Le 22 mai 2025 à Vilnius, le chancelier allemand Friedrich Merz et le président lituanien ont tenu une conférence de presse conjointe, en marge d’une cérémonie militaire. Cette visite s’inscrit dans un contexte de détente diplomatique entre Berlin et Paris sur la question énergétique.
Berlin prône la liberté des mix énergétiques
Le 23 mai, un porte-parole du ministère allemand de l’Économie a réaffirmé que chaque pays devait rester libre de définir son propre mix énergétique. Le gouvernement allemand se dit déterminé à respecter ces choix et à rester « ouvert à toutes les technologies ». Cette position pourrait favoriser un dialogue plus constructif avec la France.
Une nouvelle ère pour le nucléaire en Europe ?
Longtemps opposés sur le nucléaire, les deux pays semblent amorcer un rapprochement. Le ministre français de l’Énergie, Marc Ferracci a déclaré que les Allemands étaient « prêts » à sortir de « la guerre de religion » autour de cette technologie. Paris milite depuis longtemps pour que le nucléaire soit traité équitablement face aux énergies renouvelables dans les textes européens.
Une complémentarité de trajectoires énergétiques
Avec 57 réacteurs en activité, la France dispose d’un mix électrique parmi les plus décarbonés d’Europe. Elle défend le principe de neutralité technologique, afin que le nucléaire soit reconnu comme une énergie bas carbone à part entière. L’Allemagne a fait un autre choix. Depuis la fermeture de ses derniers réacteurs en 2023, elle mise sur les renouvelables, le gaz et l’hydrogène pour mener sa transition énergétique.
Une tribune commune pour une stratégie alignée
Début mai, Emmanuel Macron et Friedrich Merz ont publié une tribune conjointe dans Le Figaro appelant à un réalignement énergétique basé sur la neutralité climatique et technologique. Ils y défendent une approche non discriminatoire à l’égard des énergies bas carbone au sein de l’UE.
Des divergences persistent à Berlin
Malgré ce changement de ton, l’unité n’est pas totale au sein du gouvernement allemand. Le ministre de l’Environnement, Carsten Schneider a vivement critiqué toute assimilation du nucléaire aux énergies durables. Le ministère de l’Économie, de son côté, temporise en indiquant que les décisions seront prises au cas par cas.

