Fusion nucléaire : nouveau retard pour le projet ITER

Le projet ITER, réacteur expérimental international de fusion nucléaire, vient de connaître un nouveau report significatif. Son directeur général, Pietro Barabaschi, a annoncé que la production de la “première énergie magnétique complète” n’aurait lieu qu’en 2036, soit trois ans plus tard que prévu. Ce décalage s’ajoute à une longue liste de retards et de surcoûts pour ce projet ambitieux.

Des retards cumulés et des coûts exorbitants

Le constat est sévère : le projet ITER accuse désormais huit ans de retard. La production initiale de plasma, essentielle à la fusion, initialement programmée pour 2025, est repoussée à 2033. Cette situation engendre des surcoûts colossaux, évalués à cinq milliards d’euros. Le coût total du projet, déjà difficile à estimer avec précision, en raison des nombreuses contributions en nature des différents pays partenaires, oscille actuellement entre 20 et 40 milliards d’euros.

Lors de la récente conférence de presse, Pietro Barabaschi a expliqué que ces retards étaient dus à des malfaçons découvertes en 2022, nécessitant une réorganisation massive du projet. Par exemple, le béryllium prévu pour contenir le plasma sera remplacé par du tungstène, plus résistant aux températures extrêmes de 150 millions de degrés nécessaires à la fusion.

Un soutien international malgré les déboires

Malgré ces défis, les sept partenaires d’ITER (Union européenne, États-Unis, Russie, Japon, Chine, Inde et Corée du Sud) ont unanimement approuvé le nouveau calendrier. Lors du conseil d’administration de fin juin, ils ont accepté de poursuivre le projet selon ce nouveau plan, bien que la décision finale sur les financements supplémentaires demandés ne sera prise qu’en novembre.

Ce soutien s’explique par les promesses technologiques et environnementales de la fusion nucléaire. Contrairement à la fission utilisée dans les centrales actuelles, la fusion vise à reproduire les réactions qui se produisent dans le soleil, générant ainsi une énergie illimitée et décarbonée, avec peu de déchets radioactifs à longue durée de vie. Lors du dernier sommet du G7, les pays membres ont réaffirmé leur intérêt pour la fusion nucléaire comme solution potentielle contre le dérèglement climatique et ont encouragé la collaboration internationale pour accélérer son développement.

Des défis techniques et humains à surmonter

Cependant, ITER doit faire face à des défis techniques et humains majeurs. Les défauts de fabrication, tels que des soudures défectueuses sur des composants critiques, ont nécessité des réparations coûteuses et complexes. De plus, des pertes significatives de compétences internes et une perte de confiance envers l’Autorité de sûreté nucléaire (ASN) ont compliqué le projet.

La complexité technique du réacteur, qui doit intégrer plus de 10 millions d’éléments fabriqués par plus de 400 fournisseurs et sous-traitants, ajoute une couche de difficulté supplémentaire. La réaction de fusion devra être maintenue pendant 400 secondes et produire 10 fois plus d’énergie que celle injectée pour l’initier, un défi monumental que seuls les tests pourront confirmer.

L'innovation privée en embuscade

Pendant ce temps, plusieurs start-up et initiatives privées se lancent dans la course à la fusion nucléaire, explorant des voies technologiques alternatives potentiellement plus économes. Par exemple, la société allemande Proxima Fusion développe une centrale basée sur l’architecture des stellarators, une alternative aux tokamaks utilisés par ITER. Le gouvernement allemand soutient également ces initiatives avec un programme d’investissement d’un milliard d’euros pour construire sa propre centrale à fusion d’ici 2040.

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En résumé

Malgré les retards et les coûts, le projet ITER reste un symbole d’espoir pour une énergie propre et illimitée. Toutefois, les défis techniques, financiers et humains sont immenses. Les avancées du secteur privé et l’engagement international seront cruciaux pour surmonter ces obstacles. Comme l’a souligné Pietro Barabaschi, il est essentiel de continuer à explorer des sources d’énergie alternatives tout en persévérant dans la quête de la fusion nucléaire, qui jouera un rôle crucial dans la transition énergétique mondiale.

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