Energies renouvelables : la France négocie avec Bruxelles pour éviter des sanctions

La France se retrouve actuellement dans une situation délicate face à ses objectifs européens non atteints en matière d’énergies renouvelables. Elle cherche donc à échapper à des sanctions par le biais de discussions engagées avec la Commission européenne. Agnès Pannier-Runacher, la ministre de la Transition énergétique, a récemment adressé un courrier à Kadri Simson, la Commissaire européenne à l’Energie, exposant les arguments français et plaidant en faveur d’une approche différente.

Des objectifs non atteints en matière d'énergies renouvelables

La démarche entreprise par la France trouve son origine dans une directive européenne de 2009. Celle-ci engageait le pays à atteindre 23 % d’énergies renouvelables dans sa consommation finale brute d’énergie en 2020. La France n’a donc pas réussi à respecter ces engagements, ce qui a ouvert la voie à des pourparlers avec la Commission européenne.

Refus d’acheter des mégawatts statistiques

Initialement, Agnès Pannier-Runacher avait envisagé l’option d’acheter des “mégawatts statistiques” à des Etats ayant dépassé leurs objectifs, pour compenser le déficit français. La ministre avait même évoquer, l’année dernière, être en négociations avec l’Italie et la Suède. Cependant, cette option a été abandonnée au profit de l’argument selon lequel les fonds seraient mieux utilisés pour le développement des capacités sur le territoire français. En ajoutant que ces capacités bénéficieraient également à l’ensemble de l’Europe.

L’argumentation de la ministre de la Transition énergétique

L’argumentation de la ministre est controversée. Elle fait référence au contexte politique de l’époque de l’engagement des objectifs, alors que la France présidait l’Union européenne. Agnès Pannier-Runacher souligne que l’objectif de 2020 était particulièrement ambitieux et ne tenait pas compte du caractère peu émissif du mix électrique français, largement basé sur le nucléaire. Entre-temps, la France a augmenté sa part d’énergies renouvelables de 46,1 % entre 2012 et 2020, dépassant la moyenne européenne de 10 points.

La Commission européenne, de son côté, étudie attentivement le courrier de la ministre, préparant une réponse qui pourrait déterminer l’issue de cette situation délicate.

Face à ces enjeux, le gouvernement français a récemment dévoilé sa stratégie énergétique et climatique (SFEC). Cette stratégie vise notamment à réduire la dépendance de la France aux énergies fossiles. Elle met l’accent sur le développement massif du solaire, de l’éolien en mer, et du nucléaire, soulignant ainsi l’engagement continu de la France envers la transition énergétique.

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