Les Etats-Unis suspendent la construction de nouveaux terminaux d’exportation de GNL

L’annonce récente par le président américain Joe Biden d’un moratoire sur la construction de nouveaux terminaux d’exportation de gaz naturel liquéfié (GNL) marque un tournant majeur dans le secteur énergétique mondial. Cette décision, motivée par des préoccupations climatiques, intervient dans un contexte où l’Union Européenne se retrouve fortement dépendante des importations américaines de GNL.

Contexte et raisons du moratoire sur la construction de nouveaux terminaux d'exportation

La décision de Joe Biden est intrinsèquement liée à la crise climatique, perçue comme une menace existentielle.

L’administration américaine met ainsi l’accent sur la nécessité de réévaluer l’impact environnemental du GNL. En effet, le GNL génère plus de CO2 que le gaz transporté par pipeline. Cette augmentation des émissions est due aux processus de liquéfaction, de transport maritime et de regazéification que le GNL subit.

En outre, une part significative du GNL américain provient du gaz de schiste, extrait par fracturation hydraulique, une méthode controversée en raison de son impact environnemental. Cette technique contribue non seulement à la pollution locale, mais engendre également des émissions accrues de méthane, un gaz à effet de serre puissant.

Ce moratoire suspend donc l’émission de nouveaux permis tant que des critères d’approbation plus rigoureux ne sont pas établis. Cela affecte donc directement quatre projets en cours d’examen et d’autres en préparation.

Implications pour l'industrie du gaz naturel

Les États-Unis, leaders mondiaux dans l’exportation de GNL, jouent un rôle crucial sur le marché de l’énergie. Leur position de premier exportateur mondial, boostée par la production de gaz de schiste, est désormais questionnée par ce moratoire.

Aux États-Unis, il existe actuellement sept terminaux en fonctionnement pour l’exportation de GNL, ayant une capacité de production d’environ 328 millions de mètres cubes quotidiennement.

L’industrie, qui contribue significativement à l’économie américaine et à la création d’emplois, doit désormais naviguer dans un paysage incertain, où les considérations environnementales prennent le devant de la scène.

Conséquences pour l'Europe et la sécurité énergétique

Suite à l’invasion de l’Ukraine en février 2022, l’Union Européenne a considérablement diminué ses importations de gaz russe transportées par pipeline, conduisant ses États membres à restructurer d’urgence leurs sources d’approvisionnement en gaz. Par conséquent, les achats européens de GNL ont augmenté de 70% l’année passée, avec plus de 40% de ces achats provenant des États-Unis.

L’Europe, qui s’est tournée vers les États-Unis pour réduire sa dépendance au gaz russe, se retrouve face à un potentiel risque d’approvisionnement. Bien que l’offre à court terme ne soit pas impactée, les questions demeurent quant à la capacité future des États-Unis à répondre à la demande croissante de GNL, notamment en raison de l’arrêt de la construction de nouveaux terminaux qui auraient pu augmenter significativement la capacité d’exportation.

Cette décision a été saluée par les organisations environnementales, comme Greenpeace, pour son engagement en faveur de la lutte contre le changement climatique. Cependant, elle a également été critiquée par l’industrie énergétique, qui souligne l’importance du GNL pour la sécurité énergétique et l’emploi. Le débat politique s’intensifie également, reflétant un clivage entre les partis sur les questions environnementales.

Vers un avenir énergétique plus durable

Le moratoire de Biden souligne la nécessité d’une transition vers des énergies plus propres. Il met en lumière le défi de concilier les impératifs de sécurité énergétique, les intérêts économiques et la protection de l’environnement. Ce contexte appelle à une réflexion approfondie sur les stratégies énergétiques futures, notamment pour les pays européens dépendants du GNL américain.

Alors que le monde s’efforce de trouver un équilibre entre les besoins économiques et environnementaux, cette décision américaine pourrait être un catalyseur pour une réévaluation plus large de la politique énergétique mondiale.

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