2029-2031, même si cette comparaison ne tient pas compte des autres composantes du prix de fourniture, comme la capacité, l’acheminement ou la commercialisation.

Versement nucléaire universel : pas de réduction en 2026 ni, a priori, en 2027

Face à cette envolée, beaucoup s’interrogent sur le rôle protecteur du versement nucléaire universel. Entré en vigueur le 1er janvier 2026 pour succéder à l’ARENH, qui permettait aux fournisseurs alternatifs d’acheter une partie de la production nucléaire d’EDF à 42 €/MWh, ce mécanisme prévoit de prélever une part des revenus du nucléaire historique lorsqu’ils dépassent 78 €/MWh (50 % entre 78 et 110 €/MWh, puis 90 % au-delà), pour la reverser ensuite aux consommateurs sous forme de réduction sur leurs factures. Mais ces seuils s’appliquent au revenu moyen annuel du parc nucléaire, et non au prix de gros du moment. Comme EDF vend une large partie de sa production longtemps à l’avance, une flambée des cours à l’automne ne suffit pas à faire basculer ce revenu au-dessus du seuil. Pour 2026, la CRE l’a évalué à 66,08 €/MWh, et un arrêté du 27 mars a fixé la réduction à 0 €/MWh. Pour 2027, l’estimation au 1er octobre s’établit à 65,50 €/MWh, toujours en deçà du seuil de déclenchement. Le VNU ne peut donc pas tenir lieu de stratégie d’achat pour les entreprises.

Énergies renouvelables : la filière réclame de la visibilité

Sur le plan politique, la filière des énergies renouvelables a tiré la sonnette d’alarme. Dans une lettre ouverte adressée au Premier ministre Sébastien Lecornu, France renouvelables, Enerplan et le Syndicat des énergies renouvelables (SER) dénoncent un manque de visibilité qui a déjà entraîné la suppression de plusieurs centaines d’emplois, gelé des recrutements et retardé des projets. Des salariés du secteur se sont également mobilisés à Paris et à Montpellier. Les trois fédérations demandent au gouvernement de tenir la trajectoire de la Programmation pluriannuelle de l’énergie (PPE) publiée en février ainsi que le calendrier des appels d’offres. « Nos entreprises attendent un signal fort et clair », ont-elles insisté, en appelant aussi à accélérer l’électrification des usages, le stockage et les solutions de flexibilité du réseau.

COP31 : la France mise sur l’électrification propre

L’électrification s’invite justement au cœur de la diplomatie climatique. À l’approche de la COP31, organisée à Antalya, en Turquie, du 9 au 20 novembre, la présidence turque propose de porter la part de l’électricité à 35 % de la demande énergétique mondiale d’ici 2035. La France souhaite aller plus loin en inscrivant cet objectif dans les décisions négociées, qui engagent l’ensemble des États par consensus, plutôt que dans les engagements volontaires. Paris défend en outre le principe d’une « électrification propre », reposant sur une production décarbonée et non sur un recours accru au charbon. Après l’échec de la COP30 au Brésil sur la sortie des énergies fossiles, ce thème est perçu comme plus fédérateur. La ministre de la Transition écologique, Monique Barbut, s’est d’ailleurs rendue à la pré-COP aux Fidji, du 5 au 8 octobre, pour renouer avec les petits États insulaires en développement, alliés historiques de la France.

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Prix du gaz naturel en octobre 2026

Un début de mois marqué par un léger répit sur l’offre de gaz

Le mois d’octobre 2026 a démarré sur une note légèrement plus favorable pour le marché du gaz naturel. Le retour des flux norvégiens et la reprise des exportations de GNL qatari par le détroit d’Ormuz ont apporté un peu d’air à un marché sous pression. Ce répit est toutefois resté fragile, car l’offre disponible demeure nettement inférieure à son niveau d’avant-conflit.

Des stocks de gaz européens en retard avant l’hiver

Dans le même temps, plusieurs facteurs ont soutenu la demande. Le manque de vent, et les contraintes pesant sur le parc nucléaire français ont obligé à recourir davantage au gaz pour produire de l’électricité. Avec l’arrivée des premières vagues de froid, cette consommation accrue a freiné la reconstitution des réserves. Mi-octobre, les stocks européens n’étaient remplis qu’à 73 %, loin des 82 % enregistrés à la même période en 2025. En fin de mois, le taux de remplissage plafonnait à 74 %, confirmant un retard préoccupant avant l’hiver.

