Le gouvernement fixe de nouvelles règles pour stimuler l’agrivoltaïsme

Le paysage énergétique français s’apprête à connaître une transformation significative. En effet, le gouvernement a annoncé de nouvelles règles régissant l’agrivoltaïsme, une pratique innovante combinant cultures agricoles et production solaire. Après des débats intenses, les conditions sont désormais fixées, donnant ainsi le feu vert à l’essor de cette pratique encore émergente mais pleine de promesses.

Les contours du décret : une approche offensive et des limites à 40%

Face aux enjeux soulevés par les producteurs solaires visant à maximiser la densité des panneaux pour réduire les coûts, le gouvernement a opté pour une approche offensive. Le décret récemment validé par Matignon fixe à 40% la densité maximale des panneaux solaires autorisée dans les installations agrivoltaïques. Ceci est une réponse aux préoccupations des fédérations agricoles cherchant à préserver l’incitation à produire pour les agriculteurs.

Cette limite de densité, en ligne avec la demande de l’association France Agrivoltaïsme, ouvre la voie à des installations plus équilibrées. Cependant, des taux supérieurs pourraient être autorisés pour des installations de petite taille et expérimentales très contrôlées. Cette approche ne fait pas l’unanimité puisque certains acteurs plaident pour une limite encore plus prudente, fixée à 20% ou 25%. C’est le cas des jeunes agriculteurs ou encore des producteurs d’énergie.

Préserver l'équilibre et la souveraineté alimentaire

Le ministère de la Transition énergétique, conscient des inquiétudes liées à la souveraineté alimentaire, a pris des mesures pour éviter les projets “alibi” où les panneaux solaires seraient déployés sans véritable activité agricole en dessous.

Des contrôles réguliers seront effectués tous les trois ans dans les champs agrivoltaïques. Ces contrôles serviront à comparer les rendements agricoles sous les panneaux, aux rendements moyens observés sur des cultures similaires sans production d’énergie.

Une chute de rendement maximale de 10% sera tolérée pour les cultures combinant production alimentaire et énergétique, au-delà de laquelle des ajustements devront être réalisés. Ces mesures visent à garantir que le développement de l’énergie solaire ne se fasse pas au détriment de la souveraineté alimentaire.

Vers une décarbonation nationale et une diversification des terrains solaires

Outre les règles spécifiques à l’agrivoltaïsme, le gouvernement encourage également le développement du solaire sur des terres agricoles dites incultes. Un décret demande aux chambres départementales de recenser les terres disponibles pour y installer des centrales photovoltaïques traditionnelles. Cette initiative s’inscrit dans la feuille de route de décarbonation française, visant à porter les capacités de production nationales à 75 GW voire 100 GW d’ici à 2035.

Une avancée cruciale pour un avenir énergétique durable

Cette nouvelle réglementation marque une étape cruciale dans la promotion de l’agrivoltaïsme en France. Elle offre un cadre clair et équilibré, tenant compte des préoccupations des agriculteurs, des énergéticiens et des acteurs de l’énergie solaire. Alors que le pays vise une décarbonation nationale ambitieuse, l’agrivoltaïsme se positionne comme une solution innovante pour concilier production agricole et énergétique, contribuant ainsi à un avenir énergétique plus durable. Les professionnels et entrepreneurs, acteurs clés de cette transition, peuvent désormais anticiper ces changements et explorer de nouvelles opportunités dans le secteur de l’énergie.

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