Point hebdo : le marché de l’énergie du 5 au 9 juin 2023

ATOO Energie vous dévoile son point hebdo sur le marché de l’énergie du 5 au 9 juin 2023. Dans cet article, découvrez les faits marquants de la semaine, ainsi que l’évolution des marchés de l’électricité et du gaz naturel. Enfin, nous partageons avec vous, deux articles de presse pour tout savoir sur le secteur de l’énergie.

Que s'est-il passé la semaine dernière ?

Crise énergétique : l’Europe a réduit ses émissions de CO2 liées à l’énergie

L’invasion de l’Ukraine par la Russie a engendré une explosion des prix du gaz. Toutefois, selon Eurostat, cette crise a eu au moins un effet positif : les émissions de CO2 liées à l’utilisation des énergies dans l’UE ont diminué de 2,8% l’année dernière, s’élevant à 2,4 milliards de tonnes. En effet, les différentes sources d’énergie fossile, qui jouent un rôle majeur dans le réchauffement climatique, ont connu des évolutions diverses. Les émissions de charbon et de pétrole ont plus ou moins augmenté, tandis que celles liées au gaz naturel ont chuté de 13%. Selon Eurostat, cette baisse reflète notamment les efforts consentis par les pays de l’UE pour atteindre les objectifs volontaires de réduction de la demande mis en place en août 2022. 

En prévision des perturbations de l’approvisionnement en gaz russe après l’invasion de l’Ukraine, les pays européens ont volontairement réalisé des économies avant l’hiver. Les baisses les plus importantes ont été enregistrées aux Pays-Bas, au Luxembourg et en Belgique, tandis que la Bulgarie, le Portugal et Malte se retrouvent en bas du classement avec des émissions en hausse. Cependant, cette tendance à la baisse se limite aux frontières de l’UE. Au niveau mondial, les émissions de CO2 liées à l’énergie ont à nouveau augmenté en 2022, atteignant un nouveau record de 36,8 milliards de tonnes, selon un rapport de l’Agence internationale de l’énergie (AIE) publié en mars. Cependant, cette augmentation est moindre que celle de l’année précédente, s’élevant à 0,9% contre 6%, et elle est également inférieure aux prévisions en raison du développement des énergies et des technologies vertes. Néanmoins, l’utilisation accrue des énergies fossiles, due à l’augmentation des épisodes climatiques extrêmes et des problèmes de fonctionnement de nombreux réacteurs nucléaires, a alourdi le bilan. 

Le rapport de l’AIE a estimé que les émissions de l’UE ont reculé de 2,5% (un chiffre très proche de celui d’Eurostat), attribuant cela à une augmentation record des énergies renouvelables en remplacement du charbon. En revanche, aux États-Unis, les émissions ont augmenté de 0,8%, en raison d’une forte demande énergétique due à des températures extrêmes. La Chine, confrontée à des restrictions liées au Covid, a maintenu ses émissions au même niveau, tandis que dans le reste de l’Asie, elles ont augmenté de 4,2%, stimulées par la croissance économique. 

Selon RTE, la consommation d’électricité de la France va fortement augmenter d’ici à 2035

Selon un rapport publié par RTE, le gestionnaire du réseau de transport d’électricité, la consommation électrique de la France devrait augmenter plus rapidement que prévu. Avec les objectifs climatiques de l’Union européenne et la volonté de réindustrialisation du pays, RTE estime que la consommation électrique sera comprise entre 580 et 640 TWh d’ici 2035, alors qu’en 2021, la France a produit 522 TWh d’électricité. Jusqu’à présent, RTE se basait sur un scénario de référence de 540 TWh et un scénario de réindustrialisation profonde de 585 TWh.  

Le défi est important car l’ouverture du premier EPR2 est prévue pour 2035, et la production nucléaire dépendra des réacteurs en service. En effet, seul l’EPR de Flamanville pourra ajouter de la production électrique nucléaire d’ici là, et l’enjeu sera plutôt que tous les réacteurs en service aujourd’hui, le soient toujours en 2035. 

Cette accélération de la consommation va contraindre le pays à doubler sa production d’énergies renouvelables à l’horizon 2035. Les énergies renouvelables, telles que l’éolien et le photovoltaïque, devront être massivement déployées pour atteindre ces objectifs. Il faudra ajouter 10 TWh de capacité électrique par an entre 2025 et 2035. RTE estime qu’atteindre une production électrique bas-carbone d’au moins 600 TWh d’ici 2035 est ambitieux mais réalisable en doublant la production d’électricité renouvelable.  

