Point hebdo : le marché de l’énergie du 12 au 16 juin 2023

ATOO Energie vous dévoile son point hebdo sur le marché de l’énergie du 12 au 16 juin 2023. Dans cet article, découvrez les faits marquants de la semaine, ainsi que l’évolution des marchés de l’électricité et du gaz naturel. Enfin, nous partageons avec vous, deux articles de presse pour tout savoir sur le secteur de l’énergie.

Que s'est-il passé la semaine dernière ?

Forte hausse des prix du gaz naturel en raison de la baisse de production norvégienne

Les prix du gaz naturel, qui étaient au plus bas depuis deux ans il y a seulement deux semaines, continuent d’augmenter. Jeudi dernier, le 15 juin 2023, le contrat à terme du TTF néerlandais, considéré comme la référence européenne, a augmenté de plus de 14% à 43,85 €/MWh, atteignant un sommet de 44,75 €/MWh, le prix le plus élevé depuis début avril. 

Selon les analystes d’Energi Danmark, « Plusieurs interruptions de la production norvégienne, combinées (…) ont entraîné une augmentation de plus de 50% (des cours) des contrats à terme les plus échangés » sur le marché européen. En raison de la situation en Ukraine, la Norvège est devenue le principal fournisseur de gaz naturel en Europe. Cependant, une fuite de gaz à l’usine GNL d’Equinor à Hammerfest a contraint la Norvège à la fermer, ce qui a fait monter les prix. En conséquence, les flux de gaz via les gazoducs norvégiens vers l’Europe continentale et le Royaume-Uni ont fortement diminué. 

Malgré cette hausse des prix, les analystes estiment que la situation n’est pas dramatique pour les marchés gaziers européens, car ils sont actuellement en surabondance en raison de la faible demande.  

La France salue l’accord européen sur les énergies renouvelables

Samedi, la France s’est félicitée de l’accord européen sur la directive énergies renouvelables, considéré comme répondant aux attentes de Paris, suite à une réunion des ambassadeurs de l’Union Européenne. En effet, les ambassadeurs de l’UE à Bruxelles ont négocié un objectif de 42,5% d’énergies renouvelables dans la consommation énergétique de l’Europe d’ici 2030. La ministre de la Transition énergétique, Agnès Pannier-Runacher, a souligné que cet accord offrait une visibilité aux investisseurs tout en positionnant l’Europe en tant que leader de la transition énergétique vers la neutralité carbone d’ici 2050. La ministre a également noté que l’accord reconnaissait le rôle du nucléaire dans la décarbonation de l’Europe, un point crucial pour la France. 

Les divergences entre les États membres concernant la reconnaissance du nucléaire, notamment comme source de production d’hydrogène décarboné, avaient persisté pendant plusieurs mois. Cette opposition entre les partisans et les opposants au nucléaire s’était traduite par la création de l’alliance du nucléaire par la France, regroupant une quinzaine d’États, face à l’Allemagne et aux partisans des énergies renouvelables qui étaient contre l’énergie nucléaire. Les négociations de vendredi ont notamment abouti à l’adoption d’un projet de règlement sur les carburants pour l’aviation, appelé Refuel EU aviation. Agnès Pannier-Runacher s’est réjouie du compromis adopté, soulignant qu’il reconnaissait pleinement l’hydrogène d’origine nucléaire et fournissait un cadre ambitieux pour la décarbonation du secteur aérien. 

La ministre a souligné l’importance de ce texte, qui était attendu, suite aux annonces par l’Élysée d’un plan d’aide de 2,2 milliards d’euros pour le développement d’un avion “zéro émission” en France, en prévision de l’ouverture du plus grand salon aéronautique du monde au Bourget. En ce qui concerne le secteur agricole, la France a obtenu des garanties de la Commission concernant les usines d’ammoniac engagées dans des investissements de décarbonation. Il convient de noter que ces textes doivent encore être formellement entérinés par le Parlement européen et le Conseil européen dans les prochaines semaines. 

EDF doit justifier la prolongation de ses réacteurs nucléaires au-delà de 60 ans

Pour atteindre ses objectifs climatiques, la France souhaite prolonger la durée de vie de ses réacteurs nucléaires jusqu’à 60 ans et au-delà. Les éléments nécessaires à l’élaboration de la future Programmation Pluriannuelle de l’Énergie (PPE), prévue pour l’été 2023, se mettent progressivement en place. RTE a récemment révisé à la hausse ses prévisions de consommation électrique d’ici 2030, ce qui nécessite un déploiement massif de moyens de production renouvelable. 

Le gouvernement a également annoncé sa volonté de relancer la construction de nouveaux réacteurs nucléaires à partir de 2035. Cependant, pour respecter les engagements climatiques de la France d’ici là, il est urgent de prolonger la durée de vie du parc existant. Les 54 réacteurs français, mis en service entre 1978 et 1999, étaient initialement prévus pour une utilisation minimale de 40 ans. En 2021, l’Agence de sûreté nucléaire (ASN) a estimé qu’une prolongation au-delà de 40 ans ne poserait pas de problèmes majeurs. Mais le gouvernement souhaite aller au-delà de cette durée et vise une prolongation jusqu’à 60 ans et plus pour le maximum de réacteurs. 

