Le mois de mai 2026 s’est inscrit dans un contexte énergétique toujours marqué par un niveau élevé d’incertitude. Entre tensions géopolitiques persistantes, enjeux de sécurité d’approvisionnement et accélération des politiques de transition énergétique, les acteurs du marché ont dû composer avec un environnement complexe, où les facteurs internationaux continuent de jouer un rôle déterminant dans l’évolution des équilibres énergétiques.
Pour les prochains mois, l’attention restera portée sur plusieurs sujets majeurs : l’évolution de la situation au Moyen-Orient, la capacité de l’Europe à sécuriser ses approvisionnements pour l’hiver prochain, mais aussi les décisions politiques et industrielles qui façonneront le système énergétique de demain. Le développement de l’électrification, les investissements dans les infrastructures énergétiques et les avancées des grands projets nucléaires devraient ainsi continuer d’animer l’actualité du secteur dans un contexte où souveraineté énergétique et décarbonation demeurent plus que jamais étroitement liées.
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Que s’est-il passé sur le marché de l’énergie en mai 2026 ?
Un contexte géopolitique toujours sous tension
Le mois de mai 2026 a été marqué par un environnement énergétique toujours fortement influencé par les tensions géopolitiques internationales, en particulier au Moyen-Orient. Les inquiétudes autour du détroit d’Ormuz, point de passage stratégique pour les flux mondiaux de gaz naturel liquéfié, ont alimenté les craintes d’une hausse durable des prix du gaz en Europe et compliqué davantage les perspectives de reconstitution des stocks avant l’hiver. Dans le même temps, la concurrence croissante de l’Asie pour l’accès aux cargaisons de GNL a renforcé les tensions sur l’approvisionnement européen, alors même que les importations de GNL reculaient sous l’effet d’une demande saisonnièrement plus faible et de plusieurs opérations de maintenance sur les infrastructures gazières.
Des marchés de l'électricité attentifs à la météo
Cette situation a continué d’influencer les marchés de l’électricité. Les prix à terme sont restés soutenus par l’évolution du gaz et du carbone, tandis que les acteurs du marché ont suivi avec attention les prévisions météorologiques pour l’été. Après plusieurs semaines de craintes liées à une possible sécheresse, des perspectives plus humides et orageuses ont apporté un certain soulagement en réduisant les risques pesant sur la production hydraulique et nucléaire française. Malgré cela, les marchés demeurent prudents face à l’éventualité d’épisodes de chaleur susceptibles d’accroître la consommation électrique et de limiter la disponibilité de certaines capacités de production.
L'électrification au cœur de la stratégie française
Au-delà des évolutions conjoncturelles, le mois de mai a également été marqué par plusieurs annonces structurantes pour l’avenir du système énergétique français. Le gouvernement a réaffirmé sa volonté d’accélérer l’électrification de l’économie afin de réduire la dépendance aux énergies fossiles importées, tout en renforçant la compétitivité industrielle du pays. Cette stratégie s’accompagne d’investissements dans les infrastructures de recharge pour véhicules électriques, le développement des pompes à chaleur et le soutien à l’industrie.
Dans le même esprit, le débat sur la fiscalité énergétique a gagné en intensité. Plusieurs acteurs plaident désormais pour un rééquilibrage des taxes en faveur de l’électricité bas-carbone afin d’encourager l’électrification des usages industriels.
Le nucléaire dans une phase décisive
Le nucléaire est également resté au cœur de l’actualité. Le programme EPR2 est entré dans une phase déterminante, avec des enjeux majeurs liés au financement, à l’organisation industrielle, à la sécurisation de la chaîne d’approvisionnement et aux validations réglementaires encore attendues. Le report du premier béton du futur réacteur de Penly à 2029 illustre la volonté d’éviter les difficultés rencontrées sur les précédents grands projets nucléaires, même si plusieurs étapes décisives restent à franchir avant la décision finale d’investissement.
Des avancées concrètes dans la transition énergétique
Les tendances de fond de la transition énergétique se sont par ailleurs confirmées. Les dernières données publiées par l’ADEME montrent une diminution significative des consommations énergétiques dans le parc tertiaire depuis 2010, accompagnée d’une baisse marquée des émissions de CO₂. La part de l’électricité dans les consommations de ces bâtiments continue de progresser, tandis que celle du gaz recule progressivement. Du côté des ménages, les températures particulièrement douces observées au printemps ont contribué à réduire les dépenses consacrées à l’énergie, pesant sur la consommation globale.