Le PEG CAL27 au-dessus de 80 €/MWh : le CAL+1 au plus haut depuis 2022

Cette situation tendue s’est rapidement répercutée sur les marchés à terme. Le 30 octobre, le PEG CAL27, qui correspond au prix du gaz livré en France en 2027, a franchi la barre des 80 €/MWh, tandis que le CAL28 amorçait lui aussi une hausse. La pression s’est accentuée au fil des semaines : le ralentissement des approvisionnements norvégiens, lié notamment à des opérations de maintenance sur les infrastructures, ainsi que la forte concurrence de l’Asie pour attirer les cargaisons de GNL, ont propulsé le contrat CAL+1 à son plus haut niveau depuis 2022.

Les tensions au Moyen-Orient, principal moteur de la hausse des prix du gaz

En toile de fond, l’instabilité géopolitique au Moyen-Orient est restée le principal moteur de la hausse des cours. Si la douceur des températures observée en fin de mois a permis de calmer légèrement le marché, les incertitudes autour du Golfe continuent de maintenir les prix du gaz pour les professionnels à un niveau élevé.

Pour les semaines à venir, deux indicateurs seront à suivre de près : l’évolution de la demande mondiale en GNL et la situation dans le détroit d’Ormuz. Dans ce contexte volatil, les entreprises ont tout intérêt à anticiper le renouvellement de leur contrat de gaz pour sécuriser une offre adaptée à leur consommation.

Quelles perspectives pour le marché du gaz naturel ?

Pour les semaines à venir, deux indicateurs seront à suivre de près : l’évolution de la demande mondiale en GNL et la situation dans le détroit d’Ormuz. Dans ce contexte volatil, les entreprises ont tout intérêt à anticiper le renouvellement de leur contrat de gaz pour sécuriser une offre adaptée à leur consommation.

Graphique de l'évolution du prix du gaz en octobre 2026

graphique évolution des prix du gaz octobre 2026

Prix de l'électricité en octobre 2026

Une production française sous contrainte en début de mois

Le mois d’octobre 2026 s’est ouvert sur un équilibre fragile pour le système électrique français. Entre une production éolienne en berne et un parc nucléaire dont la disponibilité restait limitée, la France a dû solliciter davantage ses centrales à gaz pour répondre à la demande. À cela s’est ajoutée une sécheresse persistante, qui a réduit la production hydroélectrique et renforcé les incertitudes sur la capacité de production nationale.

Le BL CAL27 au-dessus de 120 €/MWh

Sur le marché à terme de l’électricité, ce contexte a rapidement tiré les prix vers le haut. La flambée du prix du gaz, combinée aux doutes sur la disponibilité des centrales nucléaires et hydrauliques, a permis au contrat de référence pour une livraison en 2027 en base (BL CAL27) de dépasser les 100 €/MWh dès le début du mois, et ce malgré un recul temporaire des quotas de CO₂. Le mouvement haussier s’est poursuivi au fil des semaines sur l’échéance 2027, jusqu’à porter le BL CAL27 au-delà des 120 €/MWh en fin de mois. Les contrats pour les années suivantes sont, quant à eux, restés à des niveaux plus modérés.

Le prix du CO₂, un facteur de hausse supplémentaire

Après ce repli passager, le prix du carbone a repris de la vigueur pour s’établir autour de 89 €/t en fin de mois. Le recours accru aux moyens de production les plus émetteurs, comme les centrales thermiques, augmente mécaniquement le besoin en quotas, dont le coût se répercute ensuite sur le prix de l’électricité pour les professionnels.

La réforme de l’EU ETS au cœur des incertitudes

Tout au long du mois, les acteurs du marché ont suivi avec attention les discussions sur la révision du système européen d’échange de quotas d’émission (EU ETS). Les débats portent notamment sur l’avenir des allocations gratuites accordées à l’industrie, un sujet susceptible d’influencer durablement le prix du CO₂ et, par ricochet, celui de l’électricité.

Quelles perspectives pour les prix de l’électricité cet hiver ?

En fin de mois, les prix à terme de l’électricité restaient étroitement liés à l’évolution du marché du gaz, lui-même sous tension en raison de la situation au Moyen-Orient et du resserrement de l’offre en Europe. Pour l’hiver, deux éléments seront décisifs : la disponibilité du parc nucléaire, qui s’améliore progressivement malgré le déficit de précipitations, et la production hydroélectrique, toujours en retrait. Dans ce climat incertain, anticiper la renégociation de son contrat d’électricité reste la meilleure façon pour une entreprise de sécuriser son budget énergétique.

Graphique de l'évolution du prix de l'électricité en octobre 2026

graphique évolution prix électricité octobre 2026

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À propos de l'auteur

Ophélie Berthou
Ophélie BERTHOU
Ophélie Berthou est chargée de communication et marketing chez ATOO Energie depuis 2022. Spécialiste éditoriale du marché de l’énergie, elle conçoit des contenus à destination des professionnels pour décrypter l’actualité, les mécanismes de formation des prix et les points de vigilance liés aux contrats d’électricité et de gaz.