COP28 : accord historique sur une transition hors des combustibles fossiles

La COP28 s’est tenue à Dubai du 30 novembre au 12 décembre 2023. Elle vient de prendre fin sur une note historique avec l’approbation unanime d’un projet d’accord appelant à une transition hors des énergies fossiles. Cet accord pousserait ainsi les pays à abandonner les énergies fossiles dans un contexte de lutte contre le changement climatique. Dès l’ouverture de la séance plénière, le président Sultan al Jaber a annoncé cette décision “historique pour accélérer l’action climatique”. Une victoire saluée par Agnès Pannier-Runacher, la ministre française de la Transition énergétique, comme “une victoire du multilatéralisme et de la diplomatie climatique”.

Un appel à la transition hors des énergies fossiles

Le projet d’accord, fruit d’intenses négociations, est un compromis soigneusement élaboré. Il encourage les pays à “transitionner hors des énergies fossiles dans les systèmes énergétiques de manière juste, ordonnée et équitable”. En revanche, l’accord ne mentionne pas la sortie progressive des énergies fossiles (”phase out”). Cela reflète les subtilités des débats et la nécessité d’un consensus entre les différentes parties, des défenseurs de l’environnement aux pays producteurs de pétrole.

Des objectifs ambitieux et technologiques

Chaque mot du texte a été pesé avec soin pour obtenir un consensus. Le projet appelle à accélérer la transition au cours de cette décennie cruciale, avec des objectifs clairs tels que le triplement des capacités d’énergies renouvelables d’ici à 2030 et le doublement de l’efficacité énergétique. Les technologies, y compris le nucléaire et la capture du carbone, sont mentionnées, offrant aux pays la liberté de choisir leur approche pour réduire les émissions.

Un consensus surprenant : l'OPEP et les pays producteurs acceptent

La semaine précédant la clôture de la COP28, l’OPEP avait fait pression contre tout accord sur les énergies fossiles. Cependant, lors des dernières heures de la conférence, des pays producteurs de pétrole, dont l’Arabie saoudite, se sont finalement rangés derrière le texte. Une décision qui a surpris certains observateurs, soulignant le pouvoir du consensus dans ces négociations cruciales.

Les prochaines étapes de la transition

Avec l’adoption de cet accord historique, la COP28 marque un tournant dans la lutte contre le changement climatique. Les objectifs ambitieux fixés ouvrent la voie à une transition significative vers des énergies plus durables. Reste à voir comment les pays mettront en œuvre ces changements et à quel point la transition sera rapide et efficace.

Pour la ministre Agnès Pannier-Runacher, cette COP28 représente une victoire diplomatique et une reconnaissance historique de l’énergie nucléaire. Le texte mentionne à plusieurs reprises la contribution de l’énergie nucléaire à la lutte contre le changement climatique, une avancée saluée comme une étape importante.

Malgré le soulagement exprimé par de nombreuses ONG, certaines réserves subsistent. Si le texte représente un progrès, il ne va pas assez loin pour certains, qui regrettent notamment la mention du stockage de carbone, qualifié de “distraction dangereuse”.

La COP28 encourage les nations à explorer des méthodes favorisant la capture et le stockage du carbone. Cette initiative trouve un soutien particulier parmi les États dépendants des hydrocarbures, car elle maintient la possibilité de poursuivre l’extraction d’hydrocarbures. Lors de sa visite à Blagnac le 11 décembre, le président Emmanuel Macron avait manifesté un intérêt pour l’innovation dans ce secteur.

Toutefois, diverses organisations non gouvernementales, à l’instar d’Action Climat Canada, ont vivement critiqué cette composante du texte. Néanmoins, le consensus obtenu signifie que la transition hors des énergies fossiles est désormais une réalité incontestable.

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