La sécurité énergétique, priorité mondiale
À l’échelle mondiale, les investissements énergétiques poursuivent leur réorientation vers les infrastructures électriques, les énergies renouvelables, le stockage et le nucléaire. Selon l’Agence internationale de l’énergie, la recherche de sécurité d’approvisionnement constitue désormais un moteur majeur des stratégies énergétiques. Les États cherchent à diversifier leurs sources d’énergie, à renforcer leurs infrastructures et à développer davantage de capacités de production locales afin de limiter leur exposition aux crises géopolitiques. Une dynamique qui confirme que la transition énergétique est désormais indissociable des enjeux de souveraineté économique et de sécurité énergétique.
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Prix du gaz naturel en mai 2026
En mai 2026, les prix du gaz naturel sont restés globalement soutenus malgré quelques phases d’accalmie. Les marchés ont continué d’intégrer une importante prime de risque liée aux tensions géopolitiques au Moyen-Orient, notamment en raison des incertitudes autour des négociations entre les États-Unis et l’Iran et des risques pesant sur le détroit d’Ormuz, un axe stratégique pour les flux mondiaux d’énergie.
Parallèlement, plusieurs facteurs structurels ont maintenu la pression sur les cours. Les opérations de maintenance et les baisses ponctuelles de production en Norvège ont limité l’offre disponible, tandis que l’Europe accuse un retard dans la reconstitution de ses stocks de gaz par rapport à l’année précédente. À la fin du mois, les niveaux de stockage restaient nettement inférieurs à ceux observés en 2025, renforçant les inquiétudes pour l’hiver prochain.
Le marché européen demeure également confronté à une forte concurrence avec l’Asie pour l’approvisionnement en gaz naturel liquéfié (GNL), ce qui complique les efforts de remplissage des stocks et contribue à maintenir les prix à des niveaux élevés.
Quelques améliorations ponctuelles ont néanmoins permis de limiter temporairement les tensions sur le marché au cours du mois, notamment grâce au retour progressif des exportations norvégiennes, à l’afflux de cargaisons de GNL américain et à une demande asiatique parfois moins dynamique. Ces éléments sont toutefois restés insuffisants pour modifier durablement l’équilibre du marché ou enclencher une baisse significative des prix, qui sont demeurés particulièrement sensibles à l’évolution du contexte géopolitique ainsi qu’aux tensions persistantes sur l’offre mondiale de gaz.
Graphique de l'évolution du prix du gaz en mai 2026

Prix de l'électricité en mai 2026
Le marché de l’électricité a évolué dans un contexte contrasté, marqué par une forte volatilité sur le marché Spot et une absence de tendance claire sur les marchés à terme.
Côté spot, les prix de l’électricité ont été fortement influencés par les conditions météorologiques et le niveau de production des énergies renouvelables. L’alternance entre périodes de forte production solaire, épisodes de faible production éolienne et variations de température a entraîné d’importants écarts de prix au cours du mois. Les températures plus fraîches observées en début de période ont soutenu la demande, tandis que les épisodes de chaleur et l’abondance de production solaire ont ensuite contribué à modérer la consommation sur certaines plages horaires, accentuant la volatilité intrajournalière.
Sur les marchés à terme, les prix sont restés étroitement liés à l’évolution des marchés du gaz et du carbone, eux-mêmes influencés par les tensions géopolitiques persistantes. La hausse du gaz a notamment contribué à maintenir une pression haussière sur les prix de l’électricité, dans un contexte où la production renouvelable, et particulièrement éolienne, est restée globalement limitée.
Le marché du carbone est également resté un facteur de soutien des prix. Les quotas d’émission de CO₂ se sont maintenus autour de 74 à 75 €/t, portés par les discussions autour de l’évolution du système européen d’échange de quotas d’émission (EU ETS). Les perspectives d’un durcissement des règles d’allocation et d’un éventuel rapprochement avec le marché britannique (UK ETS) alimentent les anticipations d’une offre plus restrictive à l’avenir, un élément susceptible de peser davantage sur les coûts énergétiques des entreprises dans les prochains mois.
Graphique de l'évolution du prix de l'électricité en mai 2026

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