Dans une note publiée le 14 juin 2023, l’ASN a demandé à EDF de fournir des informations complémentaires pour justifier ces prolongations. Elle a notamment soulevé deux sujets qui pourraient empêcher cette prolongation : 

  • Le premier concerne la résistance mécanique de certaines parties des principales tuyauteries du circuit primaire de plusieurs réacteurs, appelées “coudes E”. Selon l’ASN, la résistance de ces coudes en acier inoxydable diminue pendant les 40 à 60 premières années en raison de l’exposition à la chaleur, avant de se stabiliser à des valeurs potentiellement très faibles. Étant donné que ces coudes font partie du circuit primaire de refroidissement et sont directement soudés à la cuve, ils sont donc difficiles à remplacer. Ce problème concerne cinq réacteurs situés dans cinq centrales différentes : Tricastin (Drôme), Blayais (Gironde), Saint-Laurent-des-Eaux (Loir-et-Cher), Dampierre (Loiret) et Paluel (Seine-Maritime).  
  • Le deuxième sujet concerne une centrale unique de quatre réacteurs, située à Cruas, en Ardèche. L’ASN demande à ce que le séisme survenu au Teil le 11 novembre 2019 soit pris en compte pour cette centrale. Ce séisme de magnitude 5, situé dans la même zone sismique que le site de Cruas, a révélé la présence de failles qui n’étaient pas considérées comme actives et qui ont provoqué une rupture se propageant jusqu’à la surface du sol. Julien Collet, directeur général adjoint de l’ASN, a expliqué que si une faille passe sous le site nucléaire et qu’il est possible qu’elle se propage au sol, cela pose des problèmes de résistance qui n’ont pas été examinés jusqu’à présent. 

L’autorité conclut en rappelant que d’autres facteurs, tels que la prise en compte des effets attendus du changement climatique, doivent également faire l’objet d’une attention particulière pour envisager un fonctionnement jusqu’à 60 ans. 

Focus sur le marché du gaz naturel

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Les prix spot du gaz naturel ont augmenté la semaine dernière, clôturant à 33,544 €/MWh le vendredi 16 juin.  

Les PEG CAL-24 et CAL-25 ont également augmenté, atteignant respectivement un pic de 53,737 €/MWh et 46,300 €/MWh le jeudi 15 juin. Ils ont finalement baissé en fin de semaine, puisqu’ils s’élevaient à 49,800 €/MWh et 43,581 €/MWh le vendredi 16 juin, soit une hausse globale de 9,39% pour le PEG CAL-24 et de 3,19% pour le PEG CAL-25, depuis le vendredi 9 juin. 

Les prix ont fortement augmenté la semaine dernière en raison du prolongement de la maintenance de l’usine de traitement de gaz Nyhamna en Norvège. Cette maintenance devrait ainsi durer jusqu’au 15 juillet au plus tôt. Elle est due à des problèmes avec le système de refroidissement, ce qui réduit donc la capacité d’exportation journalière de gaz. Or, 25% de la consommation de gaz de l’Union Européenne vient de Norvège. 

D’autre part, la demande accrue pour la production d’électricité joue également un rôle dans la hausse des prix du gaz. En effet, la production renouvelable est en baisse alors que la demande augmente en raison des conditions météorologiques.  

Enfin, en plus des niveaux de stockage de gaz confortables, les acheteurs asiatiques ne semblent pas vouloir proposer de prix trop élevés pour le GNL, ce qui devrait contrebalancer les mouvements actuels du marché.  

Focus sur le marché de l'électricité

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Les prix spot de l’électricité ont également augmenté la semaine dernière, clôturant à 127,05 €/MWh le vendredi 16 juin, soit une hausse de 48,93% depuis le vendredi 9 juin.  

Les prix futurs ont suivi la même tendance. En effet, le CAL-24 s’élevait à 193,22 €/MWh le vendredi 16 juin, soit une hausse de 5,23% depuis le vendredi 9 juin. Le CAL-25, quant à lui, s’élevait à 144 €/MWh le vendredi 16 juin, soit une hausse de 4,04% depuis le vendredi 9 juin.  

Les prix de l’électricité ont bondi la semaine dernière car, comme très souvent, lorsque le prix du gaz flambe, le prix de l’électricité repart à la hausse. Par ailleurs, la hausse des prix des émissions de CO2, ainsi que les prévisions de baisse de production d’énergies éolienne et solaire, ont poussé les prix de l’électricité à la hausse. En effet, les prix des émissions de CO2 ont passé la barre des 90 €/t. 

Les vagues de chaleur qui sévissent dans une partie de l’Europe ont entrainé une augmentation de la demande d’électricité en termes de refroidissement et de climatisation.  

Vu dans la presse

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