Le gouvernement présentera sa stratégie énergétique de moyen terme dans les mois à venir. Le rapport souligne également qu’il sera difficile d’atteindre ces objectifs sans arrêter de réacteurs nucléaires en fonctionnement. 

Eolien en mer : le gouvernement va lancer des concertations locales

Les préfets ont reçu l’ordre du gouvernement d’organiser des concertations locales à l’automne 2023, en vue du déploiement de parcs éoliens offshore en France. L’exécutif souhaite accélérer le développement de son parc en mer mais fait face à la colère des professionnels de la mer et des riverains. Le but de ces discussions est d’apaiser les tensions et de trouver des conciliations.  

L’objectif est de déployer 50 parcs d’ici 2050 pour atteindre une production de 40 GW. La circulaire reçue par les préfets fournit des estimations de production proposées par zone. D’ici 2033, il est envisagé de déployer de 7 à 11 GW en Manche-Mer du Nord, de 6 à 9,5 GW dans la zone Nord Atlantique Manche Ouest, de 2,5 à 5,5 GW dans le Sud Atlantique et de 3 à 4,5 GW en Méditerranée. La France vise à lancer 18 GW de nouveaux projets d’ici 2033, et 14 GW supplémentaires d’ici 2050. Les préfets devront réunir les acteurs de la mer au sein des conseils maritimes de façade pour préparer des débats publics simultanés sur les quatre zones maritimes du pays, qui se tiendront à l’automne 2023. Ces débats permettront notamment d’identifier les “zones prioritaires de développement de l’éolien en mer” jusqu’en 2033 et 2050. Le gouvernement souligne l’importance de ces débats pour aborder les enjeux futurs liés aux activités maritimes, telles que la pêche, le transport maritime, le nautisme, la conchyliculture et la construction navale. Des “zones de protection forte” seront également définies pour préserver la biodiversité et garantir la compatibilité avec les activités économiques.  

La France est actuellement en retard par rapport à ses voisins en matière de déploiement de parcs éoliens en mer. Le gouvernement souhaite donc accélérer les projets et simplifier les procédures d’instruction. La consommation d’électricité en France devrait augmenter plus rapidement que prévu, ce qui nécessitera un doublement de la production d’énergies renouvelables d’ici 2035. L’éolien terrestre et le solaire sont considérés comme des solutions à court terme, tandis que l’éolien en mer pourrait apporter sa contribution à condition que la France parvienne à attribuer un grand nombre de parcs d’ici 2025. 

Focus sur le marché du gaz naturel

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Les prix spot du gaz naturel ont augmenté la semaine dernière, clôturant à 30,914 €/MWh le vendredi 9 juin. 

Les PEG CAL-24 et CAL-25 ont suivi la même tendance puisqu’ils s’élevaient respectivement à 45,525 €/MWh et 42,235 €/MWh le vendredi 9 juin. Depuis le vendredi 2 juin, le PEG CAL-24 a donc augmenté de 9,65%, et le PEG CAL-25 de 7,46 €/MWh. 

Même si les prix sont légèrement repartis à la hausse la semaine dernière, le marché du gaz naturel reste relativement confortable. En effet, les niveaux de stockage sont très satisfaisants pour cette période de l’année. De plus, la faible demande accompagnée d’une offre importante de GNL permet aux prix de rester faibles. L’annonce d’une fuite de gaz dans une installation norvégienne de GNL ainsi qu’une brève hausse des prix du charbon et du gaz en Asie ont néanmoins provoqué une certaine volatilité des prix.  

Focus sur le marché de l'électricité

point hebdo marché énergie du 5 au 9 juin 2023

Les prix spot de l’électricité ont également augmenté la semaine dernière, clôturant à 85,31 €/MWh le vendredi 9 juin. 

De leurs côtés, les CAL-24 et CAL-25 sont aussi repartis à la hausse puisqu’ils traitaient respectivement à 183,61 €/MWh et 138,41 €/MWh le vendredi 9 juin. Depuis le vendredi 2 juin, le CAL-24 a donc augmenté de 20,23%, et le CAL-25, de 15,58%. 

Sur fond de baisse de la disponibilité nucléaire, notamment due à une maintenance planifiée de certains réacteurs et à une grève chez EDF, les prix spot ont augmenté la semaine dernière. La baisse de la production éolienne et la demande plus forte due à la hausse des températures ont également contribué à la hausse des prix de l’électricité. Les prix futurs ont suivi les tendances du marché du gaz naturel. Enfin, si des problèmes devaient apparaitre sur les centrales nucléaires l’hiver prochain, cela entrainerait une augmentation de la production d’électricité à base de charbon et de gaz. Ces interrogations font donc grimper les prix des émissions de CO2. 

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